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Le plan auto de LFI : utopie ou feuille de route réaliste ?

Dans Economie / Politique / Politique

Michel Holtz

Alors que Paris et Berlin plaident pour un assouplissement des règles européennes sur la fin des moteurs thermiques, La France insoumise fait le pari inverse. Maintien du 100 % électrique dès 2035, voiture à 10 000 euros et leasing social généralisé : le parti de Jean-Luc Mélenchon dévoile un programme automobile ambitieux… Mais dont le financement et la faisabilité industrielle font déjà débat.

Le plan auto de LFI : utopie ou feuille de route réaliste ?
Le programme politique de jean-Luc Mélenchon a le mérite de l'ambition. Photo : MaxPPP.

L’accord franco-allemand ne passera pas par LFI. Alors que, la semaine passée, Paris et Berlin sont tombés d’accord pour demander à Bruxelles d’assouplir l’obligation de l’électrification des ventes de voitures neuves en 2035 à 75 %, La France insoumise est bien déterminée à conserver les 100 % initialement prévus.

Dans son volet automobile dévoilé la semaine passée à l’occasion du Mondial de l’automobile, le parti de Jean-Luc Mélenchon a détaillé la ligne de route pour y parvenir.

Étonnamment, ce programme, détaillé par Manuel Bompard, directeur de la campagne du candidat à la Porte de Versailles, évite soigneusement de parler de l’Europe, manière de dire que la France n’a pas besoin de Bruxelles pour mener à bien son plan d’électrification. Et que l’hexagone dispose des moyens financiers nécessaires pour y parvenir seul.

LFI sur la même ligne qu’Emmanuel Macron… en 2022

Le plan reprend entre autres, et qui l’eût cru, une déclaration d’Emmanuel Macron de 2022, dans laquelle le président de la République souhaitait atteindre 2 millions de VE à l’horizon 2030. Une espérance abandonnée depuis, mais reprise par LFI qui repousse simplement l’échéance de deux ans.

Comment y parvenir, sans aide européenne, en plus ? En produisant des autos vendues 10 000 euros, pard. Là, encore, le parti de la gauche radicale s’aligne sur le projet de Bercy d’aides aux automobilistes pour que, in fine, ils puissent s’offrir une auto à ce prix.

Sauf que le gouvernement évoque des modèles L7, limités à 90 km/h, là ou La France insoumise ne précise pas de quels modèles il s’agit, expliquant simplement qu’il s’agit « d’aider les classes moyennes à basculer vers l’électrique », sans indiquer, ni le type d’autos dont il s’agit, ni surtout les moyens qu’il compte déployer pour parvenir à ses fins.

Peut-être en développant plus qu’aujourd’hui le leasing social ? Car LFI entend bien maintenir le dispositif et même le généraliser à « plusieurs centaines de milliers d’autos chaque année », là ou 50 000 contrats sont disponibles cette année. Pour y parvenir, le parti entend « constituer un parc public de véhicules via des investissements du pôle public bancaire ». Une jolie opération qui coûterait 4,5 milliards si l’État, via ses banques publiques, si elles s'offraient 300 000 autos à 15 000 euros l’unité.

Le parti de Jean-Luc Mélenchon n’étant pas à une dépense près, il compte également augmenter le bonus écolo, pour un montant non déterminé, en précisant qu’il exclurait les SUV de toutes ses aides, sans donner non plus une définition précise des modèles exclus. Des SUV qui, pour certains, pourraient même être totalement interdis à la vente.Enfin, il souhaite consacrer 1,4 milliard aux gigafactorys pour encourager les batteries franco-françaises.

Les rendements mirobolants des constructeurs

Quid des constructeurs dans ce large dispositif ? Le programme insoumis pour l’automobile compte aider ceux qui joueront son jeu avec des mesures protectionnistes (sans préciser si elles sont françaises ou européennes), mais il fustige aussi les mêmes constructeurs d’engranger des « rendements mirobolants ».

Quant aux constructeurs chinois, ils ne constitueraient pas une menace « Le différentiel de compétitivité entre la France, l’Europe de l’Est et la Chine est largement exagéré par les constructeurs pour justifier des délocalisations ». Soit. Mais peut-être que les 22,3 milliards de pertes de Stellantis l’an passé ne sont pas arrivées jusqu’aux oreilles de LFI, pas plus que la hausse galopante, liée à leurs tarifs, des Chinois en Europe.

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