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Peage en flux libre : les indemnités de retard sont un véritable pactole pour les gestionnaires d’autoroutes.

Dans Economie / Politique / Budget

Olivier Pagès

Les péages en flux libre sont de plus en plus nombreux en France. Ils sont ainsi présents notamment sur l’A13 et sur l’A79. Si ces dispositifs permettent en théorie de gagner du temps, ils représentent également un piège pour beaucoup d’automobilistes, qui oublient de régler leur péage et sont ainsi sujets à des indemnités de retard. Un véritable pactole.

Peage en flux libre : les indemnités de retard sont un véritable pactole pour les gestionnaires d’autoroutes.
Crédit photos : PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

C’est bien connu le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ainsi, les automobilistes ayant de régler leur dû lors du passage au péage font le bonheur des sociétés d’autoroutes. Ainsi, grâce à eux, la SANEF, qui gère l’A13 et l’A14 a ainsi perçu 25 millions d’euros rien que pour l’année 2025 sur le seul réseau Paris-Normandie.

Il faut dire que le système, qui semble être une bonne idée peut très vite devenir un piège pour les automobilistes ne possédant pas de télépéage ou de compte lié à une plaque d’immatriculation. Ces derniers ont en effet 72 heures pour régler leur passage. Passé ce cap, une indemnité forfaitaire de 10 euros s’ajoute au tarif de base si le règlement intervient sous les 15 jours. Au-delà, la majoration atteint 90 euros, avant d’atteindre 375 euros après deux mois et un transfert du dossier au tribunal de police. La SANEF n’est pas la seule à profiter de ce dispositif. La concession autoroutière du Mont-Blanc a prévu à l’horizon 2029 que les automobilistes sans télébadge généreront 4,8 millions d’euros en payant leur trajet dans les 72 heures. Mais, dans le même temps 18,9 millions d’euros en pénalités. Les majorations rapporteront ainsi près de quatre fois plus que le montant des péages perçus.

Ces estimations s’appuient sur les retours d’expérience du flux libre en France, où le taux de non-paiement atteignait 50 % au démarrage, toujours chez les conducteurs non équipés de badge. Si l’envoi de ces pénalités largement dissuasives fait progressivement baisser cette « fraude » à 16 % selon le ministère des Transports, cités par nos confrères de BFM.

Bientôt un délai supplémentaire pour payer ?

Comme on peut s’en douter, les protestations n’en finissent pas d’augmenter. Résultat : les parlementaires doivent examiner à la rentrée un amendement à la loi-cadre sur les transports visant à porter le délai de paiement sans pénalité de 72 heures à un mois entier. L’autre axe de réflexion porte sur la signalétique, majoritairement en français et donc peu ou pas compréhensible pour les étrangers.

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