Essai Xiaomi Scooter 6 Ultra : un avant-goût de la voiture électrique chinoise
Imaginez un mix entre une voiture électrique ultra-sportive, Pikachu et une trottinette. Ça donne la Xiaomi 6 Ultra ? Je l’ai essayée et le résultat n’est pas mal du tout.

Vous le savez, dès qu’un engin possède un moteur et de quoi se mouvoir, je suis partant. Il y a 3 ans, Xiaomi tentait une percée audacieuse avec sa trottinette Scooter 4 Ultra : un engin haut sur roues misant sur l’élastomère pour accroître le confort procuré par les suspensions. Aujourd’hui, la marque récidive avec la 6 Ultra, une trottinette qui pompe allègrement les codes stylistiques de la SU7 Ultra, la berline électrique de la marque dans sa déclinaison ultra-sportive. Mais derrière ce look de « Pikachu sous stéroïdes », que vaut-elle vraiment au quotidien ? Je l’ai martyrisée pendant plus de 100 km pour en avoir le cœur net.

Les conditions du crash-test (ou presque)
Pour planter le décor : notre modèle de test avait déjà un peu servi à la réception. Je lui ai mis plus de 100 km supplémentaires dans les dents, par 14 °C, sous la pluie, avec des descentes de trottoirs et quelques sauts (pour le test plutôt que la gloire). Précision importante pour la suite : j’ai pris un peu de poids. Désormais, c’est un solide quintal (100 kg) qui repose en permanence sur le deck. Autant dire que le moteur a dû bosser (en attendant que je fasse de même à la salle de sport).

Un design qui tranche dans le vif par sa couleur vive
Soyons francs d’entrée de jeu : la Scooter 6 Ultra ne ressemble à rien de connu dans cette gamme de prix. Elle reprend la peinture jaune ultra-épaisse de la voiture SU7 Ultra. On aime ou on déteste, mais au moins, question sécurité passive, vous êtes vu de loin ! Sa silhouette trapue, perchée sur d’énormes roues de 12 pouces à crampons aplatis (nous y reviendrons) et un deck à 26 cm du sol, attire tous les regards.


Dans mon quartier, je suis devenu une attraction locale et ça m’a même aidé à grappiller des voix lors d’une campagne municipale.

Côté finition, c’est globalement propre, mais on sent quelques économies de bouts de chandelle. Les manettes de freins en plastique ont un jeu désagréable, et le joint de la potence se faisait déjà la malle. Les plastiques peints sont aussi un cran en dessous de ce que faisaient Navee ou Ninebot à la grande époque où ils assemblaient les trottinettes Xiaomi.




Pour le reste, c’est propre, esthétique et cohérent. Le dessin de la potence et les énormes roues s’associent bien. On dirait un SUV version trottinette, certes, mais ça passe.

La fin de l’âge de pierre pour l’écran
Les écrans Xiaomi servent enfin à quelque chose. Fini les bâtonnets d’autonomie aussi fiable qu’une annonce d’Elon Musk. Désormais, l’écran affiche l’heure (vital quand on vélotafe), le pourcentage exact de batterie et l’autonomie restante estimée selon le mode.

Vous avez même accès aux réglages de l’antipatinage, de l’ABS électronique et du frein magnétique direct au guidon. Seul hic : dès que le soleil tape, l’écran devient illisible.

L’enfer du métro, le paradis des intempéries
La trottinette a dormi sur mon balcon. Elle a pris la pluie, la grêle, le soleil et RAS. Pas une goutte de buée dans le phare, pas un point de rouille. La norme IPX6 est confirmée. C’est assez intéressant, puisqu’il y a 10 ans à peine, les trottinettes peinaient sur ce point.

Le pliage à une main en 3 secondes est un régal. En revanche, n’essayez pas de prendre le métro avec. Évidemment, je m’y suis aventuré. Avec ses 33,6 kg, c’est un âne mort.

Ajoutez à cela un encombrement monstre, un rayon de braquage ridicule à cause des suspensions, et l’absence de véritable prise pour la porter (en plus d’un poids plus important sur l’arrière, à cause du moteur).

J’ai tenu une station (pour la gloire et le test surtout) avant de fuir et de faire les 28 km restants à la seule force des watts. Dans les escaliers, vous ne la porterez pas, vous la subirez.
Mais ce n’est pas le but de ces modèles à 799 euros. L’idée ici est de parcourir 40 km d’une seule trott (sans jeu de mots) et donc de s’affranchir des transports en commun (ou de la voiture).

Sur la route : le syndrome du tapis volant
Mais une fois qu’on roule, on oublie le poids comme le prix. L’accélération du moteur arrière (500 W nominal, 1 200 W en crête) est douce et progressive, sauf en mode Boost (inutile).

Pas d’à-coup, le contrôleur est suffisamment précis, sans être le meilleur. Le mode Sport expédie le 0-25 km/h en moins de 6 secondes avec mes 100 kg, et un mode Boost (caché dans l’appli) le tombe à 3 secondes. Attention : sous les 10 % de batterie, la trottinette se met en mode survie et met 23 secondes pour atteindre les 25 km/h. Mais au moins elle tient les 25 km/h jusqu’au bout. On notera une bonne gestion de la température du moteur et du bloc batterie, puisque la puissance en crête tient plusieurs minutes.


Le gros point fort, c’est le confort. Xiaomi a revu ses suspensions en élastomère (beaucoup plus fermes qu’avant) couplées aux pneus hybrides de 12 pouces. Sur les pavés du vieux Créteil, le miracle opère avec très peu de vibrations dans le guidon.

C’est un vrai tapis volant. Le large guidon permet un bon contrôle et, détail qui change ma vie en hiver : tous les boutons (quand même cheap dans la réalisation) sont manipulables avec de gros gants de moto.

Freinage et Autonomie : on déchante pas mal
Pour s’arrêter, par contre, il faut anticiper. Lancé à 25 km/h, j’ai mesuré environ 4 mètres pour piler. Le frein magnétique fait le job au quotidien, mais les deux disques mécaniques manquent cruellement de mordant, et les plaquettes fondent à vue d’œil.

Niveau autonomie, la batterie de 585 Wh encaisse bien : j’ai tenu 37 km réels avant de tomber à 5 %. C’est très honnête face à la concurrence. Par contre, la recharge via le bloc standard est une blague d’un autre temps : comptez 10 heures. L’achat du chargeur rapide optionnel (70 W pour charger en 3h30) est vital, mais coûte environ 60 €.
Ramené aux 100 km, le coût est de 0,32 €.
Application : entre un robot aspirateur, une ampoule et une bagnole

Un mot sur l’appli Xiaomi : elle marche, elle ne plante pas, et elle est complète : gestion des différentes fonctions de glisse : vitesse max en mode Drive, activation ou non de l’ABS électronique, du contrôle de traction, du frein magnétique.


Par contre, la logique « Maison connectée » de la marque me fera toujours rire : l’appli m’a demandé dans quelle pièce se trouvait la trottinette. Ne sachant que répondre, je l’ai virtuellement garée dans la salle de bains.

Une sécurité, surtout pour les utilisateurs Apple
La trottinette offre d’emblée un verrouillage par code. Configuré sur le téléphone, ce dernier ne sera plus nécessaire pour le déverrouillage. Il sera alors impossible de faire démarrer la trottinette sans la bonne combinaison.
À ceci s’ajoute la fonction Localiser d’Apple, qui permet de tracer la Scooter 6 Ultra. Rien de nouveau, puisque ces fonctions se retrouvent également chez la concurrence.
Bilan : faut-il craquer ?

La Scooter 6 Ultra est attachante. Elle est lourde, encombrante, et son freinage est perfectible. Mais son confort royal et son moteur parfaitement calibré en font un bon véhicule quotidien pour des trajets urbains. Oubliez le débridage, la trottinette est limitée à 25 km/h et c’est déjà très bien.

Terminons sur un constat : si la SU7 du fabricant tech chinois suit la ligne de sa trottinette, le résultat devrait être à la hauteur des attentes. Certes, une voiture est autrement plus complexe, mais l’approche est restée la même pour Xiaomi, avec une capacité à rapidement corriger ce qui ne va pas et à le réinsérer en production.
Pour info, cette trottinette est, à l’instar de la voiture, fabriquée par Xiaomi. Une nouveauté de la part de la marque qui a jusqu’alors délégué la production de ses trottinettes électriques à des fabricants tiers (Ninebot-Segway puis Navee). Désormais, le constructeur mise toujours sur des chaines de production tierces, mais avec un contrôle total de la conception à la production.
Points Positifs :
- Le confort (un vrai tapis volant)
- L’accélération progressive
- L’écran enfin utile avec des commandes gérables depuis celui-ci
- Système de sécurité (Apple Find My + antidémarrage codé)
- Autonomie (40 km réels en mode Sport)
- Design (clivant certes, mais cohérent et réussi)
- Puissance suffisante pour des montées à 25 %
- Les pneus 12 pouces changent la perception de la route
Points Négatifs :
- Poids et encombrement
- Freinage qui manque de mordant et d’endurance
- La charge interminable (10 heures sans le chargeur rapide)
- Quelques détails de finition
- Quid de la dégradation de l’élastomère des suspensions dans le temps ?
Caractéristiques techniques :
- 135 cm de haut depuis le sol
- Le guidon trône à 104 cm depuis le deck
- Un poids mesuré de 33,6 kg
- Un deck de 19 cm de large pour 55 cm de longueur exploitable
- Longueur : 138 cm
- Largeur : 60 cm au niveau du guidon
- Hauteur : 135 cm
- L’autonomie réelle est de 37 km
- Le temps de charge de 10 h avec le chargeur standard
- Les roues de 12 pouces aux pneus hybrides (cross et asphalte) tubeless
- Des suspensions élastomères devant et derrière
- Un moteur dans la roue arrière délivrant 500 W en nominal et 1 200 W en crête
- Un ABS électronique
- Un contrôle de traction électronique
- Deux freins à disque mécaniques
- La fonction Find My d’Apple
Chiffres clés *
- Taux d'émission de CO2 : NC
- Date de commercialisation du modèle : --
* pour la version .
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