Votre navigateur ne supporte pas le code JavaScript.
Logo Caradisiac    

Publi info

Cette Mercedes est l’une des plus importantes de l’Histoire et il est temps de la collectionner

Dans Rétro / Youngtimer

Stéphane Schlesinger

Petite par ses dimensions, la 190 E est une grande Mercedes par son importance historique et sa qualité de fabrication. Longtemps trop moderne pour n’être vue comme autre chose qu’une guimbarde d’occasion, elle commence à intéresser les collectionneurs, d’autant qu’en 4-cylindres, elle reste très abordable : dès 6 000 € en très bon état.

Cette Mercedes est l’une des plus importantes de l’Histoire et il est temps de la collectionner

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !

Ultramoderne tant par sa ligne que sa technologie (même si elle reprend l'appellation de la SL de 1954), la Mercedes 190 fait instantanément vieillir la BMW Série 3 E30, sortie juste avant, fin 1982, mais aussi sa grande sœur, la W123… d’ailleurs vendue moins cher ! En clair, la 190 révolutionne Mercedes, qu'elle rajeunit d'un coup et à laquelle elle apporte une clientèle nouvelle, ainsi que des technologies inédites. Développant rapidement sa gamme de moteurs, la « baby Benz » remporte un grand succès, étant d’ailleurs la seule de la marque à ne pas voir sa qualité baisser au début des années 90. Annonçant trait pour trait, mais à petite échelle, la gamme W124 (qui deviendra Classe E), la 190 ne vieillira que très lentement à tous les points de vue, donc mettra très longtemps à être perçue comme collectionnable, au contraire de la Série 3 E30. Son moment est arrivé, alors dépêchez-vous de mettre de côté les meilleurs exemplaires avant que leur cote ne monte trop !

Dès la fin des années 70, celle qui deviendra la Mercedes 190 subit des tests intensifs, en prenant soin de se camoufler.
Dès la fin des années 70, celle qui deviendra la Mercedes 190 subit des tests intensifs, en prenant soin de se camoufler.

C’est peut-être celle dont Bruno Sacco est le plus fier. Le célèbre designer de Mercedes s’est en effet surpassé dans le dessin de la W201, plus connue sous l’appellation 190. Son design final, validé en 1979, se situe dans le sillage des lignes aérodynamiques de la Classe S W126 sortie cette année-là, sauf que le résultat sera bien plus moderne et efficace. Pourtant, les réflexions de Mercedes sur un futur petit modèle ont débuté dès 1974, à l'occasion de la crise du pétrole, et à l’époque, le constructeur prenait le temps de parfaire les choses.

Dès 1977, le parti-pris aérodynamique de la future Mercedes 190 est évident, et d'une modernité stupéfiante pour l'époque.
Dès 1977, le parti-pris aérodynamique de la future Mercedes 190 est évident, et d'une modernité stupéfiante pour l'époque.

La future voiture bénéficiera de sa propre plate-forme, et d’une suspension inédite. Les prototypes roulent dès 1979, subissent des tests intenses, puis, le 8 décembre 1982, les premières images de la 190 sont diffusées. A la lecture de la fiche technique, on comprend que si cette  Mercedes est plus petite que la 200-300, codée W123, elle n’a rien d’une auto au rabais. Bien au contraire !

Un grand soin a été apporté à la résistance aux chocs de la Mercedes 190, dont on voit ici l'excellente déformation des zones prévues pour, selon le brevet de Béla Barényi.
Un grand soin a été apporté à la résistance aux chocs de la Mercedes 190, dont on voit ici l'excellente déformation des zones prévues pour, selon le brevet de Béla Barényi.

Non seulement, la 190 bénéficie de toutes les avancées de la W126 en matière de crash-test, mais en plus, elle est la première berline à propulsion au monde à s’équiper d’un essieu arrière multibras. Ce dispositif, qui fera école, sert à améliorer le comportement sur le mouillé, gros défaut alors des autos à roues arrière motrices. Par ailleurs, avec son Cx de 0.33, la 190 est plus aérodynamique qu’aucune étoilée jusqu’alors. Un pur concentré de Mercedes !

Avec un Cx de 0.33, la Mercedes 190 se situe très favorablement lors de sa sortie fin 1982, juste après l'Audi 100 C3 au Cx de 0.30.
Avec un Cx de 0.33, la Mercedes 190 se situe très favorablement lors de sa sortie fin 1982, juste après l'Audi 100 C3 au Cx de 0.30.

Sous le capot, elle peut recevoir un moteur 2,0 l, le 4-cylindres M102, en deux puissances : 90 ch lorsqu’il est alimenté par carburateur (190), 122 ch avec l’injection Bosch KE-Jetronic (190 E). Cette dernière version, pas trop lourde (1 100 kg) délivre de très bonnes performances, atteignant 195 km/h et franchissant les 100 km/h en 10,5 s. Ce, alors que de série , elle se contente d'une boîte à 4 vitesses manuelle, l'automatique étant en sus. 

Parfaitement homogène et aboutie, la 190 renouvelle remarquablement bien le design Mercedes sans le trahir, ici fin 1982.
Parfaitement homogène et aboutie, la 190 renouvelle remarquablement bien le design Mercedes sans le trahir, ici fin 1982.

Le 5e rapport ? Il est aussi payant ! Les prix sont d'ailleurs purement Mercedes, c’est-à-dire, colossaux : 95 200 F pour la 90 ch et 111 200 F pour la E, soit 40 300 € actuels selon l’Insee. A titre de comparaison, une BMW 320i E30 s’en tient à 91 252 F, et une Peugeot 505 GTI à 86 800 F.

Pour autant, la Mercedes n’est pas bien équipée : la direction assistée et les vitres teintées restent en option, tout comme le rétroviseur droit ou les appuie-têtes arrière. Cela dit, de série, on trouve tout de même un mano de pression d’huile, une boîte à pharmacie, des projecteurs antibrouillards, un chauffage à réglages séparés droite/gauche et même un siège conducteur réglable en hauteur. La E ajoute les vitres avant électriques et une fermeture centralisée.

A l'arrière, la Mercedes 190 surprend par sa malle bombée, un élément imposé pour des raisons aérodynamiques. Bruno Sacco et ses designers l'habillent habilement.
A l'arrière, la Mercedes 190 surprend par sa malle bombée, un élément imposé pour des raisons aérodynamiques. Bruno Sacco et ses designers l'habillent habilement.

En option, on trouve déjà l’ABS, l’airbag couplé à des prétensionneurs de ceinture, le régulateur de vitesse, la clim, le cuir, ou encore le toit ouvrant, mais pas de volant réglable en hauteur ! Capable de 195 km/h, la 190 E se vend très bien (contrairement à la version de base), aidée par la belle image apportée par la sportive 2.3-16. Dès 1984, la version à carbu grimpe à 105 ch, cependant que la E adopte une direction assistée en série. En 1986, une variante 2,3 l (136 ch) arrive, plus puissante et rapide (un antipatinage ASD lui est même proposé), alors qu’une exécution Confort, mieux équipée, est proposée.

La 190 introduit l'essieu multibras chez Mercedes, dont il équipera tous les modèles de tourisme sortis par la suite.
La 190 introduit l'essieu multibras chez Mercedes, dont il équipera tous les modèles de tourisme sortis par la suite.

Fin 1988, la 190 a droit à un léger restylage (boucliers, protections latérales), alors que dans l’habitacle, les sièges sont modifiés pour augmenter l’espace aux genoux à l’arrière. Toutes les variantes accèdent à la boîte 5 manuelle de série. En 1989, une série spéciale Airbag est proposée France, et en 1990, catalyseur oblige, la 2.3 chute à 132 ch. Cela dit, en entrée de gamme, un nouveau 1,8 l à injection de 109 ch remplace l’ancien 2,0 l de 105 ch sur la 190 Contact, proposée à moins de 150 000 F. De plus, toutes les 190 bénéficient de l’ABS en série !

La Mercedes 190 sera critiquée pour son habitabilité arrière, qui reste toutefois meilleure que celle d'une BMW Série 3 E30. La sellerie velours vue ici est en option.
La Mercedes 190 sera critiquée pour son habitabilité arrière, qui reste toutefois meilleure que celle d'une BMW Série 3 E30. La sellerie velours vue ici est en option.

Une déclinaison Sportline est proposée (direction plus rapide, suspension affermie, assiette abaissée, sièges sport), mais la fin approche. Aussi, on soutient les ventes de 190 avec des séries limitées, comme l’Optimum en 1992, offrant les jantes en alliage, les boiseries, le pré-équipement radio ou encore l’accoudoir central avant. Cette année-là, l’Azzuro est également proposée, qui inclut une peinture bleu métal spécifique, les jantes en alliage, la clim et les protections extérieures ton caisse. Fin 1993, la 190 cède la place à la Classe C, après avoir été produite à 1,8 million d’unités. Pas mal pour une Mercedes dotée d’une seule carrosserie et qui s’adressait à une clientèle nouvelle sans transiger aucunement sur la qualité (ni les prix).

Fin 1988, la Mercedes 190 bénéficie d'un léger restylage, signalé notamment par de nouveaux boucliers et des protections latérales intégrales.
Fin 1988, la Mercedes 190 bénéficie d'un léger restylage, signalé notamment par de nouveaux boucliers et des protections latérales intégrales.

Combien ça coûte ?

La cote de la 190 se met à croître, de sorte qu’un bel exemplaire sans défaut majeur (mais pas parfait) réclamera un minimum de 6 000 € avec un kilométrage supérieur à 200 000 km. Une E coûtera peut-être 500 € de plus qu’une carbu, qui se négocie au même prix qu’une 1,8 l. En revanche, une 2,3 l sera 1 000 à 1 500 € plus chère qu’une 2,0 l 122 ch. Ensuite, les prix grimpent à mesure que le kilométrage baisse, de sorte qu’une 190 de moins de 100 000 km d’origine avérés (et avec l’état en concordance) passe les 10 000 €. La configuration influe sur la cote, certaines options étant très prisées, comme la clim, lorsqu’elle est fonctionnelle.

Le restylage de 1988 ne modifie que peu la poupe de la Mercedes 190, mais l'équipement s'enrichit. Un peu...
Le restylage de 1988 ne modifie que peu la poupe de la Mercedes 190, mais l'équipement s'enrichit. Un peu...

Quelle version choisir ?

Une 122 ch constitue le bon compromis par sa vivacité et son prix, la 2,3 l ne marchant guère mieux tout en consommant davantage. La boîte auto apporte un surcroît d’agrément bienvenu, tout comme la direction assistée sur les premiers modèles, et la clim.

En 1990, la série spéciale Azzuro, bleue, enrichit l'équipement de la Mercedes 190.
En 1990, la série spéciale Azzuro, bleue, enrichit l'équipement de la Mercedes 190.

Les versions collector

Toutes, si elles se présentent en bel état d'origine. Les autos optionnées sont plus recherchées : clim, cuir, toutes vitres électrique, régulateur de vitesse…

Le moteur M102 de la Mercedes 190, ici en 1983, est d'une grande robustesse, même si, en début de carrière, il a pâti de bris de sa chaîne de distribution (pris en charge en réseau).
Le moteur M102 de la Mercedes 190, ici en 1983, est d'une grande robustesse, même si, en début de carrière, il a pâti de bris de sa chaîne de distribution (pris en charge en réseau).

Que surveiller ?

La 190 fait encore partie de ces Mercedes où l’économie n’a pas été une priorité lors de la conception. En clair, les exemplaires bien suivis sont d’une endurance exceptionnelle, pouvant encore présenter l’aspect du neuf après 40 ans de service. La 190 ne connaît pas de réel point faible, mais elle est désormais très âgée et elle pâtit fort logiquement de faiblesses, rien n’étant éternel.

A 100 000 km, on vérifiera la tension de la chaîne de distribution (certains la changent, sachant qu’elle a prématurément cédé en début de carrière), alors que la boîte auto se vidange vers les 60 000 km. L’injection n’aime pas l’inaction, et le carburateur a ses faiblesses, notamment le régulateur de ralenti. Les périphériques ne sont pas éternels mais restent faciles à changer (pompe à essence, distributeur), de sorte qu’un exemplaire au fonctionnement rugueux aura certainement été négligé.

La rouille peut toutefois sévèrement attaquer, notamment dans les passages de roue avant, les ancrages de cric, les bas de caisse et les planchers. Dans l’habitacle, le vieillissement est globalement excellent, mais la coiffe du tableau de bord se fissure sous l’effet du soleil, le plastique entourant les cadrans peut se fendre, le renfort gauche du siège conducteur se troue parfois avant 100 000 km, et le moteur de vitre électrique avant gauche tombe souvent en panne. D’une manière générale, toutes les fonctions électriques sont à surveiller. Toutes les pièces (ou presque) se trouvent aisément, y compris chez Mercedes, mais alors, ce sera au prix fort.

Encore aujourd'hui, la Mercedes 190 E séduit par sa sécurité, son confort et son insonorisation. Même son moteur fait preuve d'une belle vaillance, malgré une boîte bien trop longue.
Encore aujourd'hui, la Mercedes 190 E séduit par sa sécurité, son confort et son insonorisation. Même son moteur fait preuve d'une belle vaillance, malgré une boîte bien trop longue.

Au volant

J’ai pu prendre les commandes d’une 190 E en très bel état. A bord, on est impressionné par la qualité de finition, même les revêtements du bas de la planche de bord étant épais. Les commandes semblent taillées dans le roc, les arrimages sont solides : c’est ça, une vraie Mercedes ! Tout comme le volant inutilement grand, qui passe près des genoux. Le siège est confortable, et l’habitabilité arrière meilleure que ce qu’on en a dit.

Non, la Mercedes 190 E n'est pas bien équipée d'origine, mais sa finition est remarquable et les aspects pratiques soignés, comme en témoigne le grand vide-poche central.
Non, la Mercedes 190 E n'est pas bien équipée d'origine, mais sa finition est remarquable et les aspects pratiques soignés, comme en témoigne le grand vide-poche central.

Très silencieux et souple, le moteur émet pourtant un son quelconque, mais il fait preuve de bonne volonté, même à haut régime. En revanche, la boîte, dont le levier a des débattements très longs (et une 5e qui l’est encore plus !), n’a que sa douceur à offrir. Douce et précise, la direction s’allie à un train avant rigoureux et un arrière fidèle, le tout formant un excellent comportement routier. Certes, les mouvements de caisse le datent quelque peu, mais la sécurité est excellente, tout comme le freinage, étonnant de puissance !

La suspension, plutôt ferme, filtre adroitement les inégalités, et surtout, à vitesse constante, le niveau sonore reste incroyablement bas. En somme, on a une vraie Mercedes comme on les aime, vive et pratique en ville, confortable et silencieuse sur route, le tout en consommant peu : 7,5 l/100 km sur route. On peut tout à fait s'en servir de daily driver.

 

L’alternative newtimer*

Mercedes Classe C W203 (2000 – 2007)

Lancée en 2000, la Mercedes Classe C W203 est la digne descendante de la 190 par sa technologie. Mais pas sa fiabilité !
Lancée en 2000, la Mercedes Classe C W203 est la digne descendante de la 190 par sa technologie. Mais pas sa fiabilité !

Tout comme la 190 doit stylistiquement beaucoup à la Classe S W126, la Classe C W203 emprunte pas mal à la S contemporaine, notamment la fluidité générale et les projecteurs en forme de cacahuète. Lancée en 2000, cette C se signale par un excellent Cx de 0.26 et, dans ses petites versions, des 4 cylindres à 16 soupapes variant de 129 ch en C180 à 190 ch en C230K. Toutes les boîtes manuelles comptent 6 rapports, et toutes les variantes bénéficient de la clim auto, du régulateur de vitesse, de l’ESP, voire du réglage partiellement électrique du sièges conducteur.

Elle est loin la pingrerie de la 190 ! La C W203 remporte donc un très grand succès, que renforce son restylage de 2004. La C180K de 143 ch devient l’entrée de gamme, alors que la C230K passe à 192 ch. Déclinée en coupé et en break, cette Classe C se vendra à plus de 2 millions d’unités jusqu’en 2007, malgré des problèmes de fiabilité électrique parfois très agaçants ! A partir de 3 000 €.

Mercedes-Benz 190 E (1983), la fiche technique

  • Moteur : 4 cylindres en ligne, 1 997 cm3
  • Alimentation : injection Bosch KE-Jetronic
  • Suspension : jambes de force, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis (AV), essieu multibras, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis (AR)
  • Transmission : boîte 4 ou 5 manuelle, ou 4 automatique, propulsion
  • Puissance : 122 ch à 5 100 tr/min
  • Couple : 178 Nm à 3 500 tr/min
  • Poids : 1 100 kg
  • Vitesse maxi : 195 km/h (donnée constructeur)
  • 0 à 100 km/h : 10,5 s (donnée constructeur)

> Pour trouver des annonces de Mercedes 190, rendez-vous sur le site de La Centrale.

Mots clés :

Commentaires ()

Déposer un commentaire

 

En savoir plus sur : Mercedes 190

Mercedes 190

SPONSORISE

Actualité Mercedes 190