Cette Mercedes est l’une des plus importantes de l’Histoire et il est temps de la collectionner
Petite par ses dimensions, la 190 E est une grande Mercedes par son importance historique et sa qualité de fabrication. Longtemps trop moderne pour n’être vue comme autre chose qu’une guimbarde d’occasion, elle commence à intéresser les collectionneurs, d’autant qu’en 4-cylindres, elle reste très abordable : dès 6 000 € en très bon état.

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !
Ultramoderne tant par sa ligne que sa technologie (même si elle reprend l'appellation de la SL de 1954), la Mercedes 190 fait instantanément vieillir la BMW Série 3 E30, sortie juste avant, fin 1982, mais aussi sa grande sœur, la W123… d’ailleurs vendue moins cher ! En clair, la 190 révolutionne Mercedes, qu'elle rajeunit d'un coup et à laquelle elle apporte une clientèle nouvelle, ainsi que des technologies inédites. Développant rapidement sa gamme de moteurs, la « baby Benz » remporte un grand succès, étant d’ailleurs la seule de la marque à ne pas voir sa qualité baisser au début des années 90. Annonçant trait pour trait, mais à petite échelle, la gamme W124 (qui deviendra Classe E), la 190 ne vieillira que très lentement à tous les points de vue, donc mettra très longtemps à être perçue comme collectionnable, au contraire de la Série 3 E30. Son moment est arrivé, alors dépêchez-vous de mettre de côté les meilleurs exemplaires avant que leur cote ne monte trop !

C’est peut-être celle dont Bruno Sacco est le plus fier. Le célèbre designer de Mercedes s’est en effet surpassé dans le dessin de la W201, plus connue sous l’appellation 190. Son design final, validé en 1979, se situe dans le sillage des lignes aérodynamiques de la Classe S W126 sortie cette année-là, sauf que le résultat sera bien plus moderne et efficace. Pourtant, les réflexions de Mercedes sur un futur petit modèle ont débuté dès 1974, à l'occasion de la crise du pétrole, et à l’époque, le constructeur prenait le temps de parfaire les choses.

La future voiture bénéficiera de sa propre plate-forme, et d’une suspension inédite. Les prototypes roulent dès 1979, subissent des tests intenses, puis, le 8 décembre 1982, les premières images de la 190 sont diffusées. A la lecture de la fiche technique, on comprend que si cette Mercedes est plus petite que la 200-300, codée W123, elle n’a rien d’une auto au rabais. Bien au contraire !

Non seulement, la 190 bénéficie de toutes les avancées de la W126 en matière de crash-test, mais en plus, elle est la première berline à propulsion au monde à s’équiper d’un essieu arrière multibras. Ce dispositif, qui fera école, sert à améliorer le comportement sur le mouillé, gros défaut alors des autos à roues arrière motrices. Par ailleurs, avec son Cx de 0.33, la 190 est plus aérodynamique qu’aucune étoilée jusqu’alors. Un pur concentré de Mercedes !

Sous le capot, elle peut recevoir un moteur 2,0 l, le 4-cylindres M102, en deux puissances : 90 ch lorsqu’il est alimenté par carburateur (190), 122 ch avec l’injection Bosch KE-Jetronic (190 E). Cette dernière version, pas trop lourde (1 100 kg) délivre de très bonnes performances, atteignant 195 km/h et franchissant les 100 km/h en 10,5 s. Ce, alors que de série , elle se contente d'une boîte à 4 vitesses manuelle, l'automatique étant en sus.

Le 5e rapport ? Il est aussi payant ! Les prix sont d'ailleurs purement Mercedes, c’est-à-dire, colossaux : 95 200 F pour la 90 ch et 111 200 F pour la E, soit 40 300 € actuels selon l’Insee. A titre de comparaison, une BMW 320i E30 s’en tient à 91 252 F, et une Peugeot 505 GTI à 86 800 F.
Pour autant, la Mercedes n’est pas bien équipée : la direction assistée et les vitres teintées restent en option, tout comme le rétroviseur droit ou les appuie-têtes arrière. Cela dit, de série, on trouve tout de même un mano de pression d’huile, une boîte à pharmacie, des projecteurs antibrouillards, un chauffage à réglages séparés droite/gauche et même un siège conducteur réglable en hauteur. La E ajoute les vitres avant électriques et une fermeture centralisée.

En option, on trouve déjà l’ABS, l’airbag couplé à des prétensionneurs de ceinture, le régulateur de vitesse, la clim, le cuir, ou encore le toit ouvrant, mais pas de volant réglable en hauteur ! Capable de 195 km/h, la 190 E se vend très bien (contrairement à la version de base), aidée par la belle image apportée par la sportive 2.3-16. Dès 1984, la version à carbu grimpe à 105 ch, cependant que la E adopte une direction assistée en série. En 1986, une variante 2,3 l (136 ch) arrive, plus puissante et rapide (un antipatinage ASD lui est même proposé), alors qu’une exécution Confort, mieux équipée, est proposée.

Fin 1988, la 190 a droit à un léger restylage (boucliers, protections latérales), alors que dans l’habitacle, les sièges sont modifiés pour augmenter l’espace aux genoux à l’arrière. Toutes les variantes accèdent à la boîte 5 manuelle de série. En 1989, une série spéciale Airbag est proposée France, et en 1990, catalyseur oblige, la 2.3 chute à 132 ch. Cela dit, en entrée de gamme, un nouveau 1,8 l à injection de 109 ch remplace l’ancien 2,0 l de 105 ch sur la 190 Contact, proposée à moins de 150 000 F. De plus, toutes les 190 bénéficient de l’ABS en série !

Une déclinaison Sportline est proposée (direction plus rapide, suspension affermie, assiette abaissée, sièges sport), mais la fin approche. Aussi, on soutient les ventes de 190 avec des séries limitées, comme l’Optimum en 1992, offrant les jantes en alliage, les boiseries, le pré-équipement radio ou encore l’accoudoir central avant. Cette année-là, l’Azzuro est également proposée, qui inclut une peinture bleu métal spécifique, les jantes en alliage, la clim et les protections extérieures ton caisse. Fin 1993, la 190 cède la place à la Classe C, après avoir été produite à 1,8 million d’unités. Pas mal pour une Mercedes dotée d’une seule carrosserie et qui s’adressait à une clientèle nouvelle sans transiger aucunement sur la qualité (ni les prix).

Combien ça coûte ?
La cote de la 190 se met à croître, de sorte qu’un bel exemplaire sans défaut majeur (mais pas parfait) réclamera un minimum de 6 000 € avec un kilométrage supérieur à 200 000 km. Une E coûtera peut-être 500 € de plus qu’une carbu, qui se négocie au même prix qu’une 1,8 l. En revanche, une 2,3 l sera 1 000 à 1 500 € plus chère qu’une 2,0 l 122 ch. Ensuite, les prix grimpent à mesure que le kilométrage baisse, de sorte qu’une 190 de moins de 100 000 km d’origine avérés (et avec l’état en concordance) passe les 10 000 €. La configuration influe sur la cote, certaines options étant très prisées, comme la clim, lorsqu’elle est fonctionnelle.

Quelle version choisir ?
Une 122 ch constitue le bon compromis par sa vivacité et son prix, la 2,3 l ne marchant guère mieux tout en consommant davantage. La boîte auto apporte un surcroît d’agrément bienvenu, tout comme la direction assistée sur les premiers modèles, et la clim.

Les versions collector
Toutes, si elles se présentent en bel état d'origine. Les autos optionnées sont plus recherchées : clim, cuir, toutes vitres électrique, régulateur de vitesse…

Que surveiller ?
La 190 fait encore partie de ces Mercedes où l’économie n’a pas été une priorité lors de la conception. En clair, les exemplaires bien suivis sont d’une endurance exceptionnelle, pouvant encore présenter l’aspect du neuf après 40 ans de service. La 190 ne connaît pas de réel point faible, mais elle est désormais très âgée et elle pâtit fort logiquement de faiblesses, rien n’étant éternel.
A 100 000 km, on vérifiera la tension de la chaîne de distribution (certains la changent, sachant qu’elle a prématurément cédé en début de carrière), alors que la boîte auto se vidange vers les 60 000 km. L’injection n’aime pas l’inaction, et le carburateur a ses faiblesses, notamment le régulateur de ralenti. Les périphériques ne sont pas éternels mais restent faciles à changer (pompe à essence, distributeur), de sorte qu’un exemplaire au fonctionnement rugueux aura certainement été négligé.
La rouille peut toutefois sévèrement attaquer, notamment dans les passages de roue avant, les ancrages de cric, les bas de caisse et les planchers. Dans l’habitacle, le vieillissement est globalement excellent, mais la coiffe du tableau de bord se fissure sous l’effet du soleil, le plastique entourant les cadrans peut se fendre, le renfort gauche du siège conducteur se troue parfois avant 100 000 km, et le moteur de vitre électrique avant gauche tombe souvent en panne. D’une manière générale, toutes les fonctions électriques sont à surveiller. Toutes les pièces (ou presque) se trouvent aisément, y compris chez Mercedes, mais alors, ce sera au prix fort.

Au volant
J’ai pu prendre les commandes d’une 190 E en très bel état. A bord, on est impressionné par la qualité de finition, même les revêtements du bas de la planche de bord étant épais. Les commandes semblent taillées dans le roc, les arrimages sont solides : c’est ça, une vraie Mercedes ! Tout comme le volant inutilement grand, qui passe près des genoux. Le siège est confortable, et l’habitabilité arrière meilleure que ce qu’on en a dit.

Très silencieux et souple, le moteur émet pourtant un son quelconque, mais il fait preuve de bonne volonté, même à haut régime. En revanche, la boîte, dont le levier a des débattements très longs (et une 5e qui l’est encore plus !), n’a que sa douceur à offrir. Douce et précise, la direction s’allie à un train avant rigoureux et un arrière fidèle, le tout formant un excellent comportement routier. Certes, les mouvements de caisse le datent quelque peu, mais la sécurité est excellente, tout comme le freinage, étonnant de puissance !
La suspension, plutôt ferme, filtre adroitement les inégalités, et surtout, à vitesse constante, le niveau sonore reste incroyablement bas. En somme, on a une vraie Mercedes comme on les aime, vive et pratique en ville, confortable et silencieuse sur route, le tout en consommant peu : 7,5 l/100 km sur route. On peut tout à fait s'en servir de daily driver.
L’alternative newtimer*
Mercedes Classe C W203 (2000 – 2007)

Tout comme la 190 doit stylistiquement beaucoup à la Classe S W126, la Classe C W203 emprunte pas mal à la S contemporaine, notamment la fluidité générale et les projecteurs en forme de cacahuète. Lancée en 2000, cette C se signale par un excellent Cx de 0.26 et, dans ses petites versions, des 4 cylindres à 16 soupapes variant de 129 ch en C180 à 190 ch en C230K. Toutes les boîtes manuelles comptent 6 rapports, et toutes les variantes bénéficient de la clim auto, du régulateur de vitesse, de l’ESP, voire du réglage partiellement électrique du sièges conducteur.
Elle est loin la pingrerie de la 190 ! La C W203 remporte donc un très grand succès, que renforce son restylage de 2004. La C180K de 143 ch devient l’entrée de gamme, alors que la C230K passe à 192 ch. Déclinée en coupé et en break, cette Classe C se vendra à plus de 2 millions d’unités jusqu’en 2007, malgré des problèmes de fiabilité électrique parfois très agaçants ! A partir de 3 000 €.
Mercedes-Benz 190 E (1983), la fiche technique
- Moteur : 4 cylindres en ligne, 1 997 cm3
- Alimentation : injection Bosch KE-Jetronic
- Suspension : jambes de force, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis (AV), essieu multibras, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis (AR)
- Transmission : boîte 4 ou 5 manuelle, ou 4 automatique, propulsion
- Puissance : 122 ch à 5 100 tr/min
- Couple : 178 Nm à 3 500 tr/min
- Poids : 1 100 kg
- Vitesse maxi : 195 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 100 km/h : 10,5 s (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces de Mercedes 190, rendez-vous sur le site de La Centrale.








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