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Recharge électrique : Electra veut en finir avec la galère des badges et des bornes en panne

Dans Pratique / Autres actu pratique

Lionel Bret

Jusqu’alors le monde de la recharge électrique en itinérance se divise en deux blocs. D’un côté l’univers fermé de Tesla propose une expérience usager fluide, calquée sur le modèle Apple, mais réservée à ses seuls clients. De l’autre, une jungle de réseaux concurrents fragmentés en un monde complexe pour l’usager. Afin d’apporter plus de clarté à l’usager Electra lance le premier système d’exploitation libre de la route. Un nouvel « Android » de la recharge pour faciliter la vie de l’usager, mais aussi conquérir un nouveau business.

Recharge électrique : Electra veut en finir avec la galère des badges et des bornes en panne
Electra veut devenir l'« Android » de la recharge électrique pour faciliter la vie de l’usager crédit: Electra

En 2026, rouler en voiture électrique impose encore un choix cornélien. Soit vous roulez en Tesla et profitez de son réseau exclusif, soit vous choisissez n’importe quel autre constructeur et affrontez la jungle des autres opérateurs, leurs badges multiples et leurs tarifs opaques. Mais ça s’était avant.

À partir de ce lundi 29 juin, Electra lance une plateforme universelle. Son but étant de devenir le système d’exploitation libre qui unifie les recharge en Europe, à l’image de ce qu’a fait Google avec Android.

Un modèle universel face à l’écosystème Tesla

Depuis sa création Tesla a calqué sa stratégie sur celle de la marque à la pomme. Pour séduire les acheteurs Elon Musk a compris qu’il ne suffisait pas de vendre des voitures, mais qu’il fallait maîtriser l’intégralité de la chaîne de valeur : la voiture, le logiciel et le réseau de Superchargeurs. Le conducteur branche sa voiture et la recharge démarre, sans application tierce, sans badge, sans carte. À condition d’avoir une voiture Tesla.

Face à ce modèle, les restes du réseau s’est développé sans concertation. Une myriade d’opérateurs privés et publics déploient des bornes aux standards et aux tarifs hétérogènes. Pour voyager l’automobiliste doit multiplier les badges et les applis, sans parvenir pour autant à dissiper le brouillard tarifaire auquel il est confronté.

C’est pour répondre à un besoin de simplification, Electra crée le premier système d’exploitation ouvert pour les bornes de recharges, comme Google l’a fait avec Android pour les téléphones.

À partir de ce lundi, l’application Electra centralisera 800 000 points de recharge en Europe. Les siens, mais aussi ceux de ses partenaires réunis dans la ChargeLeague (Ionity, Fastned, Atlante). Et elle ne se contente pas de les localiser et de les répertorier, l'appli va agir comme un copilote capable d’analyser en temps réel la puissance, la fiabilité, la disponibilité et le prix des bornes. Les prix facturés seront annoncés avant le début de la charge de manière à éviter toute mauvaise surprise.

Des bornes de 600 kW en standard

Pour accompagner ce pivot logiciel, l’opérateur déploie une nouvelle infrastructure modernisée. Les nouvelles stations seront équipées de bornes de 600 kW, appelées à devenir « le nouveau standard » de l’opérateur selon Aurélien de Meaux, Président et co-fondateur Electra. Cela doit quoi permettre à une voiture équipée de l’architecture 800 v de recharger (20 %-80 %) en 12 minutes.

Pour maximiser l’efficience de ses installations, Electra déploie une tarification dynamique. Le prix du kWh fluctuera en fonction de l’affluence de la station. En heures creuses un abonné « Smart » (4,99 €mois) paiera 0,19 €/kWh. Le but étant d’attirer les professionnels de la route comme les taxis, les VTC ou les livreurs du dernier kilomètre en dehors des heures de pointe.

Un développement façon Silicon Valley

Déjà solidement ancré auprès des géants de la Mobilité (Stellantis, Taxis G7, DHL, Uber, Bolt, Chronopost…) l’opérateur français vise le top trois européen  des fournisseurs d’énergie électrique avec 1 300 stations en propre d’ici à 2027 et 15 000 points de charges en 2030.

L’offensive d’Electra illustre une mutation massive du secteur de la recharge. À l’image de de ce qui se passe dans le monde de la Tech, la valeur se déplace de l'infrastructure vers le logiciel et  l'interface utilisateur. En s’érigeant en « Android » de la recharge Electra ne cherche pas seulement à simplifier la vie des électromobilistes mais aussi à gagner la bataille de l’écosystème. 

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