Honda Civic 1.8 ou Lancia Delta T-Jet ? Le duel inattendu entre deux voitures qui ne ressemblent à aucune autre.
Une compacte performante, décalée et astucieuse, ça vous dit ? Voici deux rivales pas comme les autres, dotées de banquettes arrière modulables, de moteurs pétillants et surtout de prix très abordables. Une italienne, une japonaise, deux façons de rouler différent… et fiable ! Dès 3 500 €.

Honda et la continuité, ça fait deux. Prenez la Civic par exemple : il n’y a pas d’autre lignée de compacte à avoir à ce point changé de formule ! Après avoir été la bombe chic des beaux quartiers dans les années 80, puis une familiale falote durant la décennie suivante, elle se la joue Star Wars en 2005 en entrant dans sa 8e génération. Outre son look futuriste, la japonaise fabriquée en Angleterre cache un habitacle très spacieux doté d’une banquette modulable, dont on peut relever l’assise. Sous le capot, elle bénéficie d’un performant 1,8 l de 140 ch, le tout constituant un ensemble attractif pour qui veut se démarquer des sempiternelles Golf, Astra, 307…
De l’autre côté des Alpes, on n’a pas tellement fait preuve de plus de sens de la continuité chez Lancia. Après s’être loupé sur la Delta de deuxième génération, une bonne voiture certes mais sortie trop tard, on a carrément omis de la remplacer lors de son retrait en 1999. Fortiche, non ? Il faut attendre 2008 pour voir arriver une nouvelle Delta. Armée d’un look très original, elle tente, dans la catégorie des compactes, d’offrir des prestations dignes du segment supérieur, avec son habitacle équipé d’une banquette coulissante. Sous le capot, la Lancia récupère le bloc 1,4 l T-Jet, petit mais nerveux avec ses 150 ch. Là encore, une solution sympa pour se démarquer, mais que peu de gens choisiront. La Honda et elle avancent des arguments étonnamment similaires sous des abords bien différents, mais au moment du choix, laquelle s’impose ?
Les forces en présence

Honda Civic 1.8 (2006 - 2011) : berline 5 portes, 5 places, 4-cylindres 1,8 l essence, 140 ch, 1 292 kg, 205 km/h, à partir de 4 500 €.

Lancia Delta T-jet 150 (2008 - 2011) : berline 5 portes, 5 places, 4-cylindres 1,4 l turbo essence, 150 ch, 1 355 kg, 210 km/h, à partir de 3 500 €.
Présentation : décalées dehors, classiques en-dessous

Au salon de Genève 2005, c’est le choc. Honda présente un concept réaliste à 99 %, annonçant l’imminente Honda Civic. Toshiyuki Okumoto, le designer qui l’a exécuté explique avoir cherché un design futuriste et sportif, mêlant les influences japonaises et européennes. Sera-t-il repris en série ? Au salon de Francfort suivant, la réponse est évidente : oui ! La Civic définitive, codée FK, reste fidèle au concept.

On découvre aussi un tableau de bord au look « spatial », accompagné d’un habitacle étonnamment spacieux et fonctionnel, par ailleurs équipé d’une banquette dont on peut placer l’assise à la verticale, pour charger de gros objets. Bien vu ! Pour maximiser le volume utile, il a fallu abaisser le plancher et donc remplacer le train multibras de la Civic 7 par un banal essieu de torsion. Pas grave, il se fixe à une plate-forme inédite et bien plus rigide !

Sous le capot se niche un performant 4-cylindres 1,8 l V-Tec à distribution variable développant 140 ch qui emmène les 1 292 kg de la Civic à 205 km/h. Presque sportif à l’époque, d’autant que la boîte 6 aide à exploiter au mieux les maigres 174 Nm de couple. Fabriquée à Swindon, la Honda s’avère abordable : 19 400 € (26 750 € actuels selon l’Insee) en version de base Confort, comprenant déjà l’ESP, la clim auto et la sono. Bien fourni !

A 20 800 €, la Sport ajoute les capteurs de pluie et de luminosité, les jantes alu de 17, le régulateur de vitesse, voire l’alarme. Enfin, l’Executive, facturée 22 300 €, enrichit la dot de la clim bizone, du toit panoramique et des projecteurs au xénon notamment. En juin 2009, la Civic se voit légèrement retouchée (calandre et aux boucliers), et mieux dotée (lave-phares, radar de recul). Honda remet ça en 2010, la calandre devenant noire. En janvier 2012, cette génération de Civic passe à la trappe, en ayant plus marqué les esprits par son look que sa technique, restée inchangée…

Lancia s’est totalement plantée par son langage stylistique au tournant des années 2000. Croire que les séniors allaient revendiquer leur âge par le look de leur voiture était stupide ! Les Lybra et Thesis ont été de magnifiques échecs, auxquels le constructeur annonce mettre fin. Dès 2003, il dévoile l’intéressant concept Granturismo Stilnovo, puis, en 2005, un certain Olivier François, issu de chez PSA (bien avant l’ère Stellantis donc), prend la barre de Lancia, et décide d’en dériver un modèle de série.

Cela débouche sur un autre concept, le Delta HPE en 2006, dessiné sous l’égide de Marco Tencone. Il annonce la Delta III, codée 844, qui est révélée au Mondial de Paris 2008. Enfin une nouveauté Lancia ! Qui conserve un look baroque… Techniquement, il s’agit d’une Fiat Bravo 2 à l’empattement étiré à 2,70 m, mais conservant l’essieu arrière de torsion. Longue (4,52 m), la compacte Delta III frôle le segment supérieur, proposant d’ailleurs un cockpit soigné où apparaît une banquette arrière coulissante aux dossiers inclinables.

Si le tableau de bord reste celui de la Fiat Bravo II, celui-ci s’habille de plastiques plus chics, dont le Benova imitant le cuir, issu de chez Maserati. Mécaniquement, la Delta récupère les excellents blocs de la Bravo, dont le 1,4 l T-Jet, à la suralimentation soignée, qui produit quelque 150 ch pour 206 Nm (voire 230 en mode Sport). De quoi emmener les 1 320 kg de la Delta à 210 km/h : respectable.
Trois finitions, bien pourvues, sont au programme. L’Oro (23 000 €, soit 29 850 € actuels selon l’Insee), comprend déjà la clim bizone, l’ESP, les 4 vitres électriques, le régulateur de vitesse et les jantes en alliage. A 25 000 €, la Platino ajoute la sellerie mixte cuir/Alcantara ainsi que le toit ouvrant panoramique, alors qu’à 28 000 €, la di Lusso se pare des sièges en cuir et du GPS. En option, on trouve une aide au maintien de file et un amortissement piloté.

En 2010, le moteur, de la famille Fire rappelons-le, adopte la commande Multiair, qui réduit la puissance à 140 ch mais apporte une économie de carburant et une souplesse inédite. En 2011, la Delta est légèrement remaniée, du côté, notamment, la calandre et la sellerie, alors que les finitions Gold et Platinum remplacent les Platino et Di Lusso. Pour 2013, la nouvelle gamme Delta exclut le Multiair, et la Lancia finit sa carrière en 2014, produite à 115 986 unités. Cela représente moins d’une année de ventes de sa rivale !
Fiabilité/entretien : deux compactes sans histoires

Conformément à la réputation de Honda, la Civic se montre extrêmement fiables. Son moteur, sans faiblesse, bénéficie d’une distribution par chaîne qui simplifie l’entretien. Il suffit de faire les vidanges à temps et de bien surveiller le niveau d’huile (ce bloc en consomme un peu). La transmission est très solide également. Toutefois, des rappels ont toutefois eu lieu, au sujet de la pompe à essence voire l’assistance électrique de direction en début de carrière. Les défauts sont bénins : suspension bruyante (des remplacements ont eu lieu), peinture fragile, mais sans risque de corrosion. Même dans l’habitacle, les pannes sont rares. Joli tableau !

De son côté, la Lancia profite, elle aussi, d’une belle fiabilité mécanique. Cela dit, il faut changer la courroie de distribution de son moteur T-Jet avant 100 000 km, et on observe parfois des capteurs (injection, turbo), défectueux. Les très rares exemplaires dotés du Multiair sont tout aussi fiables, à condition d’utiliser l’huile préconisée par Lancia. De son côté, la transmission se révèle très solide également, alors que dans l’habitacle, les ennuis sont rares (mais parfois agaçants) et le vieillissement excellent.
Avantage : Honda. Les deux rivales sont très fiables, mais la Honda prend le dessus grâce notamment à son entretien plus simple.
Vie à bord : Star Trek vs Jet Privé

Dans la Honda, le dépaysement est assuré ! On aime ou on déteste son tableau futuriste, mais il ne laisse pas indifférent. Cela dit, s’il est sérieusement assemblé, ses plastiques demeurent très banals. Pour leur part, les sièges se révèlent plutôt confortables, et l’espace disponible est important. Tant mieux !
A l’arrière également, les passagers disposent d’une place respectable, y compris pour la tête (moins pour les pieds), mais l’ambiance ne sera pas à la gaudriole, à cause des coloris sombres et du peu de surfaces vitrées. On se console avec le coffre spacieux et la banquette « magique » permettant l’emport de gros objets.

Certes, la Delta conserve, dans ses grandes lignes, le tableau de la Fiat Bravo. Cela dit, il se couvre d’un matériau de belle qualité, mais hélas, pas sur une grande surface. D’autres plastiques sont utilisés, bien moins raffinés ceux-là, qui nuisent à l’homogénéité de l’ensemble. Néanmoins, l’ambiance, plus chic que celle de la Civic, demeure plaisante, d’autant plus qu’ici aussi, la place abonde.
Les sièges se révèlent agréables et souples, quoique manquant un peu de maintien latéral. A l’arrière, c’est Byzance pour les jambes, vu l’espace disponible, alors que la banquette, très confortable, coulisse bénéficie de dossiers inclinables. Dommage que la garde au toit manque un peu quand elle est reculée à fond, mais les passagers apprécieront la belle luminosité. Le coffre est d'une bonne contenance, même avec la banquette reculée à fond.
Avantage : Lancia. Moins audacieux, l’habitacle de la Delta choie davantage ses passagers que ceux de la Civic, par son espace, sa lumière et sa dotation.
Sur la route : dynamisme lent ou confort rapide ?

Dans la Civic, la position de conduite convainc, et on se fait vite au tableau de bord, étrange mais bien pensé. Le moteur, doux et silencieux à bas régime, se fait vite entendre car pour bien avancer, on doit le solliciter sans ménagement. La boîte très maniable incite à cravacher ce bloc rageur mais puissant à haut régime uniquement. Là, il va très bien !
Aux allures usuelles, il manque de coffre, ce qui est regrettable car le châssis, lui, est calibré pour de grosses puissances. La direction, consistante et rapide, communique très correctement, et agit sur un train avant accrocheur, jamais submergé par la puissance du moteur (et pour cause). Très sympa en virage, même si la poupe n’engage pas vraiment. Il s’agit d’une familiale, certes !
En tout cas, la tenue de route s’avère parfaitement sûre, grâce au bon grip disponible, et le freinage, efficace. Cela se paie par une suspension trop ferme qui nuit au confort, et un niveau sonore élevé.

Tout comme sa rivale, la Delta propose une très bonne position de conduite. Et d’emblée, elle marque sa différence par sa direction très légère à basse vitesse. Le volant s’affermit sur route, mais communique peu, malheureusement. La Delta disposant d’une sorte d’aide au maintien de file, on sent les actions du système, débrayable et on s’en félicite.
L’italienne s’équipe aussi d’un différentiel autobloquant électronique dit TTC, qui agit à la marge sur un châssis très sûr. La motricité est excellente et le sous-virage tardif, mais le comportement demeure placide, à cause de l’empattement long. Celui-ci rend en tout cas la Lancia remarquablement stable dans les grandes courbes ! De plus, grâce à un amortissement réussi, elle contient bien ses mouvements de caisse, tout en préservant le confort des passagers.
Au guidon, on apprécie aussi le punch étonnant du petit moteur, très à l’aise aux régimes moyens, donc garant de très bonnes reprises, et capable de 6 700 tr/min. A l’abord de la zone rouge, il sera moins alerte que celui de la Civic, mais il autorise de bien meilleures reprises, et là encore, la très bonne boîte 6 aide à en obtenir le meilleur. Enfin, le freinage vaut celui de la Honda.
Avantage : Lancia. Moins rageuse et dynamique comportementalement, la Delta gagne grâce à ses bien meilleures reprises et son confort supérieur.
Budget : décalées mais pas déraisonnables

Pour la Civic 140 ch, tablez sur 3 500 € pour une auto en très bon état mais totalisant 250 000 km environ. A 5 000 €, on tombe sous les 200 000 km, à 6 000 €, sous les 150 000 km, voire au moins 8 000 € pour rester sous les 100 000 km. La Honda avale 7,5 l/100 km en moyenne.

Globalement, la Lancia coûte de 500 € à 1 000 € de moins que la Civic à âge et kilométrage équivalents, et avale 8,0 l/100 km en moyenne.
Avantage : Lancia. Même si elle consomme un peu plus, la Delta prend le dessus grâce à ses tarifs inférieurs.
Verdict : une italienne baroque mais sensée

Aux points, la Lancia prend le dessus sur la Civic. Elle le doit d’abord à son moteur étonnant, plus musclé aux régimes usuels et tout de même vif, son habitabilité, son confort, son insonorisation et ses prix. On aurait pu croire que la Honda l’enterre côté fiabilité, mais si la japonaise est meilleure, ce n’est pas de beaucoup, tant l’italienne se montre digne de confiance. Reste à la Civic un comportement routier plus dynamique et un entretien plus simple, ce dernier point s’avérant important pour une voiture à petit budget.

| Thème | Avantage |
| Fiabilité/entretien | Honda |
| Vie à bord | Lancia |
| Sur la route | Lancia |
| Budget | Lancia |
| Verdict | Lancia |
Pour trouver des annonces, rendez-vous sur le site de La Centrale : Honda Civic 1.8 et Lancia Delta 3.

















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