"Grosse pression sur les prix de l'occasion" : La fin de l’âge d’or pour les géants de la location longue durée
Le retournement brutal du marché de l’occasion plombe les résultats financiers des champions de la location durée, principaux fournisseurs des flottes d'entreprises. La fin d’une parenthèse enchantée.

Ils gèrent des flottes de millions de véhicules. Pendant ces trois dernières années, les mastodontes de la location longue durée automobile ont vécu sur un petit nuage financier.
Les résultats du troisième trimestre, publiés cette fin octobre, sonnent le glas de cet âge d’or. Pour Ayvens, Arval et consorts, la corne d’abondance du marché de l’occasion est à sec. Et plombe leurs résultats.
L'âge d'or post-pandémie
Pour comprendre la situation actuelle, il convient de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. Après la pandémie Covid, la pénurie mondiale de semi-conducteurs assèche l’offre de voiture neuve. Faute d’offre de modèles neufs, la demande se reporte sur le marché de l’occasion, entraînant une flambée des côtes pour la seconde main.
Les loueurs qui ont alors vendu leurs véhicules en fin de contrats ont alors engrangé de belles plus-values. La revente, traditionnellement perçue comme un centre de risque à faibles marges, s’est alors transformée en jackpot.
Renversement de tendance
En 2026, la tendance s’inverse. L’offre de véhicules neuf redevient abondante au regard de la demande.Les modèles thermiques sont de plus en plus boudés aux profits de voitures électriques dont les prix du neuf ne cessent de baisser.
Sur le marché de l’occasion, les thermiques et les diesels, longtemps cœur de marché des flottes, deviennent invendables au regard de la transition énergétique et du prix du carburant à la pompe. Tandis que les BEV subissent une décote sévère victimes de la guerre des prix initiés par les néo-constructeurs asiatiques.
169 € de perte par voiture vendue
Dans les comptes de résultat le choc est frontal. Ayvens, filiale de la Société Générale et numéro un mondial du leasing, annonce ce 29 octobre un bénéfice net en recul de 12 % au troisième trimestre à 240 millions d’euros. L’activité revente de véhicules, qui générait 75 millions d’euros de bénéfice sur la même période en 2025, a cette année plongé dans le rouge et accuse une perte de 21 millions d’euros. Sur chaque voiture revendue, Ayvens perd 169 euros net, là où il gagnait 500 euros un an auparavant.
Son concurrent Arval, filiale de BNP Parisbas, subit la même onde de choc. La division de solutions de leasing affiche des revenus en baisse de 29,1 % sur un an. La société impute ce décrochage directement à « la pression continue sur les prix des véhicules d’occasion ».
De précieux et rémunérateurs fondamentaux
Ces entreprises, et les marchés financiers, avaient déjà anticipé cette « normalisation ». Pas de panique donc. S’il n’y a plus de cerise sur le gâteau de la revente, le cœur de métier des loueurs financer des flottes - tourne à plein régime.
Ayvens met en avant la résilience du modèle. Sur les neuf premiers mois de l’année, la rentabilité des capitaux propres se maintient à 13,6 %, sauvée par une solide croissance des contrats de location. En clair, Même si l’entreprise perd de l’argent sur la revente des voitures d’occasion, la machine reste très performante et rapporte toujours plus de 13 € sur 100 € immobilisés.
Arval affiche un produit net bancaire -chiffre d’affaires- en hausse de 12 % sur le trimestre, portée par une flotte en croissance de 6 % avec la finalisation du rachat d’Athlon.
Pour les loueurs, le prochain cycle de croissance se jouera sur l’optimisation des services et la maîtrise du risque résiduel. Avec une électrification des parcs de plus en plus (pré) visble le marché de la transition des flottes ressemble de moins en moins à un saut dans l’inconnu.




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