Jamais homologuée, rarement livrée : la « Méhari de l’Aisne » vaut une peine de prison exemplaire à son patron
Promesses alléchantes, pièces d’équipementiers reconnus, moteur Peugeot, look vintage et prix attractif : la Méhari Forest Automobile avait tout pour plaire. Mais derrière le rêve d’une héritière moderne de la Citroën des plages se cachait une vaste escroquerie qui vient de se solder par une très lourde condamnation.

La liste des motifs de ses mises en examen était aussi longue que ses délais de livraison. Et la peine prononcée à l’encontre du patron de Forest Automobile, qui se faisait passer pour un chef d’atelier, est à la hauteur de ces griefs.
Six ans de prison ferme
Il comparaissait pour escroquerie, mise en danger d’autrui par violation de sécurité ou de prudence, faux, usage de faux, tromperie, pratique commerciale trompeuse, blanchiment aggravé et banqueroute. Le jugement est tombé le 23 octobre le condamnant à 6 ans de prison ferme, une interdiction de gestion d’entreprise définitive et de travail en lien avec l’automobile pendant cinq ans.
Mais qu’est ce qui a bien pu valoir une peine aussi lourde à cet entrepreneur qui a décidé de donner, de manière artisanale, une héritière à la Méhari ?
L’affaire avait pourtant bien commencé lorsqu’en 2022, dans l’Aisne, une PME se lance dans la fabrication d’une petite auto légère reprenant, à gros traits, les lignes (et le plastique) de la Citroën. L’idée est alléchante : pour 19 000 euros, les clients ont droit une auto simple increvable, fabriquée en France, avec un moteur Peugeot et des pièces Valeo.
De quoi se laisser tenter, ce qu’une centaine de clients ont fait en signant un chèque d’acompte et en attendant la livraison prévue, au maximum en 2024. Sauf que tout ne s’est pas déroulé ainsi. La plupart des autos n’ont jamais été livrées, quand aux rares exemplaires qui l’ont été, ils n’ont jamais pu rouler sur la voie publique.
Car Forest Automobiles n’a jamais essayé d’homologuer son engin. Les autos auraient de toute manière été refoulées, puisqu’elles n’étaient absolument pas aux normes du moment.
"Un simple mécanicien"
Évidemment aucun acompte n’a été remboursé, pas plus qu’aucune somme totale versée pour une auto inconduisible, selon le tribunal qui entendait ainsi justifier sa peine sévère et qui a suivi les réquisitions du Parquet pour l’établir.
Pour l’avocat du vrai-faux gérant, la peine est, évidemment, disproportionnée, d’autant plus qu’elle s’applique, selon ses termes, à « un simple mécanicien ». Dans la foulée, il demande la mise en liberté anticipée de son client.





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