Sportives, sympas et stylées, Abarth Grande Punto ou Seat Ibiza FR ?
De gabarits et de puissances comparables, ces deux citadines pas si petites mais un peu sportives recourent à des moyens différents pour donner du plaisir. Aujourd’hui, elles demeurent étonnamment valables par leurs prestations générales, et s’offrent à des prix attractifs : dès 5 500 €. Mais laquelle constitue le meilleur plan ?

La Fiat Punto ne s’est jamais aussi bien vendue que quand elle était dessinée par Giugiaro. Cela se vérifie particulièrement avec la troisième génération de la citadine italienne, surnommée Grande. Avec son look de petite Maserati, elle provoque le coup de cœur, surtout quand elle se décline en Abarth, blason qu’elle ravive de façon pertinente en 2007. Dûment affûtée par son moteur (1,4 l,155 ch) et ses trains roulants, elle se pare d’une décoration suggestive qui survendent peut-être un peu ses intentions.
La stratégie est inverse pour sa rivale espagnole, l’Ibiza IV FR révélée en 2009, d’allure discrète. Pourtant, elle affiche une puissance comparable (1,4 l, 150 ch), bénéficie, elle aussi, d’une suspension adaptée à une conduite dynamique et surtout, s’équipe d’office d’une boîte DSG à double embrayage. Un peu plus bourgeoise donc, mais certainement pas moins performante. Evidemment, ces deux latines ne peuvent lutter avec les plus radicales de la catégorie, mais elles sont moins chères et pas tellement moins plaisantes en usage courant. Abarth ou Seat, laquelle épate ?
Les forces en présence

Abarth Grande Punto (2008- 2010) : berline 3 portes, 5 places, 4-cylindres 1,4 l turbo, 155 ch, 1 185 kg, 208 km/h, à partir de 5 500 €.

Seat Ibiza FR (2009 - 2016) : berline 3-5 portes, 5 places, 4-cylindres 1,4 l turbo +compresseur, 150 ch, 1 170 kg, 212 km/h, à partir de 5 500 €.
Présentation : une italienne qui en fait trop, une espagnole qui cache son jeu

Coupable d’avoir vidé le blason Abarth de son contenu, avec notamment la molle Stilo, le Groupe Fiat, qui en est propriétaire, le ravive brillamment à la fin des années 2000. Désormais, il ne désignera plus une finition vaguement haut de gamme mais redeviendra une vraie marque produisant de vraies sportives ! Sa première création apparaît fin 2007, pour être commercialisée début 2008 : c’est la Grande Punto.

Sous le capot, l’ex-Fiat adroitement stylée par Ital Design récupère l’excellent bloc 1.4 T-Jet apparu un an auparavant. Sous son capot, ce Fire armé d’un turbo IHI soufflant à 1,3 bar passe de 120 ch à 155 ch (pour 230 Nm) et s’allie à une boîte à six rapports, tandis que la suspension s’adapte : garde au sol abaissée de 10 mm, ressorts durcis de 20 % et voies élargies de 6 mm. Par ailleurs, les freins bénéficient d’étriers fixes à deux pistons à l’avant.

Vu que l’Abarth Grande Punto pèse près de 1 200 kg, il ne s’agit pas d’une sportive radicale, comme peut l’être une Renault Clio III RS mais une d’une citadine polyvalente capable de donner le change quand on a envie de conduite musclée. D’ailleurs, elle marche plutôt fort : 208 km/h en pointe, pour un 0 à 100 km/h accompli en 8,2 s. De plus, l’Abarth s’affiche à un tarif attractif : 17 990 € (23 400 € actuels selon l’Insee).

À ce prix, le look radical, les jantes alliage de 17, les sièges renforcés, la clim auto bizone, les vitres/rétros électriques, la sono et l’ESP sont de série. Pour qui veut de la radicalité, un kit Esseesse existe, qui affermit la suspension et porte la cavalerie à 180 ch. L’Abarth Punto effectuera une carrière en demi-teinte, éclipsée dès 2008 par sa petite sœur plus charismatique Abarth 500.
Fin 2009, la Grande Punto est restylée, devenant Punto Evo, et perdant son look si sympa. Elle adopte une distribution Multiair, qui en fait une voiture au caractère assez différent, que l’Abarth récupère en 2010. Porté à 165 ch, il renforce les performances d’une Punto désormais dite Evo, qui sera supprimée en 2014.

L’Ibiza, c’est la success-story de Seat qui a débuté avec des gènes Fiat en 1984 et un design Giugiaro (encore lui !). Devenue techniquement une Volkswagen en 1993 en entrant dans sa 2e génération, l’Ibiza n’en démordra plus, et laissera même tomber le designer italien pour ses 3e et 4e moutures.

Cette dernière, dévoilée en 2008, bénéficie de la plate-forme PQ25 du Groupe VW, dont la Polo V s’équipera en 2009. C’est en début de cette année-là que l’espagnole enfile sa tenue de sport, baptisée FR (pour Formula Racing). Sous son capot trône un bloc ultra-moderne, un 1,4 l à injection directe boosté à la fois par un compresseur (pour les bas régimes) et un turbo (pour le reste du temps).

Ce moteur, apparu dans VW Golf GT TSI en 2006, développe ici 150 ch. C’est moins que pour l’Abarth, mais l’Ibiza abat un atout important : une boîte automatisée DSG à double embrayage comptant 7 vitesses, montée d’office. Cela permet à la Seat de pointer à 212 km/h et d’accrocher les 100 km/h en 7,7 sec. Pas mal, surtout vu les 1 167 kg. Le prix demeure intéressant : 19 990 €, soit 25 950 € actuels selon l’Insee. Cela inclut la clim auto, l’ESP, la radio MP3, les jantes alliage de 17, les vitres et rétros électriques. L’Ibiza, légèrement modifiée en 2012, conservera ce moteur jusqu’en 2016, où il sera remplacé supprimé.
Fiabilité/entretien : une Abarth favorisée par sa simplicité

Moyennant un entretien sérieux, les Abarth Punto sont très robustes. On note toutefois quelques défaillances du système Multiair sur les premières Evo, alors que le T-Jet est sans ennuis récurrents. A l’opposé, la boîte semble plus solide sur l’Evo que sur les Grande Punto dont l’unité M32 a des soucis de roulements si on oublie de la vidanger.
Pour le reste, ni l’électricité ni l’électronique ne posent de gros problèmes, alors que les pannes d’assistance de direction, pénalisant les premières Fiat Grande Punto, ne semble pas affecter les Abarth.

Pour sa part, l’Ibiza a connu bien des ennuis jusqu’en 2013 avec son bloc codé EA111 : tendeurs de chaîne, chaîne elle-même, surconsommation d’huile chronique… A acheter avec circonspection, d’autant que les bobines et bougies ont causé des soucis.
Pour sa part, la DSG DQ200 n’échappe pas à des avaries de mécatronique, voire d’usure prématurée des embrayages. Les versions restylées semblent plus recommandables, d’autant que par ailleurs, elles vieillissent bien, sans trop de soucis électroniques.
Avantage : Abarth. La Grande Punto échappe aux pannes graves ayant affecté l’Ibiza, donc mérite la victoire.
Vie à bord : style ou austérité ?

Dans la Grande Punto, l’habitabilité est une qualité majeure, dont profiteront tous les passagers. Ils apprécieront aussi les sièges bien dessinés, surtout à l’avant, où le style plutôt original de la planche de bord, joliment décorée par Abarth avec son bandeau central blanc, sera lui aussi un atout. L’équipement plutôt riche, comportant une clim auto bizone, rare à ce niveau de gamme, procure des satisfactions, mais alors, la qualité des matériaux déçoit franchement. Quel dommage ! Cela va beaucoup, beaucoup mieux sur l’Evo. Variant de 275 l à 1 030 l, le coffre est dans la norme de la catégorie.

A bord de l’Ibiza également, on apprécie l’excellente habitabilité, à l’avant comme à l’arrière. La sellerie, plus ferme que dans l’italienne, n’est pas déplaisante pour autant, alors que l’équipement est pratiquement aussi riche : ici, la clim ne compte qu’une seule zone. En revanche, la présentation quasi-monacale donne le bourdon, surtout que les couleurs sombres s’allient à des tissus plus rêches que ceux de l’Abarth. A l’opposé, les plastiques sont de bien meilleure qualité et l’assemblage apparaît plus rigoureux. Ici, le coffre est un peu plus grand que dans l’italienne : dès 284 l.
Avantage : égalité. Présentation plus chatoyante pour l’Abarth, finition plus sérieuse pour l’Ibiza, pas de victoire ici.
Sur la route : place aux sensations

Excellente position de conduite dans l’Abarth, où on profite également d’un siège au très bon maintien. Le moteur sonne de façon sympa, et même s’il est très puissant pour sa cylindrée, il se montre souple et docile à bas régime, mais passé 2 500 tr/min, il connait un bon coup de boost et marche fort, quand on a mis le mode Sport, qui renforce le punch du 4-cylindres.
Un caractère turbo marqué qui donne un certain plaisir et de belles performances, soutenu par une boîte six bien étagée et plaisante à manier. La direction, en mode Sport, s’affermit judicieusement mais manque toujours de ressenti. Précise, elle commande un train avant plutôt rigoureux, et un châssis équilibré, qui rend la voiture plutôt efficace.
Reste que l’amortissement manque de rigueur, ce qui fait trépider la voiture et gêne parfois la bonne tenue de trajectoire. En tout cas, on s’amuse bien à son bord ! En usage courant, l’Abarth préserve un confort très acceptable, doublé d’une bonne insonorisation, alors que le freinage est très efficace.

Dans l’Ibiza également, on est très bien installé, et on est soutenu par un siège correctement dessiné. Le moteur ? Il sonne de façon quelconque mais étonne par sa disponibilité dès les plus bas régimes : merci le compresseur ! Le bloc est cela dit peu démonstratif, donnant l’impression de performances moyennes.
Mais quand on regarde les chronos, on constate qu’elle va vraiment bien, un peu mieux que l’Abarth. Sauf qu’on ne s’en rend pas compte ! La boîte DSG accentue ce tempérament lissé, avec ses changements de rapport doux et instantanés, quoique parfois un peu lents en montée. Côté châssis, la Seat n’est pas très sportive. Elle prend un peu roulis et manque de mordant en virage tout en accusant de légers mouvements de lacet en cas de freinage violent.
Seulement, l’ensemble est très homogène, et la direction relativement informative. La conduite est douce, la voiture accepte d’être maltraitée, donc l’ensemble est polyvalent, voire agréable sur long trajet grâce à la bonne insonorisation. Mais fun ? Pas vraiment.
Avantage : Abarth. Pas plus efficace que sa rivale, la Grande Punto gagne grâce à son moteur beaucoup plus démonstratif et générateur de sensations.
Budget : pas chères, mais sans décote

En très bon état, l’Abarth Grande Punto débute à 5 500 €, vers 200 000 km. Pour rester sous les 150 000 km, il faut débourser 7 500 €, et on passe les 10 000 € pour ne pas dépasser les 100 000 km. Bizarrement, l’Evo n’est pas tellement plus chère. En moyenne, elle avale 8,3 l/100 km en T-Jet, ce qui reste acceptable.

Les prix de l’Ibiza FR sont très similaires : on trouve des autos intéressantes, affichant 200 000 km, vers 5 500 €. A 7 000 €, on passe sous les 150 000 km et à 10 000 €, sous les 100 000 km. En revanche, elle consomme moins que la Punto : 7,4 l/100 km. Vraiment intéressant.
Avantage : Seat. A prix égal, l’Ibiza gagne car elle consomme moins que sa rivale.
Verdict : l’Abarth est raisonnablement plus déraisonnable

Le point le plus important est que l’Abarth est plus fiable que sa rivale. Elle aussi plus amusante par son moteur, ce qui compte dans le cas d’un achat passion. En matière d’équipement et d’habitabilité, elles sont à égalité, alors que la Seat prend le dessus par sa finition et sa consommation plus faible. Elle impose la boîte auto, quand la Punto se limite à la commande manuelle : si vous préférez l’une ou l’autre, cela pourra conditionner votre achat.

| Thème | Avantage |
| Fiabilité/entretien | Abarth |
| Vie à bord | Egalité |
| Sur la route | Abarth |
| Budget | Seat |
| Verdict | Abarth |
Pour trouver des annonces, rendez-vous sur le site de La Centrale : Abarth Punto et Seat Ibiza FR.





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