Écrans en voiture : l’étude choc d’Allianz qui révèle un danger pire que l’alcool au volant
Selon une étude menée par l’assureur Allianz dans neuf pays européens, la distraction provoquée par l’ergonomie des écrans tactiles surpasse parfois les effets d’une alcoolémie de 0,8 g/l. Face à ce constat alarmant, les conducteurs, surtout les plus jeunes plébiscitent massivement le retour des boutons physiques pour les commandes essentielles.

Et si les technologies embarquées, et la distraction au volant qui en découle étaient plus dangereuses que l’alcoolémie ? C’est le très étonnant constat d’une étude menée par l’assureur Allianz dans 9 pays d’Europe.
L’entreprise allemande a mené une série de tests en conditions réelles au cours desquelles des conducteurs cobayes ont utilisé des voitures récentes, toutes munies d’écrans tactiles. Mais tout est fonction de l’ergonomie de l’interface.
Tout est une question d’ergonomie de l’écran
Dans le cas d’une action simple, comme un changement de température de l’habitacle ou de la modification d’une station de radio, Allianz a comparé l’usage des deux types d’écrans. L’un, simple, et un autre dans lequel il faut plonger dans les menus. Résultat : le temps total passé à regarder ailleurs que sur la route variait jusqu’à 25 %, soit environ trois secondes d’écart pour une tâche identique, selon l’ergonomie des commandes.
L’assureur a poussé le bouchon plus loin, si l’on peut dire, et a simulé une ivresse équivalente à 0,8g d’alcool par litre de sang (alors qu’en France la limite légale est de 0,5g). Le résultat, et la comparaison sont stupéfiants, puisque dans plusieurs scénarios, les performances des conducteurs distraits par les écrans étaient inférieures à ceux de leurs compères alcoolisés. Les tests en question impliquaient notamment un freinage d’urgence sur autoroute et l’arrivée inopinée d’un enfant sur une chaussée en ville.
De quoi remettre en cause, non pas les écrans qui ornent la quasi-totalité des autos modernes, mais leur ergonomie concernant les commandes essentielles. Allianz a d’ailleurs interrogé les usagers sur ces fameuses interfaces et leurs réponses sont édifiantes. 80 % des interrogés français considèrent que les technologies embarquées ont accentué leur distraction au volant ces dernières années.
Les jeunes plus amateurs de commandes physiques que les seniors
Plus d’un tiers (38 %) déclare par ailleurs avoir déjà été confronté, au cours des trois dernières années, à une situation critique liée à l’utilisation d’un écran tactile en conduisant. Résultat : 66 % des sondés souhaitent revenir à des commandes physiques pour ces fonctions essentielles qu’est l’usage de la radio ou de la clim.
Et l’âge du conducteur ne change rien à l’affaire, bien au contraire, puisque la plus forte proportion des adeptes de la commande physique plutôt que le tout écran se trouve parmi les jeunes de 18 à 25 ans qui sont 82 % à vouloir y revenir. L’étude souligne d’ailleurs que ces jeunes Français forment le plus fort contingent du refus parmi cette tranche d’âge en Europe.
Des résultats qui poussent Allianz à demander aux constructeurs de repenser leurs interfaces, et aux pouvoirs publics à légiférer. Une norme en la matière à venir ?




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