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A69 : le péage de la discorde de l’autoroute maudite

Dans Economie / Politique / Budget

Michel Holtz

Promesse de désenclavement du sud du Tarn, l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres s’inaugure dans la douleur. Entre subventions annulées par le Conseil d’État et péage record fixé à 20,40 euros, le nouveau ruban d’asphalte scandalise autant les usagers que ses anciens fervents défenseurs. Radiographie d’un projet trentenaire devenu un gouffre financier.

A69 : le péage de la discorde de l’autoroute maudite
Une nouvelle autoroute que les usagers paient au prix fort (Photo MaxPPP)

Elle devait fluidifier le trafic du sud du Tarn. C’est en partie raté. Car l’autoroute A69, inaugurée ce vendredi 6 novembre entre Toulouse et Castres, après quatre ans de contestations juridiques et écologiques n’en finit pas de faire des vagues.

La dernière en date, c’est le tarif jugé exorbitant du péage, fixé à 20,40 euros aller-retour entre les deux métropoles. Autant dire que les automobilistes de Castres, Puylaurens ou Verfeil qui travaillent à Toulouse, vont continuer d’emprunter la bonne vieille nationale 126 pour aller au bureau chaque matin, sauf à dépenser chaque mois plus de 420 euros pour emprunter le nouveau ruban.

Des subventions retoquées

Pourquoi ce tarif élevé ? Les collectivités territoriales, mais aussi l’État, ont promis des subventions qui devaient faire baisser le prix de ce tronçon de 33 %. Encore raté. Un avis du Conseil d’État a retoqué les 41 millions d’aides proposées, au titre d’un mauvais montage financier. Ce qui explique le tarif actuel du péage.

Ce dernier rebondissement d’un projet qui trouve ses origines en 1994 a transformé l’A69 en une autoroute maudite, dont les travaux ont été arrêtés puis repris à maintes reprises jusqu’à l’aboutissement d’aujourd’hui, contesté par ceux-là mêmes qui l’ont poussé, dont le président PS du département, Philippe Ramond, qui l’avoue : « comme les Tarnais, je me sens trahi ».

Bien sûr, tout le monde n’est pas aussi catégorique sur ces tarifs trop élevés. À commencer par Matias Gerlinger, le directeur général d’Atosca, la société gestionnaire de l’A69. Pour lui, « on n’est pas du tout l’autoroute la plus chère ». Certes, si on compare les 20,40 euros pour 53 km, aux 10,40 euros exigés, aux heures de pointe, pour les 16 km de l’A14 en région parisienne, l’autoroute du Sud-Ouest est moins chère. Mais l’A69 reste néanmoins l’un des tronçons les plus chers en province.

Moins chère que l’A14 ?

Le ministre des transports Philippe Tabarot s’est lui aussi félicité de cette nouvelle infrastructure, expliquant sur X « que nous pouvons nous satisfaire de voir ce projet entrer dans une nouvelle phase. ». Le ministre a posté son message avant de partir sur les lieux de l’accident de car qui a provoqué le décès de deux personnes et en a blessé 20 autres.

Une catastrophe qui s’est déroulée sur une route départementale de l’Ain entre Bourg-en-Bresse et Lyon. Une voie évidemment plus accidentogène qu’une autoroute que l’on emprunte d’autant plus facilement lorsqu’elle est gratuite ou pas très chère.

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