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Le photographe Douguie Wallace s’est penché sur les taxis mythiques de Bombay et c’est aussi drôle que spectaculaire

Dans Loisirs / Livres

Michel Holtz

Pendant quatre ans, l’Écossais Douguie Wallace a arpenté les rues de Mumbai pour immortaliser les derniers feux du Premier Padmini, ce clone de Fiat increvable banni des routes en 2023. Loin des clichés misérabilistes, ses images capturent avec une tendresse infinie l’humour des chauffeurs et le décor Bollywoodien de cabines capables de franchir la barre des 2 millions de kilomètres. Un hommage vibrant et profondément humain.

Le photographe Douguie Wallace s’est penché sur les taxis mythiques de Bombay et c’est aussi drôle que spectaculaire
Des autos vieiliissantes et surchargée pour une plongée au coeur des Padminis.

Il est écossais, mais c’est très loin des brumes de son Glasgow natal que le photographe Douguie Wallace est allé chercher l’inspiration pour son livre Road Wallah (chauffeur routier).

Mais il aurait tout aussi bien pu intituler son ouvrage Premier Padmini, du nom de cette marque, et de ce modèle, d’origine Fiat à ses débuts, qui a servi de taxi dans les rues de Bombay entre les années 60 et 2023. Le Padmini, c’était le symbole de la ville aujourd’hui appelée Mumbai, comme le yellow cab new-yorkais ou le black cab anglais, un engin indestructible, sommaire, robuste et capable de durer 2 millions de km.

Increvable mais polluant

Costaud, le Padmini l’était assurément et les 80 000 exemplaires qui desservaient la ville et ses 23 millions d’habitants n’étaient pas de première jeunesse. Mais il était aussi très polluant. Au point ou l’État indien a fini par en interdire la production.

Mais la robustesse de l’engin a fait que les derniers exemplaires ont servi jusqu’en 2023. Douguie Wallace lui, a passé quatre ans à Bombay dans les années 200. Quatre années à arpenter et à photographier les Padminis. Non pas tant les autos elles-mêmes, du moins pas de l’extérieur, mais plutôt ses chauffeurs, ses Road Wallah et leurs clients.

Bolywood ambulant
Bolywood ambulant

Il en a tiré une longue série d’images, et un livre qui ne s’appesantit pas sur la pauvreté, et les difficultés des Indiens au quotidien. De ses images se dégagent une joie de vivre, et une bonhomie qui empruntent au travail du photographe anglais Martin Parr, disparu récemment. Mais sans la méchanceté que l’on peut, parfois déceler chez ce dernier.

Une ironie bienveillante

Dans les photos de Wallace, les chauffeurs comme les clients, se marrent souvent, même s’ils sont exténués par leur boulot et leur vie. Le photographe s’attarde aussi sur l’incroyable décoration intérieure des cabs, toujours sans se moquer. Comme si les taximen et leurs passagers d’un moment, transformaient leur trajet en un film de Bollywood.

Un grabuge bon enfant.
Un grabuge bon enfant.

Pour autant, comme dans ses autres ouvrages, quand il photographie les enterrements de vie de jeune fille des quartiers populaires de Blackpool, ou la vie quotidienne des employés du magasin de luxe Harrod’s, il conserve le même regard respectueux et gentil moqueur mais complice qu’il pose sur les taxis indiens. Il rit avec eux de l’ironie du sort, toujours avec bienveillance.

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