Un gros 6-en-ligne, une ligne superbe, comment ne pas craquer pour la BMW 535i E34 ?
Modèle à part dans la gamme Série 5 E34, la 535i est celle qui dispose du plus gros 6-cylindres (M5 mise à part) mais aussi de l’équipement le plus riche. Performante, rare, et raffinée, elle mérite le détour…

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !
Si BMW a plusieurs fois réinventé son style, rarement l'opération a-t-elle été aussi réussie que dans le cas de la Série 5 E34. De plus, elle se double d'une hausse considérable de la qualité de fabrication mais conserve le en-ligne historique de la marque de Munich. Dans sa variante la plus huppée, ce moteur 3,4 l de 211 ch équipe la 535i, savant mélange de tradition, de modernité et de luxe. Variante à part dans la gamme, elle bénéficie d'un équipement beaucoup plus riche, voire d'un autobloquant si on veut s'amuser un peu. Une BMW pur sucre, luxueuse, rare et peu connue. A saisir maintenant !

Un thème, deux voitures. Au creux des années 70, BMW embauche Ercole Spada, le célèbre designer italien, auteur de belles créations chez Zagato. Chez le carrossier latin, il a notamment dessiné l’Aston Martin DB4 GT et l’Alfa Romeo Giulia TZ. Ça vous pose un bonhomme ! A Munich, il travaille sous la direction de Claus Luthe, transfuge d’Audi à qui l’on doit la NSU Ro80.

Tous deux œuvreront au renouveau du design BMW dans les années 80, ce qui se traduira d’abord par la Série 7 E32 en 1987, puis la Série 5 E34, qui en est, esthétiquement, une sorte de version aboutie. Cette dernière a été parachevée par J Mays (venu de chez Audi également), Spada étant retourné en Italie en 1983 pour créer l’institut IDEA, à qui l’on devra la Fiat Tipo par exemple. La remplaçante de celle-ci, la Bravo, sera l’œuvre de Chris Bangle, que l’on retrouvera chez… BMW.

Mais revenons à la Série 5 E34. Elle remplace l’E28, elle-même une évolution de l’E12 de 1972, autant dire qu’elle revoit tout de fond en combles, à commencer par la plate-forme, inédite. Bien plus rigide que celle de sa devancière, elle n’est que marginalement plus lourde. Ciblant la Mercedes W124, la BMW Série E34 favorise la robustesse et le confort, dans une optique moins sportive que l’E28. Pourtant, elle se contente encore de trains roulants similaires, jambes de force et double articulation à l’avant, bras obliques à l’arrière, cette dernière solution étant moins sophistiquée que l’épure multibras de la Mercedes.

Néanmoins, quand la BMW Série 5 E34 est révélée en janvier 1988, elle étonne par la perfection de ses lignes. Elle est pure et très élégante tout en inspirant la solidité mais sans jamais paraître lourde. Mieux encore, elle arbore un Cx excellent de 0.32 en 535i : sacrée réussite ! Au lancement, le haut de gamme s’incarne dans la 535i, armée d’un 6-en-ligne M30B35, un 3,5 l à 12 soupapes développant 211 ch. Ce bloc est une évolution légère du B34 équipant la M535i E28, mais face à cette dernière, l’E34 s’alourdit de près de 200 kg !

La qualité et la résistance aux chocs sont passées par là. Elle affiche 1 525 kg sur la bascule, un poids considéré comme important à l’époque, alors que c’est celui d’une citadine électrique actuelle. Mais passons… La 535i file à 235 km/h et atteint les 100 km/h en 7,7 s, des chronos alors impressionnants. Dans l’habitacle, BMW France a fait le choix d’un équipement très riche : climatisation, sièges à réglages électriques, ordinateur de bord, quatre vitres électriques… On trouve aussi un ABS, une direction à assistance variable, des jantes en alliage et même un pont autobloquant !

Evidemment, le prix s’en ressent, à 285 000 F, soit 83 600 € actuels. La liste des options est longue, qui comprend le cuir, le toit ouvrant, le régulateur de vitesse, la boîte auto (4 rapports), le correcteur d’assiette, l’antipatinage électronique, l’amortissement piloté, l’airbag conducteur… Contrairement aux 520i et 525i, la 535i n’aura pas droit à une culasse à 24 soupapes, en réalité, elle n’évoluera pas, étant simplement remplacée par la 530i V8 en 1992.

Combien ça coûte ?
Une belle 535i se déniche vers les 11 000 €, avec un kilométrage important, dépassant les 250 000 km, ce qui ne doit pas vous dissuader. A 15 000 €, on trouve des exemplaires impeccables sous les 200 000 km, alors qu’à 20 000 €, on peut en dénicher à nettement moins de 100 000 km.

Quelle version choisir ?
Privilégiez les exemplaires dans le meilleur état possible, sans trop considérer le kilométrage, et surtout, dotés de leur suivi. Attention, les 535i importées sont souvent moins équipées que les françaises.

Les versions collector
Toutes, si elles sont d’origine. Dans une optique collection, il faut favoriser la rareté, comme les options, ou encore les coloris un peu originaux.

Que surveiller ?
La Série 5 E34 correspond à une époque où BMW soignait comme jamais la fiabilité. Elle est donc d’une très grande robustesse mécanique, si elle a été dûment suivie : les 300 000 km peuvent être passés sans ennui majeur. Cela suppose des vidanges annuelles ou tous les 10 000 km et une maintenance scrupuleuse du circuit de refroidissement : changements de liquide fréquents, surveillance du viscocoupleur de ventilateur. Autrement, la culasse peut se vriller.
Les bobines et capteurs moteurs peuvent tomber en panne, ce qui est normal vu l’âge de la voiture, mais la transmission est sans faiblesse notable, y compris l’automatique si elle a été vidangée de temps à autres. Pour sa part, l’habitacle vieillit fort bien grâce à ses matériaux de qualité, même si le ciel de toit s’affaisse assez systématiquement. Du tout bon donc ? Pas tout à fait : cette BMW est assez sensible à la rouille. Examinez bien les bas de caisse et de portières, les passages de roue (surtout à l’arrière), les planchers et les ancrages de cric.

Sur la route
Devenue rare, la Série 5 E34 ne saisit que davantage l’observateur par la pureté de la ligne. Rien à voir avec les BMW modernes ! Cela vaut également pour le dessin du tableau de bord, magnifique d’élégance, alors que la finition impressionne encore. Une vraie béhème ! La position de conduite est impeccable (volant réglable dans les deux plans), et toutes les commandes sont logiquement agencées.

Au démarrage, le doux feulement du 6-en-ligne s’insinue dans le cockpit. Ultra-souple et onctueux, ce bloc est une source constante d’agrément, pourtant, même si sa puissance au litre demeure modeste, il marche mieux dans les tours, connaissant un regain de punch vers 4 00 tr/min. Il n’est pas violent ni rageur, loin de là, mais assure des performances de bonne petite sportive moderne. La boîte, un régal à manier, aide à le maintenir dans la bonne plage.

Le châssis ? Il se veut d’abord rassurant, étant naturellement sous-vireur : l’équilibre est plus neutre que celui d’une E28. Ensuite, la direction variable concilie belle consistance et précision convenable, rendant la 535i facile et prévenante. De plus, elle freine étonnamment bien ! Evidemment, on fera attention sur le mouillé. Souple sans excès, la suspension préserve un confort appréciable qui, combiné à la belle insonorisation, fera la BMW une excellente voyageuse au long cours. Enfin, à 11,5 l/100 km en moyenne, elle ne consomme pas exagérément.
L’alternative newtimer*
BMW 545i/550i E60 (2003 – 2010)

Tout comme l’E34, l’E60 incarne une Série 5 d’un nouveau style quand elle sort en 2003. Dessinée par Davide Archangeli, l’auteur de la 406 coupé, sous l’égide de Chris Bangle, cette berline BMW se signale par une grande finesse de lignes. Dotée d’une coque inédite et des trains roulants ultramodernes, elle bénéficie en haut de gamme (hors M5) d’un V8 4,4 l à 32 soupapes et distribution variable développant 332 ch, qui lui fait effectuer le 1 000 m DA en à peine plus de 25 s : sportif ! Mais la qualité est en baisse.
Chose rare, pas moins de trois transmissions sont proposées : manuelle, automatique à convertisseur et robotisée. Très bien équipée (cuir, sièges électriques, GPS clim auto bizone, xénons), la 545i est très chère. En 2004, elle se décline en break Touring (contrairement à la 535i E34), puis en 2005, la 545i devient 550i en passant à 4,8 l et 367 ch. En 2007, cette Série 5 bénéficie d’un léger retsylage et d’une finition améliorée (enfin !), avant de quitter la scène en 2010. A partir de 9 000 €.
BMW 535i E34 (1988), la fiche technique
- Moteur : 6 cylindres en ligne, 3 430 cm3
- Alimentation : injection
- Suspension : jambes de force, triangles, double articulation, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis (AV) ; bras obliques ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis (AR)
- Transmission : boîte 5 manuelle ou 4 automatique, propulsion
- Puissance : 211 ch à 5 700 tr/min
- Couple : 305 Nm à 4 000 tr/min
- Poids : 1 525 kg
- Vitesse maxi : 235 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 100 km/h : 7,7 s (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces de BMW 535i E34, rendez-vous sur le site de La Centrale.







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