Financer une voiture en LOA : cette nouvelle obligation qui entre en vigueur le 20 novembre
Cédric Pinatel , mis à jour
Alors que 6 Français sur 10 privilégient la location pour financer leurs nouvelles voitures, le gouvernement renforce les mesures d’information et de prévention dans le cadre des contrats de LOA signés dans les concessions automobiles. Car quand ça se passe mal, les consommateurs peuvent vite se retrouver dans des situations inextricables.

Il existe un biais important chez les journalistes automobiles, consistant à aborder la valeur des voitures neuves par leur prix frontal et non par le montant de leurs mensualités dans des formules de financement : dans la pratique, la plupart des consommateurs ont généralement tendance à privilégier les formules de LOA (location avec option d’achat) et de LLD (location longue durée) dans l’acquisition de leur nouvelle voiture.
En 2025, une étude montrait que 91 % des financements de nouvelles autos en France concernaient des contrats de location longue durée (on parle des volumes d'argent). Pour les constructeurs automobiles, ces contrats représentent aussi les moyens les plus simples de gagner de l’argent en écoulant des voitures puisqu’ils sont systématiquement plus rentables que des achats comptants classiques (ou à crédit). Depuis le début de l’année 2026, 60,5 % des financements des nouvelles voitures en France l’ont été via des formules où le client n’est pas propriétaire du véhicule.
Le gouvernement veut mieux protéger le consommateur
Mais on le sait, ces contrats de LOA ou de LLD sont parfois perçus faussement comme des solutions « miracle » par les clients. Malgré des premiers apports parfois considérables, ils permettent souvent de rouler avec une voiture bien plus chère que lors d’un achat comptant classique grâce à des mensualités très bien placées. Chez BMW par exemple, le prix des loyers peut parfois impressionner (en bien) au regard de la valeur frontale du véhicule. Les constructeurs jouent généralement sur la valeur résiduelle importante des véhicules pour arriver à tirer vers le bas ces mensualités.
Sauf que ces formules restent des contrats de location engageant le consommateur, qui peut difficilement racheter la voiture en cas de problème financier pour la revendre et y mettre fin : les conditions de rupture de ces contrats sont très restrictives et on assiste parfois à des situations catastrophiques en cas de pertes de revenus.
Le consommateur les apprécie car ces formules permettent de savoir « exactement ce que la voiture va coûter pendant trois ou quatre ans », mais il peut se retrouver face à des coûts de remise en état énormes à la fin d’une LOA ou d’une LLD. Les kilométrages restent aussi strictement encadrés, aussi faut-il bien évaluer vos besoins avant de signer votre contrat. Ces formules coûtent par ailleurs très souvent plus cher qu’un achat classique d’un véhicule où sa valeur de revente permet de retrouver une parte de sa mise initiale.
Voilà pourquoi le gouvernement veut mieux informer le consommateur dans le cadre de ces LOA et LLD et renforcer les obligations du vendeur pour éviter les situations catastrophiques :
« La publicité pour les crédits à la consommation sera mieux encadrée, et devra faire apparaître la mention suivante : « Attention ! Un crédit coûte de l’argent et doit être remboursé », de nouvelles informations pré-contractuelles et contractuelles devront être fournies aux consommateurs les obligations relatives à l’analyse de la solvabilité seront renforcées, en cas de difficulté financière de leurs clients, les prêteurs seront soumis à de nouvelles obligations de renégociation et devront les orienter gratuitement vers des services de conseil aux personnes endettées », peut-on lire sur le site officiel Economie. gouv.
Ces mesures de protection du consommateur entreront en vigueur à partir du 20 novembre. Cela ne changera évidemment pas le comportement d’achat des Français en matière d’automobiles, mais cela permettra sans doute d’éviter certains problèmes.






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