Les habitants de Los Angeles photographiés à hauteur de portière
Entre 1989 et 1997, le photographe Andrew Bush a arpenté les autoroutes de Los Angeles un appareil photo fixé sur le siège passager. Déclenché à distance depuis son volant, son objectif a capturé l’intimité brute d’une Amérique qui vit, s’énerve et lit à l’arrêt dans les bouchons ou 100 km/h. Retour sur le projet « Drive », un portrait intemporel de la cité des anges.

C’est une vieille histoire, de celles qui sont intemporelles. Entre 1989 à 1997, Andrew Bush a sillonné Los Angeles, l’absolu cité de l’automobile, celle ou personne ne marche à pied.
Photographe, le garçon a décidé de faire comme tous ses concitoyens : troquer sa paire de jambes contre son volant pour raconter sa ville. Alors il a enlevé le siège passager et a installé un trépied surmonté d’un appareil photo. Grâce à une télécommande, il pouvait déclencher tout en conduisant.
La ville automobile
Le résultat, étonnant, a pris la forme d’un livre baptisé Drive et toujours disponible. On y retrouve une centaine de clichés qui n’en sont pas. Ceux d’une Amérique au volant, fatiguée, enthousiasmée, amusée, colérique ou narquoise.

Bush ne les juge pas : il les montre et se contentent de légendes ultra-précises comme celle qui illustre l’image de ce type, plongé dans son bouquin : « un homme roulant à 103 km/h sur l’autoroute Interstate (près de Wildcat Canyon, en Californie, un dimanche de 1993.

C’est, au-delà de ces drôles de photos, le photographe dresse le portrait d’une ville qui s’étend sur 180 km, ou les rues sont des autoroutes, ou les transports en commun sont (presque) inexistants, ou la voiture est une seconde peau, une deuxième maison, ou l’on vit, l’on mange, l’on apprend, ou l’on s’engueule et dont on n’envisage pas une minute de se passer, que l’on soit riche ou pauvre, Démocrate ou Républicain.
La voiture observatoire
Il fallait, pour décrire et comprendre les habitants de la cité des anges, un photographe à leur hauteur : celui du siège d’une auto qui les place côte à côte. Chacun dans sa bulle, même si celle de Bush est un observatoire sur la ville et ceux qui la vivent.





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