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Cette berline allemande vaut tellement mieux que son image de voiture de gangster !

Dans Rétro / Youngtimer

Stéphane Schlesinger

La BMW Serie 5 E12 a totalement renouvelé le look des BMW à sa sortie en 1972 : une voiture importante et surtout très agréable à conduire une fois dotée du 6 cylindre 2,8 l en version 528. À acheter avant que la côte ne devienne trop déraisonnable.

Cette berline allemande vaut tellement mieux que son image de voiture de gangster !

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !

Longtemps perçue comme une vieille bagnole d'occasion, à cause de ses lignes très verticales, longtemps considérée comme une voiture de gangsters (merci Jacques Mesrine), la Bmw Serie 5 E12 est enfin entrée en collection. Pourquoi ?

Parce qu'elle incarne un renouveau de la marque de Munich et surtout, une fois dotée du 6-cylindres en ligne 2,8 l dans sa version 528, elle réalise une synthèse entre sportivité, rapidité et confort qui servira d’étalon à toute la concurrence, au sein des grandes berlines. Encore plus performante une fois dotée de l'injection, la Bmw 528 est devenue extrêmement rare mais ses performances et sa polyvalence en font une auto toujours très agréable à utiliser. A préserver d'urgence !

Apparu en 1970, le concept Bertone Garmisch, sur base BMW 2002, a certainement inspiré le design de la future Série 5 E12.
Apparu en 1970, le concept Bertone Garmisch, sur base BMW 2002, a certainement inspiré le design de la future Série 5 E12.

Marcello Gandini ou Paul Bracq ? En fait un peu des deux, le premier a produit chez Bertone un concept très intéressant, la Garmisch, qui en 1970 annoncé le futur du design BMW. À partir de cette berline à deux portes, Bracq a élaboré le design de celle qui allait totalement refondre l'image qu'on a de la marque de Munich.

La première BMW Série 5 à 6 cylindres apparaît en 1972, c'est la 525, armée d'un 2,5 l de 150 ch. Le meilleur reste à venir.
La première BMW Série 5 à 6 cylindres apparaît en 1972, c'est la 525, armée d'un 2,5 l de 150 ch. Le meilleur reste à venir.

En effet celle-ci ne produisait au tournant des années 70 que quatre modèles dont trois dérivant de la Neue Klasse sortie en 1961. Autant dire qu'il y avait péril en la demeure allemande ! BMW a réagi en changeant son fusil d'épaule sous la forme d’un modèle inédit qui irait vers plus de confort et moins de sportivité tout en adoptant une nouvelle dénomination par série. Cette auto importante, c'est la Série 5 E12 présentée en 1972.

Fin 1973, au salon de Francfort, apparaît le haut de gamme qui changera tout : la 528, dotée d'un 2,8 l de 165 ch. Freins et trains roulants sont adaptés, mais l'apparence ne trahit en rien la hausse de puissance.
Fin 1973, au salon de Francfort, apparaît le haut de gamme qui changera tout : la 528, dotée d'un 2,8 l de 165 ch. Freins et trains roulants sont adaptés, mais l'apparence ne trahit en rien la hausse de puissance.

Sa ligne conserve l'avant « Shark nose » des typiques de la marque mais pour le reste, elle se signale par une grande modernité. Les trains roulants sont indépendants avec des bras obliques à l'arrière, alors que le moteur à 6 cylindres en ligne est de la partie, d’abord en 2,5 l. La grosse évolution se situe dans l'habitacle doté d'un confort et d'une finition inhabituels pour BMW. C'est dire si le niveau était élevé ! Pour sa part, la coque bénéficie d'une sérieuse étude contre les chocs  : la Série 5 E12 s'inscrit parfaitement dans son époque sécuritaire.

La structure de la BMW Série 5 E12, inédite, a été sérieusement étudiée pour protéger des chocs : les années 70, on l'a oublié, sont celles où l'on a vraiment commencé à s'intéresser à la sécurité passive.
La structure de la BMW Série 5 E12, inédite, a été sérieusement étudiée pour protéger des chocs : les années 70, on l'a oublié, sont celles où l'on a vraiment commencé à s'intéresser à la sécurité passive.

Cela dit il faut attendre 1973 pour voir arriver un moteur vraiment puissant : le 2,8 l M 30 développant 165 ch. Il anime la version 528 qui devient une rivale très dangereuse à la Mercedes 280 W114. En clair cette familiale cossue est capable de flirter avec les 200 km/h dans un confort certain. Toutefois, si la 528 bénéficie de quatre freins à disques (ventilés à l'avant) et d'une suspension affermie, elle se contente de deux carburateurs et d'une boîte à 4 vitesses. Cela ne l'empêche pas de s'afficher à un prix très élevé : 49 500 francs, soit 45 790 € actuels selon l'Insee.

Les premières BMW Série 5 s'équipene d'un capot à bossage central, détail qui sera vite corrigé.
Les premières BMW Série 5 s'équipene d'un capot à bossage central, détail qui sera vite corrigé.

À ce tarif, on a droit à l'intérieur en velours, au siège réglable en hauteur - tout comme le volant - mais pas aux vitres électriques ni même à la fermeture centralisée. Un peu chiche ! Heureusement la liste d'options très longue permet de corriger ce défaut. La 528 n'en connaît pas moins un certain succès, et évolue dès août 1976.

Là, le capot est modifié, le bossage central étant remplacé par une nervure longitudinale. Les feux arrière s'agrandissent et la trappe à essence change de côté. En 1977, en septembre, une nouveauté plus importante est révélée : l'injection électronique Bosch L-Jetronic qui porte la puissance à 177 ch dans la version 528i (la 528 grimpe alors à 170 ch).

Initialement, la BMW 528 E12 reçoit de petits feux arrière, dès 1973. Les coloris de l'époque, alliés aux chromes, lui confèrent un charme incroyable 
Initialement, la BMW 528 E12 reçoit de petits feux arrière, dès 1973. Les coloris de l'époque, alliés aux chromes, lui confèrent un charme incroyable 

De plus, une boîte à 5 vitesses est désormais proposée, qui laissera le choix entre deux étagements, long et court. Les performances progressent nettement et la 528i conforte son image de berline sportive. A fortiori en 1978 quand la cavalerie est boostée à 184 ch permettant à la BMW de frôler les 210 km/h. De menues évolutions interviendront avant son retrait en juin 1981, où elle est alors remplacée par l’E28 qui en est une profonde évolution.

Après un nouveau capot en 1976, la BMW 528 arbore un i (pour injection) en 1977, sa puissance passant à 177 ch.
Après un nouveau capot en 1976, la BMW 528 arbore un i (pour injection) en 1977, sa puissance passant à 177 ch.

Combien ça coûte ?

Une belle BMW 528 E12 coûte entre 14 000 € et 18 000 €, l'état comptant bien plus que le kilométrage. Cela dit si ce dernier est extrêmement faible il aura un impact sur la valeur. Pour sa part, la 528i, plus prisée, et davantage cotée, évolue entre 18 000 € et 25 000 €. Certains éléments pourront faire évoluer la valeur vers le haut comme une boîte 5 sport, un toit ouvrant ou encore un intérieur en cuir. Si, de surcroît, on a un historique complet, la valeur peut dépasser les 30 000 €.

1976 voit l'arrivée de feux arrière agrandis sur la BMW 528, alors que dès 1978, la 528i grimpe à 184 ch. Appuie-têtes arrière et vitres teintées demeurent en option...
1976 voit l'arrivée de feux arrière agrandis sur la BMW 528, alors que dès 1978, la 528i grimpe à 184 ch. Appuie-têtes arrière et vitres teintées demeurent en option...

Quelle version choisir ?

D'abord celle qui sera dans le meilleur état possible. Ensuite une 528I à 5 vitesses sera plus agréable et performante qu'une 528 boîte 4 mais évidemment plus chère.

La BMW528 bénéficie de légères retouches pour 1980 : lettrage modifié au-dessus du feu arrière droit, nouveau rétroviseur extérieur.
La BMW528 bénéficie de légères retouches pour 1980 : lettrage modifié au-dessus du feu arrière droit, nouveau rétroviseur extérieur.

Les versions collector

Toutes, même en état moyen. Des coloris originaux, un historique limpide et des options nombreuses accentueront le côté collector de la 528.

Le 6-en-ligne M30 de la BMW 528 est d'une grande endurance si son circuit de refroidissement a été soigneusement entretenu. Cela dit, la rouille est endémique...
Le 6-en-ligne M30 de la BMW 528 est d'une grande endurance si son circuit de refroidissement a été soigneusement entretenu. Cela dit, la rouille est endémique...

Que surveiller ?

Le gros défaut de la 528, à carburateurs ou à injection, c'est d'abord et avant tout la corrosion. C'est elle qui va déterminer si un exemplaire est à acheter ou pas. Elle attaque en particulier les tourelles de suspension avant, un point très sensible, les bas de caisse et les planchers. Faites très attention, une peinture rutilante peut cacher une tôlerie complètement pourrie !

Ensuite il faudra surveiller l'état du circuit de refroidissement notamment le viscocoupleur de ventilateur : s'il est en mauvais état, il pourra entraîner le surchauffe qui se soldera par une culasse vrillée. Cela dit, bien entretenu le moteur M30 est très robuste et sa distribution par chaîne facilite l'entretien. Pas de souci particulier côté boîte ni côté suspension, ces éléments vieillissant de façon classique.

Pour sa part l'habitacle et très solide mais finit tout de même par afficher son usure  : la coiffe du tableau de bord se fend et le velours des sièges se râpe voire se troue. Attention les pièces détachées ne sont pas toujours disponibles et peuvent coûter très cher.

Moteur performant, boîte agréable à manier, comportement sain : la BMW 528i E12 est un régal à conduire, du moins sur le sec. Ici en 1978.
Moteur performant, boîte agréable à manier, comportement sain : la BMW 528i E12 est un régal à conduire, du moins sur le sec. Ici en 1978.

Sur la route

À l'époque, on a beaucoup critiqué l'austérité des habitacles BMW mais aussi apprécié leur élégance. Tout ceci se vérifie avec la 528i, mais il faut mentionner également son excellente ergonomie et son siège ferme mais très agréable à la longue. Au démarrage le moteur émet un bruit sympa mais pas si mélodieux alors que la boîte est très plaisante à manier.

Cette berline allemande vaut tellement mieux que son image de voiture de gangster ! Ergonomie limpide, finition de premier plan, dessin très élégant : le tableau de la BMW 528i E12, ici en 1980, est un modèle du genre.

Le 6 cylindres en tout cas régale par sa souplesse et son allégresse à monter en régime tout en administrant une poussée encore impressionnante. Mamie marche très fort ! Le châssis est tout à fait à la hauteur, avec une direction précise et informative ainsi qu'un très bel équilibre général. Certes la suspension ne peut contenir le roulis comme on voudrait mais elle préserve une très bonne tenue de route même sur chaussée dégradée.

L'habitabilité arrière ne compte pas parmi les qualités majeures de la BMW Série 5 E12...
L'habitabilité arrière ne compte pas parmi les qualités majeures de la BMW Série 5 E12...

On fera tout de même attention sur le mouillé ! Le confort atteint un niveau correct et l'insonorisation étonne toujours BMW a fait du bon travail. Enfin côté consommation, tablez sur 13 l/100 km en moyenne.

 

L'alternative newtimer

BMW 528i E39 (1995 – 2001)

La Série 5 E39, révélée en 1995, représente la quintessence de la BMW classique, par son design, sa conception et sa qualité de fabrication exceptionnelle.
La Série 5 E39, révélée en 1995, représente la quintessence de la BMW classique, par son design, sa conception et sa qualité de fabrication exceptionnelle.

Si la Série 5 E12 a établi de nouvelles normes de finition chez BMW, sa descendante E39 a procédé de même dès 1995. Elle marque peut-être le sommet de la marque bavaroise en la matière. Très aérodynamique avec un Cx de 0.26, elle préserve tout de même une grande élégance, et accueille ses passagers dans un habitacle somptueux pour peu qu'on ait choisi les bonnes options.

Dans la gamme très riche de moteurs, on trouve un 2,8 l de 193 ch dans la version 528i. Ce 6-cylindre emmène la voiture à 236 km/h dans un grand confort et une sécurité optimale : merci au nouvel essieu arrière multibras. En 2001, à l'occasion d'une mise à jour, le 2,8 l disparaît et avec lui la version 528I. Pour sa part la série 5 E39 durera jusqu'en 2003 où elle sera remplacée par la Série 5 E60 qui marquera une dégradation notable côté finition. À partir de 7 000 € en très bon état.

BMW 528i 1978, la fiche technique

  • Moteur : 6 cylindres en ligne, 2 788 cm3
  • Alimentation : injection électronique
  • Suspension : jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux, amort, barre antiroulis (AV) ; bras obliques, ressorts hélicoïdaux, amort., barre antiroulis, correcteur d'assiette (AR)
  • Transmission : boîte 4 ou 5 manuelle, ou 3 auto, propulsion
  • Puissance : 184 ch à 5 800 tr/min
  • Couple : 240 Nm à 4 200 tr/min
  • Poids : 1 410 kg
  • Vitesse maxi : 208 km/h (donnée constructeur)
  • 0 à 100 km/h : 9,3 secondes (donnée constructeur)

> Pour trouver des annonces de BMW Série 5 E12 rendez-vous sur le site de La Centrale.

 
 

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