Voitures à 10 000 euros, autos-écoles, bornes de recharge : le gouvernement dévoile la phase 2 de son plan « électricité »
En plein Mondial, Bercy repasse à l’offensive pour accélérer la transition vers le 100 % électrique. Retour du bonus pour les voiturettes, création d’une prime pour de futures microcitadines qui seraient vendues 10 000 euros, coup de pouce pour les utilitaires des artisans comme pour les bornes de recharge et permis B étendu à 4,2 tonnes : le ministère multiplie les annonces. Mais face aux contraintes budgétaires actuelles, ces mesures ambitieuses verront-elles toutes le jour ? Décryptage.

Les plans gouvernementaux ressemblent parfois aux plans produits de l’industrie auto. Ainsi, le 23 avril dernier, Bercy lançait la phase 1 de son offensive en faveur de l’électricité qui incluait notamment un élargissement du leasing social et des aides à la mise en place des bornes de recharge.
Et voilà que, en plein Mondial, qui voit défiler les candidats à la Présidentielle qui, tous, ont leur petite idée pour sauver le soldat auto et ses fantassins automobilistes, Bercy dégaine sa phase 2 qui est une prolongation de la première, mais des mesures spécifiques viennent s’y ajouter. C’est aussi une manière de calmer quelque peu des capitaines d’industrie qui, tous, se plaignent de la situation.
Une esquisse des futures e-cars ?
Il en va ainsi de l’aide aux petites électriques sans permis, du type Citroën Ami, qui bénéficieront à nouveau du bonus dont elles ont été écartées en 2024. En revanche, et c’est nouveau, le gouvernement entend offrir une aide à des autos qui n’existent pas encore. Elles répondent à la nomenclature L7, sont censées rouler à 90 km/h, disposer de quatre places, d’une autonomie de 150 km/h et sont censées être assemblées en Europe.
De quels modèles parle Bercy qui explique « qu’une offre est en train d’émerger » ? Le futur Dacia Hipster sera-t-il de la partie ? Mystère et boule de gomme pour le moment, alors que le plan électricité 2 précise tout de même que 2 000 euros d’aides seront offerts lors de l’achat de ces futures autos qui devraient coûter, tous bonus déduits, aux « alentours de 10 000 euros » et que le ministère en espère 150 000 exemplaires vendus en 2030. Ces nouveaux modèles L7 ressemblent comme deux gouttes d’eau aux fameuses e-cars voulues par Bruxelles, même si la norme n'est pas exactement semblable.

Il entend également enfoncer le clou électrique auprès des PME-TPE. Les artisans rechignant à remiser leurs camionnettes diesel, Bercy va les y aider en leur octroyant des primes à l’achat qui iront jusqu’à 11 000 euros dès le 1er janvier prochain. Cerise sur le gâteau du VUL : le permis B sera étendu, dès le début 2027, à 4,2 tonnes, au lieu des 3,5 tonnes en vigueur aujourd’hui. Un changement qui fait également l’affaire des adeptes de la vanlife puisque leurs fourgons et camping-cars, équipés et chargés, dépassent souvent le poids fatidique.
Une auto électrique pas cher, c’est bien, une auto rechargée à domicile pour peu de frais c’est encore mieux. Pour y parvenir, toujours au 1er janvier prochain, l’État va accorder une prime de 500 euros pour installer la fameuse prise chez soi. À condition que cette borne à domicile soit pilotable et repère automatiquement les heures creuses et pleines. Cette nouvelle prime sera intégrée (et réglée) par les CEE, qui collectent les taxes des entreprises énergétiques.
Pour ceux qui rechargent en dehors du domicile, ils auront droit à plus de transparence. À partir du mois d’avril 2027, le prix de la charge, en €/kWh devra être affiché sur toutes les bornes, ainsi que leur puissance instantanée, lorsqu’elles dépassent 50 kW.
Les autos-écoles encouragées à basculer
Enfin, les candidats au permis de conduire (et surtout les officines qui les forment) seront eux aussi incitées à utiliser des voitures électriques. Une mesure qui ne coûtera rien au contribuable, puisque c’est Mobilians, la chambre des professionnels du commerce automobile et des services, qui s’engage à ce que les autos-écoles soient équipées, à 100 %, de voitures électriques pour leurs formations à la conduite automatiques en 2030.
Toutes ces mesures, et d’autres concernant notamment les logements et l’électrification des TER, sont annoncées au moment même où le budget 2027 est entré en discussion à l’Assemblée ? Y survivront-elles ? Pour ce qui est de celles liées aux CEE ou portées par Mobilians, certainement. Pour les autres, rendez-vous à la clôture des votes, ou des motions de censure.


















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