C’est la dernière voiture de sport de Peugeot, et elle n’est pas encore très chère
Un coupé à la ligne originale, au moteur puissant et surtout au châssis très savamment mis au point, c’est la recette de la RCZ R, l’une des très rares voitures de sport de Peugeot. Peu courante, elle demeure abordable, mais c’est en train de changer.

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !
Quand Peugeot lâche la bride à ses excellents ingénieurs châssis, cela donne le plus souvent des résultats intéressants. Quand ceux-ci s'applique à une carrosserie dont le sochalien fut antan le chantre, le coupé, on obtient une voiture hors du commun, par son allure et son efficacité. C'est toute l'essence de la RCZ R, de surcroît doté d'un moteur qui gagne simultanément en puissance et en fiabilité. Voué au plaisir de conduire et de piloter, cet engin au look décalé est une exception au sein d'une production Peugeot très conventionnelle, et il reste sans descendance. A collectionner de suite, d'autant que ce genre de sportive légère appartient au passé.

Il faut que Peugeot soit au bord du gouffre pour nous livrer des voitures sympas. La quasi-faillite du début des années 80 débouche sur la 205 GTI, et le marasme actue engendre des concept-cars néo-rétros très appréciés au Salon de Paris 2026. Notamment le RCZ Vision, qui fait écho au coupé du même nom présenté au salon de Francfort en 2009… à une époque où Peugeot retouchait le fond du trou !

Elaboré sur la plate-forme 2 inaugurée par la Peugeot 307 en 2001 et repris par la 308, le coupé RCZ reprend initialement le museau de cette dernière, alors que le reste de sa carrosserie est spécifique. Dessinée par Boris Reinmöller, sous la direction de Jérôme Gallix, patron du style du lion, la robe se signale par un spectaculaire doit à double bosse, rappelant les créations de Zagato. D’où certainement le Z de RCZ. En essence, celui-ci récupère le moteur THP, qui lui offre de bonnes performances.

Mais le mieux arrivera plus tard. Fin 2012, le coupé, au nom français mais fabriqué chez Magna Steyr en Autriche, bénéficie d’un judidicieux restylage qui le sépare visuellement de la berline 308. Surtout, il se décline en une alléchante version R, ultra-sportive. C'est d'abord un concept, puis une version de série, lancée un an plus tard au salon de Francfort. Elaborée par une petite équipe chez Peugeot Sport dirigée par Pierre Budar, à qui l’on doit la DS3 Racing, la RCZ R bénéficie d’un moteur totalement revu.

Pistons Mahle renforcés (tout comme leurs bielles) et refroidis grâce à deux gicleurs, taux de compression porté à 9,2, turbo Twin Scroll plus costaud, collecteur d'échappement redessiné : le tout produit 270 ch pour 330 Nm. Pas mal pour un petit 1,6 l réputé fragile ! Le châssis ? Lui aussi est affûté. Voies élargies, tarages revus des ressorts et amortisseurs, réglages spécifiques du train avant, garde au sol réduite de 10 mm, freins Alcon à étriers fixes (4 pistons) pinçant des disques de 380 mm montés flottants sur bol d'aluminium.

Du sérieux, surtout que s’il n’y a pas de pivot découplé, la boîte manuelle à six rapports s’agrémente d’un véritable différentiel à glissement limité Torsen. Les VW Scirocco R et Audi TT S ne peuvent en dire autant ! Légère (1 280 kg) et capable de 250 km/h, la RCZ R passe les 100 km/h en 5,9 s ce qui la rend très compétitive sur le papier.

Le prix n’a rien de délirant : 42 900 €, plus un petit malus CO2 de 300 € (l’administration était alors raisonnable), soit un total de 43 200 €, soit 52 550 € actuels selon l’Insee. Ce montant inclut un équipement riche : sièges baquets cuir/Alcantara, jantes de 19, GPS, hifi, clim auto bizone, décoration extérieure spécifique. Malheureusement, la RCZ R arrive au moment où est lancée la nouvelle 308, établie sur une nouvelle plate-forme : la durée de vie de ce coupé survolté sera brève puisqu’il disparaît dès 2015, produit à 3 054 unités seulement.

Combien ça coûte ?
En très bon état, la RCZ R débute à 15 000 €, avec un kilométrage important (plus de 150 000 km). A 17 000 €, on en trouve aux alentours de 100 000 km, puis à 20 000 €, on peut passer sous les 80 000 km. Ensuite, les prix grimpent exponentiellement à mesure que le kilométrage baisse : certains demandent déjà 30 000 € pour des autos de 50 000 km.

Quelle version choisir ?
Vu l’usage sportif auquel se destine la RCZ R, on choisira d’abord l’exemplaire le plus soigné et le mieux entretenu, avant de considérer le kilométrage.

Les versions collector
Toutes, si l’état se révèle convenable.

Que surveiller ?
Le moteur THP est paradoxal : plus il est puissant, plus il est fiable. En clair, ce 270 ch (codé EP6CDTR ici) se révèle très costaud, grâce à son équipage mobile renforcé et sa distribution modifiée. Avec un entretien rigoureux (vidange tous les 10 000 km maxi), ce bloc n’a pas de faiblesse particulière.
Ce qui n’empêche pas d’écouter la chaîne de distribution vers les 100 000 km, et on ne s’alarmera pas d’une consommation d’huile allant jusqu’à 0,5 l/1 000 km. On se méfiera de la pompe haute pression et des bobines, puis on surveillera bien les éventuelles fuites sur le circuit de refroidissement, un point important pour la fiabilité d’un moteur aussi poussé.
Rien d’anormal ici, le plus gros point de vigilance restant les freins. Les étriers ont tendance à gripper et sont chers, tout comme les disques. Pour le reste, la RCZ R vieillit très convenablement sans se montrer inusable, évidemment.

Sur la route
Malgré sa forte puissance, la RCZ R demeure discrète. Arches de toit noires, béquet arrière un peu plus gros que celui des autres versions, jantes un pouce plus grandes… A bord, le tableau de bord à surpiqures présente plaisamment, et surtout, les sièges garantissent un maintien parfait. Et ils sont plutôt confortables ! En réalité, ils donnent bien le ton de la voiture : ultra-efficace mais pas pure sportive.

Le moteur est docile, mais il sonne bien et surtout a une sacrée gouache passé 2 000 tr/min. Il marche très fort le bougre, et attaque allègrement la zone rouge. Malgré ses débattements un peu longs, la boîte le seconde idéalement, surtout qu’on peut pratiquer le talon/pointe. Le châssis, on le sent de suite, n’est pas affûté comme celui d’une Mégane RS 275. Plus souple et policé, il n’en demeure pas moins communicatif et redoutable d’efficacité.

Gros grip, absence quasi-totale de sous-virage, motricité énorme quand on réaccélère : le Torsen est sensible dans le volant mais pas brutal, puis il tire la voiture. Cela dit, l’arrière ne joue quasiment pas, contrairement à celui de la Renault. Ici, on est dans le sérieux sochalien, qui n’exclut pas un certain confort ! Les freins sont redoutables, et en conduite courante, la conso reste aux alentours de 9 l/100 km. Sacrée polyvalence.
L’alernative youngtimer
Peugeot 309 GTI16 (1990 – 1993)

Certes, ce n’est pas un coupé, et alors ? La 309 GTI16 est peut-être le modèle le plus radical commercialisé par Peugeot. Légère (900 kg), la compacte bénéficie de l’excellent moteur de la 405 mi16, un 1,9 l de 160 ch. Il lui confère de super chronos (près de 220 km/h au maxi), et surtout, cette 309 profite d’un châssis affûté comme jamais. Chez Renault, certains ont dit qu’il n’aurait pas passé le 1er stade de validation, avec son train avant façon scalpel et sa poupe qui ne demande qu’à survirer.
Ceux qui savent se servir de cette caractéristique découvriront un fabuleux outil, d’autres se feront peur, même si les pneus modernes atténuent la vicacité du train arrière de la Peugeot. Celle-ci voit sa puissance chuter à 148 ch en juillet 1992, en prévision de la norme de dépollution Euro 1. La production s’arrête en 1993, après 5 895 unités sont sorties de l’usine. Dès 20 000 €.
Peugeot RCZ R (2013) la fiche technique
- Moteur : 4 cylindres en ligne, 1 598 cm3
- Alimentation : injection directe, turbo
- Suspension : jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux, triangles, amortisseurs, barre antiroulis (AV), essieu de torsion, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs, barre antiroulis (AR)
- Transmission : boîte 6 manuelle, traction, différentiel Torsen
- Puissance : 270 ch à 6 000 tr/min
- Couple : 330 Nm à 1 900 tr/min
- Poids : 1 280 kg
- Vitesse maxi : 250 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 100 km/h : 5,9 secondes (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces de Peugeot RCZ R, rendez-vous sur le site de La Centrale
















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