"Il faut interdire l’accès de véhicule BYD aux sites sensibles": ce député européen tire la sonnette d’alarme
Interdire l’accès de véhicules chinois aux bases militaires françaises. C’est la demande du député européen social-démocrate François Kalfon, au Premier ministre Sébastien Lecornu et au Parlement européen. Une lettre qu’il compte envoyer prochainement pour tirer l’alerte sur une possible faille de sécurité.

Le 26 octobre 2026, les Etats-Unis ont déjà sauté le pas sur leur base aérienne de Kadena, au Japon. Les véhicules du constructeur chinois BYD se sont retrouvés interdits d’accès, pour un « risque sécuritaire inacceptable et impossible à atténuer », selon les autorités américaines.
Une lettre au gouvernement
Une intervention qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd puisque le député européen François Kalfon souhaite attirer l’attention des autorités Françaises sur la question. Lors d’une conférence de presse tenue le 3 novembre 2026 à Paris, et auquel Caradisiac a assisté, le député européen a révélé une lettre qu’il compte adresser au Premier ministre Sébastien Lecornu.
Dans cette dernière, François Kalfon demande notamment « d’interdire l’accès des véhicules BYD aux sites sensibles » tels que les bases militaires ou les bâtiments ministériels, mais aussi leur « exclusion des marchés publics » Français. Il insiste également sur une intervention de la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD) et de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) pour évaluer les risques réels posés par les véhicules chinois.
Cette lettre (dont nous publions le brouillon ci-dessous) est doublée de plusieurs questions adressées cette fois au Parlement européen. Dans ce document également confié par le député social-démocrate, il évoque la possibilité de faire figurer les véhicules BYD sur une liste de fournisseurs à risque. Cette dernière pourrait être créée dans le cadre de l’article 100 sur le deuxième acte de la loi sur la Cybersécurité, si elle venait à être votée par le Parlement européen.
Un risque déjà connu ?
Le risque d’espionnage par des véhicules chinois serait déjà connu de la DRSD. L’instance de sécurité avait en effet publié une alerte en août 2026 concernant non seulement les véhicules chinois mais aussi les véhicules de la marque américaine Tesla, et les applications Strava et Tinder.
Du côté de nos voisins européens des mesures avaient également été prises. En avril 2025 déjà, le Royaume-Uni s’était emparé de la question avec une interdiction drastique de véhicules contenant des composants chinois. Ainsi des modèles de marques européennes se sont également vus refuser l’accès aux abords de sites militaires britanniques. Dès février 2026, le ministère de la défense polonaise a également émis des consignes auprès de son personnel militaire pour interdire les véhicules chinois. L’usage des téléphones de service connectés aux véhicules avait aussi été proscrit par la même occasion.
Plus récemment, c’est la Norvège qui a fait la découverte du pot aux roses lors d’un exercice militaire en septembre. Des véhicules d’une autre marque chinoise avaient été loués pour l’occasion. Après analyse des caméras, les autorités Norvégiennes ont révélé que des codes d’accès de portails sécurisés et des déplacements avaient été filmés et enregistrés par les véhicules en question.

Des équipements communs
Les équipements concernés par la fuite de données des Norvégiens, et qui posent également un problème pour le député européen sont des caméras à 360°, des capteurs laser LiDAR, mais aussi des puces GPS et 5G contenus dans de nombreux véhicules. Ces équipements compileraient des données sur leur environnement en permanence et pourraient les transmettre aux constructeurs grâce aux mises à jour selon l’alerte du député.
Le risque de fuite de données apparaît aussi dans la loi chinoise, puisque l’article 7 de la loi de renseignement national de 2017 impose aux citoyens et organisations chinoises d’assister et de coopérer au travail de renseignement. BYD ferait d’ailleurs partie de la liste des entreprises qui soutiennent l’armée chinoise d’après le Pentagone.
La paranoïa sur le risque d’espionnage n’est cependant pas à sens unique, de son côté la Chine a interdit depuis 2021 les véhicules Tesla aux abords de ses infrastructures militaires.






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