Sous la fonctionnalité, la folie : le break Audi RS4 B5 peut encore vous mettre le feu !
Ne vous fiez pas à l’allure un peu pépère de ce break à la sauce tuning. Sa puissance colossale lui garantit des performances encore exceptionnelles, et sous son charme vieillot (certains diront youngtimer), il propose des qualités routières de premier plan. Mais la RS4 B5 vous demandera aussi de prendre des précautions précises à l’achat…

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !
Inaugurant l'appellation RS4 chez Audi, ce break de sport est le premier engin badgé RS entièrement conçu et fabriqué en interne par la firme d'Ingolstadt. Certes, son moteur a été revu par Cosworth, mais ce préparateur appartenait à Audi ! Jouant donc un rôle historique, la RS4 B5 reprend les bases posées par sa devancière RS2, tout en les améliorant. Ultra-performante, sûre, facile et confortable, la RS4 se vendra davantage tout en demeurant exclusive, car sa production ne durera que 15 mois, constituant le bouquet final de l'A4 de génération B5. Rare et discrètement sulfureuse, cette allemande musclée est à préserver jalousement.

Quattro. Le nom magique grâce auquel Audi s’est réinventée au début des années 80. Un nom désignant une transmission intégrale grâce à laquelle le constructeur aux anneaux a raflé deux Championnats du monde des rallyes et s’est offert une crédibilité technologique inattaquable. Grâce à cela, la marque a opéré une irrépressible montée en gamme, via des modèles toujours plus sportifs, sophistiqués.
Pour les désigner, Audi a mis en avant un autre badge, RS, pour Rennsport, apparu en 1994 sur la RS2, un break 80 boosté à 315 ch et réalisé avec Porsche. La formule surpuissance/quatre roues motrices/facilité de conduite/usage familial faisait mouche : personne n’avait osé la pousser à une telle extrémité. Appréciée, elle a pourtant disparu quelques années avant de revenir en 1999. Sur la descendante de la 80, l’A4.

Dotée d’une nouvelle plate-forme et de trains roulants autrement rigoureux (double triangulation avant/arrière), elle constitue une base idéale pour accueillir des propulseurs à la cavalerie monstrueuse. Pour s’en doter, Audi a racheté en 1998 une société hautement respectée dans la préparation des moteurs : Cosworth. Celle-ci retravaille le V6 2,7 l biturbo de la S4 B5, déjà musclé (265 ch), en lui offrant des culasses (toujours à 5 soupapes par cylindre), des collecteurs et un système d’échappement inédits.
En sus, les turbos plus gros (des KKK K04 au lieu de K03) autorisent une pression de suralimentation supérieure : 2,2 bars contre 1,9. Résultat, ce sont 380 ch qui piaffent sous le capot de la RS4, présentée fin 1999. Une puissance au litre record pour un nouveau blason ! Le châssis, revu par l’entité Quattro Gmbh, arbore des voies élargies, des gros freins et des jantes immenses (18 pouces), alors que la garde au sol diminue de 20 mm. Quant à la transmission, il s’agit de la Quattro à différentiel central Torsen, alliée uniquement à une boîte 6 manuelle.

Lorsqu’elle est révélée au salon de Francfort, la RS4 fait saliver, par sa fiche technique mais aussi son allure incomparable, où, grâce à ses ailes élargies, ses boucliers redessinés et ses grandes jantes, l’Audi suggère la puissance sans céder à un look criard. Les performances sont exceptionnelles : vitesse maxi bridée théoriquement à 250 km/h, 0 à 100 km/h en 4,9 s, et tout ceci en famille. Commercialisée en 2000, elle n’est pas, on s’en serait douté, spécialement abordable : 463 000 F, soit 106 850 € actuels selon l’Insee.
C’est énorme, mais il n’y a alors pas d’écotaxe, alors que la vignette potentiellement ruineuse (28 cv fiscaux !) sera supprimée dès 2001… A ce prix, l’Audi offre une dotation riche : la clim auto, les sièges Recaro en cuir, l’ESP, le régulateur de vitesse, l’autoradio, les projecteurs au xénon sont de série. Elle ne durera malheureusement pas très longtemps : elle disparait dès 2001 quand est présentée l’A4 de nouvelle génération, la B6 qui, elle, ne sera jamais déclinée en RS4 (il faudra attendre la B7 en 2005). 6 030 RS4 B5 ont été produites seulement.

Combien ça coûte ?
Rare et désirée, la RS4 B5 voit sa cote grimper. Pour un exemplaire en excellent état, comptez de 30 000 € (plus de 200 000 km) à 44 000 € (moins de 100 000 km).

Quelle version choisir ?
Celle dans le meilleur état possible, dotée de tout son historique d’entretien, avant même de considérer le kilométrage.

Les versions collector
Toutes, si elles demeurent d’origine. Les éléments de raretés, comme une couleur décalée et des options nombreuses, seront un plus.

Que surveiller ?
Malgré sa grosse puissance spécifique, le V6 biturbo de cette RS4 se révèle fondamentalement solide. Evidemment, il exige une maintenance rigoureuse, passant par un changement de la courroie de distribution tous les 60 000 km environ, une opération coûteuse vu les démontages qu’elle impose. A cette occasion, on renouvellera la pompe à eau et on vérifiera l’état des diverses durits, de refroidissement comme de suralimentation, celles en Y surmontant le moteur pouvant se fendre.
Les échangeurs sont également à surveiller, alors que les bobines et capteurs moteurs durent rarement plus de 100 000 km. On note parfois une usure des poussoirs hydrauliques des soupapes, que l’on pourra alors repolir. Les turbos sont protégés par des plaques qui vibrent, produisant alors un bruit de casserole. Même si cela demande du temps, mieux vaut les changer rapidement, car à longue, elles vont endommager les turbos qui, pour être remplacés, imposent de sortir le moteur.
Côté transmission, pas de soucis si elle est vidangée régulièrement, mais renouveler un embrayage usé revient cher. Il en va de même pour les silentblocs de train avant et surtout les freins. Pour sa part, la carrosserie résiste vaillamment à la rouille, et l’habitacle au temps, même si le ciel de pavillon peut s’avachir.

Sur la route
L’allure compacte, élégante et discrètement agressive de la RS4 tranche agréablement les SUV criards qui pullulent. L’habitacle rappelle ce qu’Audi savait faire à l’époque : dessin soigné, donnant l’impression que le tableau de bord se taille d’un bloc, plastiques de haute qualité, assemblage précis… On goûte particulièrement au confort des Recaro et à l’excellente position de conduite.

Le moteur produit un feulement agréable, mais on retiendra plutôt sa poussée phénoménale à partir de 2 000 tr/min. Peu spectaculaire, l’Audi étonne par sa puissance de feu considérable, autorisant des reprises canons sur tous les rapports. Il se sert à rien de passer les 6 000 tr/min, la RS4 vous aura catapulté de façon balistique bien avant. Et tant mieux, car la commande de boîte, caoutchouteuse et lente, n’est pas très plaisante à manier. Dynamiquement, ce break affûté reste typiquement Audi.

En clair, il privilégie l’efficacité par tous les temps, avec une motricité et un grip impressionnants, et la facilité. En usage courant, c’est tout bénef, on peut aller très, très vite sans se poser de questions (hormis celles concernant le permis). Mais en cas d’attaque, la RS4 prend un peu de roulis et se montrera foncièrement sous-vireuse (plus de 1 000 kg sur le train avant !), donc guère amusante. C’est là qu’une BMW M3 prend le dessus. Le monstre d’Ingolstadt ne communique pas non plus très clairement, mais son confort et son insonorisation font merveille sur long trajet. Familiale on a dit, mais dotée de freins très puissants (pas très endurants néanmoins) et d’un appétit… solide. 13 l/100 km en moyenne tranquille.
L’alternative youngtimer
Audi RS2 (1993 – 1996)

Qui aurait pu prédire que de la molle Audi 80 B3 lancée en 1986, extrairait un break capable de défier une 911 ? C’est pourtant ce qui arrive en 1993 (non sans que la 80 soit passée en génération B4 à l’occasion d’un sérieux restylage en 1991). Avec l’aide de Porsche à la fabrication comme à la conception, on transforme la 80 Avant en engin rationnellement fou. Gavée par un turbo, son 5-cylindres 2,3 l passe à 315 ch, de sorte que malgré les 1 650 kg induits notamment par la transmission intégrale Quattro, le 0 à 100 km/h est abattu en 5,4 s.
C’est tout ce dont est capable la RS2, lancée au salon de Francfort 1993 à la surprise générale. Assemblée chez Porsche (elle récupère des freins, des rétros et des jantes de 911), elle pose les bases des Audi RS à venir : grosses performances, sécurité maximale, facilité de conduite, cockpit luxueux, usage familial sans contrainte. Sans oublier… un prix de fou. L’exceptionnelle RS2 sera produite à 2 891 unités jusqu’en 1996. Dès 55 000 €.
Audi RS4 B5 (2000), la fiche technique
- Moteur : 6 cylindres en V, 2 671 cm3
- Alimentation : injection, deux turbos
- Suspension : jambes de force, bras superposés, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis (AV) ; bras superposés ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis (AR)
- Transmission : boîte 6 manuelle, quatre roues motrices
- Puissance : 380 ch à 6 100 tr/min
- Couple : 440 Nm à 2 500 tr/min
- Poids : 1 620 kg
- Vitesse maxi : 250 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 100 km/h : 4,9 s (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces d'Audi Rs4 B5, rendez-vous sur le site de La Centrale.

















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