Un pur-sang italien ultra-technologique au prix d’une électrique bas de gamme, ça vous tente ?
Sous une ligne très élégante due à Pininfarina, la 164 Q4 cache le meilleur de la technologie Alfa Romeo, recevant le superbe V6 Busso coiffé de 24 soupapes et surtout une sophistiquée transmission intégrale qui garantit des qualités routières de premier plan. Une rareté qui n’est même pas très chère : dès 25 000 €.

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !
Première Alfa Romeo conçue avec l'aide de Fiat, la 164 n'a étrangement pas fait hurler les puristes. Sans doute étaient-ils subjugués par sa belle ligne, due à Pininfarina. Cela dit, si les moteurs étaient exactement ce qu'on attendait, le train avant peinait à encaisser leur punch. Tout ceci est résolu avec la Q4, une version à part. Pourquoi ? Parce qu'elle est la seule à bénéficier d'une transmission intégrale, non seulement dans la gamme 164 mais aussi au sein des quatre voitures élaborées sur une même base par Saab, Lancia, Fiat et Alfa. Avec son sublime V6 Busso de 230 ch, la Q4 est certainement la plus jouissive de toutes et la plus rare. Un joyau !

Des quatre voitures issues du projet Fiat-Saab, l’Alfa Romeo 164 est peut-être la plus belle. En effet, si les Saab 9000, Lancia Thema et Fiat Croma ont été dessinées chez Ital Design, la 164 est l’œuvre de Pininfarina. Celui-ci ne pouvait pas faire moins bien que son rival Giugiaro ! Malheureusement, la 164 est aussi la moins réussie des quatre dynamiquement. En cause, sa ligne.
En effet, elle adopte un capot plongeant, qui a obligé à incliner les ancrages supérieurs des jambes de force avant, ce qui a terriblement nui à une motricité déjà pas terrible sur les trois premières nées (1984 pour les Saab et Lancia, 1985 pour la Croma, l’Alfa Romeo n’étant commercialisée qu’en 1988). Et c’est bien dommage car le train arrière, typiquement Lancia, est remarquablement étudié. Surtout, sous son capot, la milanaise bénéficie du fabuleux V6 Busso, mis à peu près à toutes les sauces : atmo ou turbo, 12 ou 24 soupapes. Sérieusement remaniée fin 1992, l’Alfa va corriger en 1993 son principal défaut : cette motricité défaillante.

Pour ce faire, les ingénieurs ne vont pas y aller par quatre chemins, et adopter un élément un temps envisagé puis finalement refusé à la Thema, à savoir une transmission intégrale. Etudiée avec Steyr-Puch, en Autriche, elle comporte un différentiel central à viscocoupleur piloté par électronique (dit Viscomatic), allié à un autobloquant arrière Torsen. Faisant varier en permanence le couple entre les trains roulants, c’est le top de l’époque ! Mieux encore, Alfa Romeo a prévu une boîte 6 manuelle fournie par Getrag, cas unique dans la gamme 164, au contraire des amortisseurs pilotés Boge et de l’ABS Bosch. Sous le capot, le V6, de 3,0 l de cylindrée, adopte des culasses à 24 soupapes (et quatre arbres à cames en tête), pour une puissance totale de 230 ch.

La belle est lourde (1 680 kg) mais elle atteint les 240 km/h et franchit les 100 km/h en 7,5 s. Dans l’habitacle, là encore, Alfa a vu grand. Sellerie cuir, sièges Recaro électriques à mémoires à l’avant (série en France), clim auto, sono, 4 vitres et rétros électriques, airbag conducteur… Evidemment, tout ceci se paie très cher initialement : 312 000 F, soit 79 500 € actuels selon l’Insee. En conséquence, la 164 Q4 ne se vendra d’abord qu’à quelques dizaines d’unités en France, obligeant l’importateur à vite baisser le prix à 278 000 F.

C’est compétitif face aux Audi 100 S4 et Renault Safrane Biturbo, deux rivales à quatre roues motrices, mais cher pour une berline déjà âgée. En clair, la 164 Q4 restera surtout un véhicule-image en attendant l’arrivée en 1998 de sa remplaçante 166, qui n’aura pas droit aux quatre roues motrices…

Combien ça coûte ?
Bien rare (environ 1 500 unités produites), la 164 Q4 a vu sa cote exploser, passant de 5 500 € en 2009 à 25 000 € minimum à l’heure actuelle pour un exemplaire en très bon état. Cela dit, les autos parfaites s’affichent parfois à plus de 40 000 €. Reste à savoir si elles partent à ces prix…

Quelle version choisir ?
Une auto suivie au long de sa vie, donc bien entretenue, même si elle affiche un gros kilométrage.

Les versions collector
Toutes, même en état moyen, vu la rareté de la 164 Q4. A fortiori s’il s’agit d’un exemplaire français d’origine, mieux équipé que ceux vendus sur les autres marchés.

Que surveiller ?
Contrairement à ce qu’on pense, une vraie Alfa est solide mécaniquement, et la 164 Q4 ne déroge pas à cette règle. A la condition expresse d’avoir été soignée, donc vidangée très régulièrement à la 10W60. Ensuite, tous les 60 000 km maxi, il faut changer la courroie de distribution, une opération relativement onéreuse à confier à un habitué du modèle. La boîte Getrag est solide mais la transmission intégrale demande des soins de spécialiste.
Elle n’est pas spécialement fragile, mais doit être vidangée avec la bonne huile, et ses pannes éventuelles, rarement graves (souvent des contacteurs défectueux), exigent les compétences d’un technicien qui la connaît bien. Idem pour les amortisseurs pilotés, que certains spécialistes savent refaire. Pour sa part, la carrosserie résiste efficacement à la corrosion, mais vu son âge, on inspectera les passages de roue et les soubassements. Enfin, l’habitacle vieillit très correctement, malgré de fréquents petits pépins électriques.

Sur la route
La position de conduite, un peu trop haute, ne compte pas parmi les qualités majeures de la 164 Q4. Non plus que l’ergonomie de sa console centrale, très fouillis. Mais dès son réveil, le moteur transcende tout. Sa sonorité grave envahit le cockpit, puis sa douceur séduit le conducteur, qui appréciera ensuite le tempérament de ce V6 qui dévoile un tempérament de plus en plus explosif à mesure qu’il prend des tours. Et à haut régime, sa bande-son se transforme en symphonie aigue aux accents métalliques. Quel moteur !

Tirant étonnamment court, la boîte Getrag lui convient à merveille, d’autant que son maniement est un régal. Quant au châssis, il répond à toutes les attentes placées en lui, la motricité parfaite pouvant engendrer un comportement survireur sur sol gras, quand on sait comment utiliser l’accélérateur. Très équilibré et rassurant sur le sec, il ne manque pas de communiquer, via, notamment, une direction très réussie. L’amortissement, très dur en mode Sport et ferme comme il faut en mode auto rend l’auto vive, mais on l’aura compris, ce n’est pas une reine de confort comme une Audi 100 S4 ou une Safrane Biturbo. Cela dit, son agrément de conduite est sans commune mesure alors que sa consommation (11 l/100 km en moyenne) demeure raisonnable.
L’alternative newtimer
Alfa Romeo 156 Gta (2002– 2005)

S’il faut trouver une autre berline Alfa exceptionnelle dotée du superbe V6 Busso, il n’y a pas loin à chercher : c’est la 156 GTA. Bénéficiant de la mouture la plus puissante du mythique 6-cylindres (3,2 l pour 250 ch), elle n’a pas besoin d’une transmission intégrale pour en passer la cavalerie au sol. Pour ça, la 156 GTA s’en remet à un train avant à double triangulation et un antipatinage électronique, le tout fonctionnant plutôt bien.
Signalée par un kit carrosserie spécifique et une sellerie qui ne l’est pas moins, l’Alfa se décline en berline et en break SW, en boîte manuelle et en robotisée Selespeed, assez peu convaincante cela dit. Qu’importe, le moteur envoûte, les performances séduisent (250 km/h en pointe) et l’efficacité dynamique est bien là. 3 185 berlines et 1 668 breaks SW ont été produits jusqu’en 2005, ce qui en fait une voiture assez rare. Dès 15 000 €.
Alfa Romeo 164 V6 Q4 (1993), la fiche technique
- Moteur : 6 cylindres en V, 2 959 cm3
- Alimentation : injection
- Suspension : jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux, triangles, amortisseurs pilotés, barre antiroulis (AV) ; jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux, bras longitudinaux et transversaux, amortisseurs pilotés, barre antiroulis (AR)
- Transmission : boîte 6 manuelle, quatre roues motrices
- Puissance : 230 ch à 6 300 tr/min
- Couple : 284 Nm à 5 000 tr/min
- Poids : 1 680 kg
- Vitesse maxi : 240 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 100 km/h : 7,5 s (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces d'Alfa Romeo 164, rendez-vous sur le site de La Centrale.








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