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À Paris, 20 % des passages piétons ne sont pas dans les clous

Dans Pratique / Sécurité

Michel Holtz

Alors que la loi d’orientation des mobilités impose la libération de cinq mètres en amont et en aval de chaque passage piéton d'ici au 31 décembre, la capitale accuse un retard massif. Entre un budget de plus de 17 millions d’euros, 4 700 places de stationnement à sacrifier et des disparités politiques marquantes entre arrondissements, la mise en conformité vire au casse-tête pour l’Hôtel de Ville.

À Paris, 20 % des passages piétons ne sont pas dans les clous
4 400 passages piétons parisiens ne seraient pas conformes. Photo : MaxPPP.

On l’appelle la règle des 5 m. Et elle figure dans la loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019. Sauf que, 7 ans après, elle est loin d’être respectée à Paris. Que contient ce texte ? Il est très simple et stipule qu’avant chaque passage piéton, la chaussée le long du trottoir doit être dégagée sur cinq mètres, histoire de dégager la vue à ceux qui empruntent le passage en question.

Mission impossible

Sauf qu’à Paris, qui compte 22 000 passages, 4 400 sont non conformes et n’appliquent toujours pas la règle des 5 m, comme le révèle Le Parisien qui s’est appuyé sur les données récoltées par le collectif Paris Piétons. 20 % de manquement à une règle qui se doit d’être intégralement respectée, selon le délai légal fixé, au 31 décembre de cette année. Une tâche quasi impossible à mettre en œuvre en l’espace de deux mois. D’autant qu’aucune sanction n’est prévue par la loi en cas de manquement.

Pourtant, il y aurait urgence puisque, selon le collectif, deux tiers des accidents impliquant des piétons dans la capitale se dérouleraient sur des passages piétons.

Reste que la mise en conformités des derniers 20 % restants représente une somme que la mairie de Paris estime à 4 400 euros par passage (marquage au sol, installation d’arceaux à vélo, etc), ce qui représente tout de même un budget global de 17,6 millions d’euros. En plus, ces réaménagements obligent la ville à supprimer 3 000 places de stationnement pour les voitures et 1 700 destinées aux deux roues.

Un enjeu politique ?

Des suppressions qui ne devraient pas soulever trop de réticences à l’Hôtel de ville ou Emmanuel Grégoire entend bien prolonger la politique anti-voitures d’Anne Hidalgo à qui il a succédé.

Reste que cette non-conformité parisienne n’est pas la même dans tous les arrondissements et, curieusement, ce sont dans les mairies détenues par la droite que les scores des passages piétons hors la loi sont les plus élevés. Ils sont de 30 % dans les XVe et XVI e arrondissements, tous deux aux mains d’élus LR. La mairie centrale PS décidant de la répartition des travaux, on ne saurait y voir une quelconque discrimination politique. Quoique.

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