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Marché du pneu : un secteur sable, mais ancré à un niveau bas

Dans Equipement / Pneus

Julien Bertaux

Les ventes de pneumatiques restant étroitement liées à la santé du marché automobile, le bilan du premier trimestre n’a rien de surprenant et demeure peu réjouissant.

Marché du pneu : un secteur sable, mais ancré à un niveau bas
Depuis l'année dernière, le prix des pneumatiques n'a pas augmenté, mais cela ne va pas durer. (Crédit photo : MaxPPP)

Près de dix millions de pneus TC4 (tourisme, camionnette et 4x4) ont été vendus en Europe au cours de ce premier semestre. Si ce volume impressionne au premier abord, il accuse une baisse de 0,9 % par rapport à la même période de 2025, une année qui affichait déjà une chute de 5,3 %. Malgré cette situation, le marché se stabilise après deux semestres marqués par de forts replis dus à des reports d’achat.

À noter que les pneumatiques 4x4/SUV, qui représentent 6 % des parts de marché, accusent un repli de 8,9 %, tandis que ceux de tourisme et de camionnette sont stables : respectivement - 0,3 % et - 0,4 %.

Des prix similaires

Alors que les factures d’assurance et de l’entretien ont grimpé ces derniers mois, le prix des pneus est pour le moment épargné. Le Syndicat du pneu précise que « l’effet du pic pétrolier sur les coûts de fabrication devrait se lire au cours du prochain semestre, avec un décalage de quelques mois entre la hausse des coûts de fabrication et leur répercussion sur les prix de vente. » À titre d’exemple, une enveloppe 4x4/SUV se vend 163 €, celle d’une camionnette 134 € et 106 € pour une voiture de tourisme, des prix très proches, voire équivalents à ceux du premier semestre 2025.

Entre les différentes marques présentes sur le marché, il existe une hiérarchisation. Celles, dites premium (Michelin, Continental, Goodyear) représentent 47 % des ventes (+ 1,1 %), les marques B (BFGoodrich, Uniroyal…) s’octroient la deuxième place avec 19 %, mais sont en perte de vitesse (- 6,7 %), tandis que les marques de distributeur (Norauto, Point S…) n’obtiennent que 8 % des parts (+ 7,5 %).

En revanche, la présence des enveloppes dites Bugdet est toujours aussi préoccupante : 26 %, même si elles ne progressent pas (- 0,3 %). Nous rappelons qu’elles font figure de très mauvaises élèves et qu’elles terminent régulièrement au fond du classement, notamment lors des derniers tests toutes saisons et hiver.

Le profil été détrôné, ou presque

Le Syndicat du pneu précise : « Aucun effet d’anticipation de la taxation des pneus chinois par l’UE n’apparaît dans les données statistiques du premier semestre 2026. Le règlement définitif est désormais connu et le second semestre sera le premier sous droits définitifs. Une bascule est déjà perceptible entre les marques Budget et Tradebrand [ndlr : marque de distributeur]. Elle sera probablement accentuée au second semestre. Elle s’est amorcée dans les canaux de distribution où elles sont historiquement le mieux défendues ». Nous ne pouvons que nous réjouir de cette évolution.

Il y a dix ans, le pneu toutes saisons Tourisme ne séduisait que 4 % des acheteurs. Il atteint désormais 46 % et le Syndicat du pneu prévoit qu’il devienne majoritaire d’ici la fin de l’année. Deux phénomènes expliquent cette mutation rapide : la loi montagne et les prix, désormais inférieurs à ceux des profils été.

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