La France, ce pays sans lequel l’automobile n’aurait certainement pas pu se développer
Entre le premier engin mu par ses propres moyens et le moteur à quatre temps, la France a inventé ce qui fait l’automobile, en plus d’en avoir été le pays où elle s’est développée le plus rapidement au monde au début du 20e siècle.

Stigmatisée, voire taxée de façon affolante par un gouvernement aux abois, l’automobile a pourtant été le moteur de la France. Et la France a été le berceau de l’automobile. Dès 1769, Jospeh Cugnot créait son fardier, un engin militaire destiné au transport d’objets très lourds et mu par un moteur à vapeur. C’était la première fois au monde qu’un véhicule n’avait pas besoin de force animale ni de vent pour avancer : en clair, un engin automobile stricto sensu. L’armée n’en a pas voulu (3 km/h c’était peut-être un peu lent), mais l’idée était là, concrétisée.

Malheureusement, il faudra longtemps pour que l’on s’intéresse à nouveau à des types de propulsion non naturels, et la révolution industrielle servira de catalyseur. Çà et là, des chercheurs ont de bonnes idées, un peu partout en Europe, mais c’est en France qu’est breveté un principe décisif : le moteur à combustion interne, breveté par Etienne Lenoir en 1860.
Puis, en 1861, le cycle Beau de Rochas est déposé, celui-là même qui introduit le principe du moteur à combustion interne à quatre temps. Malheureusement, on le connaît surtout sous le nom de cycle Otto. Pourquoi ? Parce que c’est Nicolaus Otto, un Allemand, qui le mettra le premier en application, et Karl Benz construira à partir de ça le premier véhicule à l’utiliser en 1888.

Entre-temps, avec un moteur à vapeur, Amédée Bollée bat des records de vitesse sur route aux commandes de son Obéissante, un véhicule embarquant 12 personnes qui relie Le Mans à Paris à 42 km/h de moyenne, en 1873. Si en 1886, Benz fabrique et brevète sa Patentwagen, trois ans avant la création de la Stahlradwagen de Daimler et Maybach. Celle-ci utilise leur moteur, le type P, qui sera utilisé, suite à un accord, par Panhard&Levassor dans ce qui sera la première voiture produite en nombre significatif dès 1890 : près de 200 exemplaires jusqu’en 1896.

Quasi simultanément, dès 1891, Peugeot récupère le même moteur, et fabrique, lui aussi un certain nombre de voitures : plus de 60 jusqu’en 1896. Ensuite, Peugeot concevra son propre moteur. En 1898, Louis Renault invente sa voiture, dotée de la première boîte de vitesses en prise directe, ce qui lui garantit des performances étonnantes. En 1899, c’est De Dion - Bouton qui crée son automobile, à la suspension innovante, la Vis-à-Vis dont près de 3 000 unités seront assemblées jusqu’en 1902.

Oui, la France est alors le pays où l’automobile se développe le plus vite, où les marques se créent un peu partout, et où les ventes sont les plus élevées du monde. Dès 1894, la première course automobile du monde a lieu entre Paris et Rouen, et dès 1898, le premier salon automobile au monde est organisé, dans le parc des Tuileries à Paris. Evidemment, à l’époque, la voiture est réservée à une clientèle originale et surtout riche, qui vit majoritairement dans l’Ouest parisien.

En tout cas, c’est là que le marché mondial se situe, malgré, déjà, pas mal de réticences, voire de réaction autophobes, en réaction à l’arrogance de nombre de chauffeurs. Mais le parc s’étend ; de 2 897 autos en France en 1900 (où sont sorties 1 000 des 1 500 autos fabriquées dans le monde), on passe à 44 707 en 1910 et 107 735 en 1914 (nous avons alors environ 150 constructeurs).

Entre-temps, la Grande-Bretagne, qui importe énormément (alors qu’en France, les imports ne représentent que 5 % du marché), nous est passée devant, avec un parc de plus de 200 000 autos en 1913, sans même parler des USA, qui en comptent 1 258 000 cette année-là. Mais là-bas, Henry Ford connaît le succès avec la première voiture produite en masse, donc à bas prix : la Model T. La première guerre mondiale rebattra les cartes, une autre histoire où la France rencontrera encore des succès intenses.






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