Gazole en baisse dès ce dimanche : tout ce qui change à la pompe pour la Toussaint
Affichage obligatoire des remises, prêts à taux zéro pour compenser les fonds de cuve payés au prix fort et logistique rodée : le gouvernement entend mettre toutes les chances de son côté pour que la baisse de 12 à 18 cts soit effective et généralisée dès le week-end de la Toussaint.

Pour le gouvernement, la Toussaint n’est pas seulement un week-end sous haute tension en raison des manifs, et de leurs éventuels débordements. C’est aussi celui d’une certaine fébrilité pour que la réduction du prix du gazole de 12 à 18 centimes se réalise correctement dès le dimanche 1er novembre, ou, au plus tard, le lundi 2.
Un dispositif que l’exécutif n’entend pas louper. « Pour une fois qu’on a une bonne nouvelle à annoncer, faut pas se louper » glisse ce conseiller de Bercy. Alors comment faire baisser les tarifs du diesel en une seule journée dans tout l’hexagone sans que l’opération ne coûte des milliards prélevés sur le budget français ?
Un gazole revendu 28 cts du litre aux acteurs de la filière
Chaque pays dispose de réserves de carburants, des stocks stratégiques utilisables en cas de crise majeure, histoire de ne dépendre de quiconque. C’est dans ces stocks que le gouvernement a décidé de prélever 10 millions de barils de gazole, le carburant le plus cher à la pompe actuellement.
Ces barils sont ensuite vendus aux acteurs du marché 28 cts du litre, soit trois ou quatre fois moins que son cours d’aujourd’hui puisqu’il a été acheté avant la crise iranienne.
Évidemment, depuis quelques jours, Bercy multiplie les coups de fil à TotalÉnergies, Leclerc, Intermarché ou Système U pour qu’ils jouent le jeu. Le ministère leur demande même de placer dans leurs stations des panneaux affichant le montant de la baisse de leurs tarifs au litre. D’ailleurs un arrêté au JO a été pris dans ce sens.
« Il s’agit d’une première, reconnaissent les hauts fonctionnaires, et elle nécessite un peu de logistique ». Et pas seulement pour organiser le ballet des camions qui quittent les 10 lieux de stockage des réserves stratégiques. La vente des stocks à prix cassés sera échelonnée sur trois mois à raison de 3,3 millions de barils par mois, et chaque pétrolier, grossiste ou distributeur sera servi selon ses parts de marché.
Les stations joueront-elles le jeu ?
Pour autant, les cuves des stations-service ne seront pas vides comme par miracle le 31 au minuit pour être remplacé par du gazole discount le lendemain matin. Ces fonds de cuve seront donc vendus à perte par les stations qui bénéficieront de facilités de trésorerie et de prêts à taux zéro durant cette période. Un recours d’autant plus nécessaire pour les stations de montagne ou celles qui sont isolées et qui nécessitent plus de temps pour être approvisionnés.
Reste la question que tout le monde se pose : est-ce que les différents acteurs de la filière vont réellement jouer le jeu ? Le gouvernement explique que les Français vont attendre au tournant les stations qui ne misent pas pas sur la baisse. Si tel est le cas, elles seront boycottées et que leur clientèle se reportera sur les autres. À l’instar du phénomène des prix bloqués chez TotalÉnergies.
Le pétrolier a vu ses parts de marché en France passer de 23 % à plus de 30 % en l’espace de 6 mois. Au détriment des autres distributeurs. Et pour garder ses fidèles, le pétrolier anticipe la baisse générale qui démarre dimanche en passant son gazole à 2,15 euros dès samedi dans 705 de ses stations qui représentent 60 % de son réseau. Une manière de couper les pieds de Bercy, 24h avant la mise en place de son plan.





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