
La galaxie Stellantis a annoncé son plan stratégique qui devrait engloutir 60 milliards d’euros avec notamment la mise en place d’une nouvelle plateforme conçue pour plus de 30 modèles.

La galaxie Stellantis a annoncé son plan stratégique qui devrait engloutir 60 milliards d’euros avec notamment la mise en place d’une nouvelle plateforme conçue pour plus de 30 modèles.

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Stellantis donne des nouvelles rassurantes sur l’avenir de sa marque la plus haut de gamme et ne confirme aucune des rumeurs l’ayant récemment associée à des constructeurs chinois. Deux nouveaux modèles stratégiques sont prévus.

Soixante milliards de dollars et 60 nouveaux modèles. En dévoilant son plan stratégique, le patron de Stellantis, Antonio Filosa, déborde d’ambition. Mais derrière ces chiffres monumentaux, une réalité plus sombre se dessine peut-être pour le Vieux Continent, avec des marges au rabais, des usines partagées et des marques reléguées au second plan. L’Europe automobile est-elle en train de sacrifier son avenir au profit du rêve américain ?

Stellantis et Jaguar-Land Rover annoncent la signature d’un protocole d’accord visant à « travailler sur des synergies ». Pour quels produits ?

Alors que l’Europe s’apprête à valider les contours d’une nouvelle catégorie de kei-cars made in UE, à la fois électriques et low cost, le groupe franco-italo-américain commence à abattre ses cartes et c’est Citroën qui, en ressuscitant son icône, pourrait s’emparer du projet. Mais Fiat pousse également ses pions pour rester dans la course de l’électrique à 15 000 euros.

La volonté de Bruxelles de mettre sur le marché des petites autos à batterie à moins de 15 000 euros semble reçue cinq sur cinq par les constructeurs. Après la future Dacia Hipster, Stellantis réplique avec sa mini-auto tout simplement baptisée « E-Car » qui verra le jour dans deux ans. Pour autant, les deux groupes ne soutiennent pas l’UE dans toutes leurs décisions.

Le groupe occidental et Dongfeng viennent de sceller un nouvel accord stratégique à un milliard d’euros pour relancer leurs activités à Wuhan. En ne misant que 130 millions d’euros dans la corbeille, le groupe américano-italo-français s’offre un retour à moindres frais sur le premier marché mondial. Mais derrière ce « coup » financier et l’annonce de nouveaux modèles Peugeot et Jeep, reste la question des relations de plus en plus étroites entre la galaxie aux 14 marques et les constructeurs chinois

Le groupe Stellantis serait en négociation avec deux constructeurs automobiles chinois pour leur déléguer le développement technique d’une nouvelle voiture de luxe électrifiée, vendue chez nous sous le badge Maserati et simplement « habillée » par les designers de la marque au trident. Une telle stratégie nous paraît absolument inconcevable compte tenu de l’histoire récente de Maserati.

Alors que le groupe franco-américano-italien peine à faire tourner ses usines européennes à plein régime, l’ombre de la Chine plane au-dessus de lui. Après Leapmotor, Byd avance ses pions avec une ambition claire : racheter plutôt que partager. Entre la volonté de sa patronne Stella Li de s’offrir des capacités de production prêtes à l’emploi et son intérêt affiché pour le prestige de Maserati, Stellantis joue une partition serrée, à quelques jours de l’annonce de son plan stratégique crucial.

Alors que les robots-taxis américains et chinois se déploient, l’Europe semble rangée sur le bas-côté. Un rapport cinglant du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan dénonce un retard d’abord réglementaire, puis technologique, abyssal, au point d’évoquer une colonisation imminente de notre continent par les géants étrangers. Le réveil sera-t-il trop tardif pour sauver notre souveraineté industrielle ?
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