Du Groenland à l'Italie : Les déplacements de J.D Vance échauffent le bitume et les esprits
Le vice-président américain J.D Vance a fait irruption sur la scène mondiale avec arrogance et des positions anti-Europe. Chacune de ses visites sur le « Vieux continent » suscite l'agacement voire l'hostilité. Dans le viseur notamment, la cohorte de véhicules au service de sa sécurité et de son confort.

Jamais dans l'histoire récente des Etats-Unis un vice-président n'avait pris autant de place dans l'actualité. C'est pourtant le cas de James David Vance (né James Donald Bowman), plus connu sous le nom de J.D Vance.
A 41 ans, l'ancien sénateur Républicain de l'Ohio, avec son physique de postulant pour le casting des Feux de l'Amour, est parvenu à s'imposer à la Maison-Blanche et sur la scène internationale en un temps record.
Son credo : vanter l'idéologie protectionniste et isolationniste de l'« America First » tout en relayant sans le moindre complexe et la moindre diplomatie les désirs expansionnistes et guerriers de Donald Trump, son « boss », comme il dit.
Flotte inédite pour un numéro 2

Vance court ainsi le monde depuis 18 mois, de déplacement en déplacement, de la France au Pakistan, avec ses escortes motorisées fastueuses et inhabituelles pour sa fonction. Partout où il débarque, il vante « son » Amérique et, a contrario, critique ouvertement ses hôtes, quitte à se mettre à dos volontairement une partie de la planète et en particulier les Européens, historiquement les plus fidèles alliés des USA.
Vu d'Europe, il est clair que le personnage irrite la sphère politique et l'opinon publique. Depuis qu'il a brocardé les dirigeants européens à Munich lors d'une conférence sur la sécurité le 14 février 2025, puis tenté d'humilier le président ukrainien Volodymyr Zelensky quelques jours plus tard dans le Bureau ovale en lui donnant des leçons de résistance et de gratitude, le torchon brûle entre les deux rives de l'Atlantique. Si bien que les visites répétées de Vance sur le « Vieux continent » suscitent depuis de plus en plus de défiance et d'hostilité.
D'autant que l'intéressé, qui reconnaît volontiers être prétentieux, apprécie qu'on l'écoute religieusement et qu'on le remarque en toute circonstances. La flotte de véhicules qui l'accompagne est ressentie à ce titre par nombre d'Européens comme un symbole de cette arrogance extrême. On dénombre à chacune de ses sorties pas moins de 40 voitures et utilitaires chargés de sa sécurité et de son confort personnel.
Manque que les meubles...

A en croire ce défilé automobile sans fin et les avions de fret C-17 de l'US Air Force qui précèdent chaque rendez-vous international à l'agenda, certains observateurs se demandent même si le dauphin de Trump n'emmène pas ses meubles avec lui à chaque voyage.
Parmi les modèles de rutilants black cars qui suivent systématiquement le vice-président, on recense une dizaine de SUV XXL, mesurant chacun allègrement les 5 mètres de long pour deux mètres de large. Ce sont pour l'essentiel des Chevrolet Suburban blindés et suréquipés. Parallèlement, on dénombre toujours aussi un énorme pick-up Ford F-550 spécifiquement carrossé pour assurer la surveillance.
Lors de sa venue au Groenland le 28 mars 2025, visite percue comme une provocation par les autorités locales et danoises, son escorte a dû pour le coup se contenter de faire des « ronds » au pied de l'avion, sur la base militaire américaine de Pittufik, située à la pointe nord-ouest de l'île.
Du côté de la capitale, Nuuk, quelque 1500 km plus au sud, et partout à travers cet immense territoire, le comité d'accueil s'annonçait en effet trop glacial pour que Vance ose s'aventurer paisiblement comme en terrain conquis. « Le Groenland n'est pas à vendre ! », criaient haut et fort les 56 000 habitants dès les jours précédents.
Pause fraîcheur au Groenland

Ils se refusaient d'avance à voir ces Chevrolet venues de Washington fouler leurs paysages enneigés. Mieux, ils se refusaient tout simplement à recevoir sur leurs terres cette doublure de Trump prompte à acheter leur île et leurs valeurs comme on achète une avenue au Monopoly.
Le séjour a donc viré à la déroute verglacée pour Vance. Prenant soudain la mesure du vent d'inimitié groenlandais à son égard, il a en effet été contraint de redécoller de Pittufik, non pas pour Nuuk mais directement pour les Etats-Unis... L'opportunité pour lui de chercher momentanément de nouvelles cibles.
Des cibles au coeur de l'Europe notamment. Illustration lorsque après avoir qualifié le Royaume-Uni de « pays islamiste » , il s'est déplacé tel un monarque dans le sud de Londres, privatisant le château d'Hampton Court puis rejoignant le Kent pour des vacances d'été en famille, suscitant une nouvelle fois sur son passage l'agacement et les protestations.
Le convoi vice-présidentiel a également fait une étape remarquée en Italie. Là-bas, en avril 2025, son escouade composée de SUV Chevrolet, mais aussi de Range Rover, de berlines Ford et BMW, de vans Mercedes et de 4x4 Toyota, a paralysé les rues de Rome et du Vatican à l'occasion d'une visite qui se voulait autant personnelle qu'officielle.
A la sauce milanaise

Même branle-bas de combat en février dernier lors des Jeux Olympiques de Milan-Cortina. Le voyage du natif de Middleton, de son épouse et de leurs trois enfants dans le cadre de la cérémonie d'ouverture a provoqué des embouteillages monstres et fait chauffer le bitume dans le centre historique de la métropole lombarde. Pendant ce temps, Giorgia Meloni, la Présidente du Conseil italien, se rendait à l'événement avec une garde rapprochée réduite au minimum.
Face à la bronca populaire suscitée (bronca contre Vance et contre la milice « anti-immigration » ICE potentiellement infiltrée aux JO), une vingtaine de carabiniers à moto et une bonne dizaine d'Alfa Romeo Stelvio de la police locale ont dû être mobilisés préventivement pour escorter...l'escorte américaine du bras droit de Trump.
Cette bulle de sécurité n'a pour autant pas refroidi durablement l'élan des manifestants. Ils ont ensuite copieusement hué le représentant américain dès son apparition dans le stade San Siro. Une fois encore, J.D Vance a pu tester sa popularité sur le sol européen...



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