Le guide de survie en électrique sur la route des vacances
L’été des records approche. Alors que 68 % des Français s’apprêtent à passer leurs vacances dans l'Hexagone, des vagues de voitures électriques vont déferler sur les autoroutes. Entre l'arrivée massive de conducteurs novices et l'afflux de touristes européens, les stations de recharge risquent la surchauffe lors des grands départs. Faut-il vraiment craindre les files d'attente devant les bornes ? Pas si sûr. Planification, astuces de recharge et déploiement de "gilets bleus" sur les aires : voici comment éviter les galères et voyager (presque) plus sereinement qu'en thermique.

L’heure des grands départs approche, et on sait déjà que les Français privilégieront l’Hexagone dans leurs choix de destination. Le baromètre des vacances d’Europ Assistance, réalisé par Ipsos BVA, relève ainsi que "sous l’effet combiné des tensions internationales et des contraintes budgétaires, les choix évoluent nettement. Parmi les Français ayant déjà choisi leur destination, la France s’impose plus que jamais : 68% d’entre eux passeront au moins une partie de leurs vacances dans l’Hexagone (+1 point), dont 51% exclusivement en France, une progression spectaculaire de + 15 points."
A ce phénomène s’ajoute celui de l’accélération des ventes de voitures électriques, lesquelles représentent plus de 28% des immatriculations de voitures neuves depuis le début de l’année. Cela signifie donc qu’une part importante d’entre nous s’apprête à voyager en "voiture à piles", et que cela peut à la fois inquiéter les habitués, qui pourraient voir d’un mauvais œil l’afflux de débutants, et les nouveaux venus qui peuvent redouter des galères dues à leur inexpérience. Le fait que la France soit aussi une voie de passage obligée pour de nombreux automobilistes européens – notamment ceux du nord, plus "électrophiles" que la moyenne - peut aussi ajouter un niveau de difficulté à l’équation.
Le tropisme pro-électrique de l’auteur de ces lignes n’empêche pas de reconnaître que oui, il y aura très probablement des embouteillages ponctuels aux bornes les jours de grands départs. Il est à peu près inévitable que lors des sacro-saintes pauses méridiennes, les chargeurs rapides des stations-services soient pris d’assaut et que les délais d’attente s’allongent un peu.
Pour autant, les concessionnaires autoroutiers commencent à avoir l’habitude de l’électrique et déploient des "bornistes" (des étudiants ou leurs propres salariés) chargés de rappeler les conseils de bon usage et veiller à la fluidité des mouvements. APRR-AREA, pour ne citer que lui, déploie une centaine de personnes sur une quarantaine d’aires de service particulièrement fréquentées durant les week-ends de forte affluence, et rappelle quelques conseils de base : "installer rapidement son véhicule et lancer la connexion de la recharge dès son arrivée à la borne, privilégier la recharge entre 20% et 80% car au-delà de ce seuil, la vitesse de charge ralentit pour prévenir la surchauffe et préserver la longévité de la batterie, et limiter le temps de recharge à 30 minutes pour optimiser son trajet et faciliter la rotation aux bornes lors des périodes d’affluence."
On aura aussi pris soin, quand cela est possible, d’activer le préconditionnement de la batterie de façon à ce que celle-ci arrive à une température optimale à la borne, de façon à absorber plus rapidement les électrons
Une France très prisée
Rappelons que la France est l’un des pays les mieux dotés d’Europe en matière de mobilitré électrique, avec 195 356 points de charge répertoriés au dernier pointage publié le 9 juin, dont 4 390 sur le réseau autoroutier. Précisons aussi que les bornes rechargeant à plus de 50 kW en courant continu, c’est-à-dire celles favorisant l’usage en itinérance, représentent aujourd’hui 20% du parc total.
Pour optimiser son voyage, il importe aussi de planifier son parcours et préparer ses moyens de paiements. "La réussite d'un long trajet en véhicule électrique repose avant tout sur l'anticipation", explique-t-on chez Mobileese, acteur de la mobilité électrique. "Les applications de planification d'itinéraire (ABRP par exemple) permettent aujourd'hui d'identifier les bornes sur le parcours, d'estimer les temps de recharge et de comparer les tarifs des différents opérateurs. Pour comparer les prix, des applications comme Chargeprice sont intéressantes. Quelques minutes de préparation avant le départ suffisent souvent à éviter les imprévus et à voyager plus sereinement."
Et s’il est très souvent possible de payer par carte bancaire sa recharge, il importe de disposer d’une carte de paiement multi-opérateurs comme Chargemap, pour une sérénité optimale. On peut aussi souscrire un abonnement chez un opérateur type Ionity, Fastned, Electra ou autres (ainsi que Tesla, qui dispose d’un réseau de recharge en grande partie ouvert au grand public, avec des stations importantes déployées à moins de 3 km de différentes sorties d’autoroute), ce qui permet d’accéder à des tarifs préférentiels.
En respectant ces quelques préceptes de bon sens, on peut envisager des migrations estivales sereines en électrique. En tout cas pas moins sereines que celles des automobilistes en voiture thermique, qui devront eux parfois prendre leur mal en patience aux pompes à essence, avec un budget global nettement plus élevé en termes d'énergie.




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