Mort de Lady Di : la princesse dans une Mercedes Classe S invitée de la dernière heure
Au matin du 31 août 1997, le monde apprenait le décès de Diana Spencer suite à un accident de la route à Paris. Peu après minuit, pour fuir les paparazzi, l'ex-Princesse de Galles avait embarqué avec son compagnon à l'arrière d'une Mercedes S280 de location mise à disposition par le Ritz.

Jour de deuil en cette veille de rentrée. L’onde de choc est mondiale lorsque le 31 août 1997 à l’aube, le grand public apprend la mort de Diana Spencer. L'ex-Princesse de Galles, mère des princes William et Harry (15 et 12 ans à l'époque), est décédée dans la nuit à Paris, des suites d’un terrible accident de voiture, à l’âge de 36 ans.
Celle que l’on surnommait Lady Di, qui était restée à jamais « la princesse des cœurs » des Britanniques depuis sa séparation avec le Prince Charles en 1992 et son divorce acté quatre ans plus tard, était arrivée la veille dans la capitale française, au bras de son nouveau compagnon, le producteur de cinéma et homme d'affaires égyptien Dodi Al-Fayed.
Lady Di se sent traquée
Leur idylle était née début juillet à Saint-Tropez. Depuis, ils étaient épiés aux quatre coins de l’Europe par les paparazzi. Leur déplacement parisien, prévu pour durer quelques jours, n’avait manifestement pas failli à la règle. Dès la sortie de l’aéroport du Bourget, le 30 août en milieu d’après-midi, plusieurs motos de presse filaient en effet déjà le train à leur Mercedes 600 et à leur Range Rover Classic LSE Autobiography chargé de transporter leurs bagages.
Afin de se mettre « à l’abri», Diana et Dodi rejoignent directement la Place Vendôme (dans le 1er arrondissement) et plus précisément le Ritz, le palace propriété du milliardaire Mohamed Al-Fayed, le père de Dodi. Le couple en ressort en début de soirée, tentant d’effectuer quelques allées et venues dans le centre de Paris, avec rapidement, sans surprise, une grappe de photographes sur leurs talons...
C’est peu avant 22 heures qu’ils reviennent au Ritz par l’entrée principale, escortés par Treevor Rees-Jones, leur garde du corps. C’est bien ici, à la table de l’établissement, et non pas dans le Marais (dans le 4e), au restaurant « Benoît », comme prévu initialement, qu’ils dînent finalement en amoureux, plus ou moins à l’abri des regards.
Une voiture et un chauffeur imprévus

Il est minuit. Le dîner a pris fin. Le couple souhaite rejoindre la résidence parisienne de Dodi Al-Fayed. Sauf que la façade avant du Ritz est noire de paparazzi et qu’il faut élaborer en urgence une ruse pour sortir de ce traquenard sans être vus.
C’est ainsi qu’en lien avec la direction de la sécurité du Ritz, il est décidé de positionner en guise de leurre la Mercedes 600 du couple devant le Palace, avec leur chauffeur habituel au volant. Pendant ce temps, Diana et Dodi empruntent une issue à l’arrière, donnant sur la Rue Cambon, pour rejoindre la banquette d'un véhicule dépêché à la dernière minute.
Il s’agit d’une Mercedes mise à disposition par l'hôtel, une Classe S280 appartenant à la société de location Etoile Limousines. Au volant de ce modèle de 5 mètres immatriculé 688 LTV 75, doté d'un moteur 6 cylindres déployant 190 chevaux, c’est Henri Paul, 41 ans, n°2 de la sécurité du Ritz, qui a été rappelé de ses congés dans la soirée.
Il est 0h20 lorsque le cortège improvisé s’élance. Sauf que la berline noire est aussitôt repérée par des photographes, puis prise en chasse. Une course s’engage alors dans cette partie de la capitale, par-delà la Place de la Concorde et les Quais de Seine. C’est quelques minutes plus tard, peu avant 0h30, que va survenir le drame...
Alors que la Mercedes S280 vient d'entrer à vive allure dans le tunnel du Pont de l’Alma (côté 8e arrondissement), à une vitesse estimée après enquête entre 115 et 150 km/h (au lieu des 50 km/h autorisés), elle aurait heurté légèrement l’arrière d’une Fiat Uno blanche. Henri Paul aurait ensuite perdu le contrôle de la berline allemande, percutant d’abord le trottoir de droite avant de s’encastrer avec une violence inouïe dans le treizième pilier du tunnel…
Lourd bilan : Diana s'éteint à la Salpêtrière

Henri Paul et Dodi Al-Fayed sont tués sur le coup. Le garde du corps Trevor Rees-Jones* est grièvement blessé, tout comme Diana Spencer. Après avoir été désincarcérée très difficilement et avoir reçu de premiers soins d’urgence sur place, l’ancienne Altesse royale est transportée à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (à 6 km de là) dans un état désespéré. Victime d’une hémorragie interne, elle y décédera vers 4 heures du matin.
Au temps de l’émotion nationale et internationale s'est invité quasi simultanément le temps des responsabilités. Une double enquête, menée à la fois par la police française (brigade criminelle) et par Scotland Yard. Des pistes les plus farfelues jusqu'aux thèses les plus sensibles, comme cette suspicion d'attentat fomenté par le MI6 (les Services secrets britanniques), les autorités des deux pays ont passé des années à investiguer, à expertiser.
Ce travail leur a permis de mettre hors de cause le mystérieux conducteur de la Fiat Uno (ndlr : un employé de sécurité identifié 10 ans après. Sa voiture avait été repeinte en rouge suite à l'accident) ainsi que les neuf paparazzi mis en examen, puisqu’au moment du drame, ces derniers avaient semble-t-il été semés et se trouvaient à plusieurs centaines de mètres derrière le véhicule qui transportait Diana.
La Classe S, déjà accidentée par le passé

Les juges français et britanniques ont en définitive retenu une seule thèse commune, celle d’un accident de la route causé par la combinaison d'une vitesse excessive et par l’état d’ivresse du chauffeur (taux d'alcoolémie d'1,75 gramme). En outre, l’enquête ne s’est officiellement pas focalisée sur l’historique technique préalable de la Mercedes S280 pour expliquer la perte de contrôle. Version avancée : il n'y a pas de lien entre les réparations passées et les causes de l'accident.
En 2017, dans son livre intitulé « Qui a tué Lady Di ? », le journaliste-écrivain Jean-Michel Caradec’h affirmait pourtant, après avoir eu accès aux milliers de pages du dossier d’instruction, que la berline était loin d’être flambant neuve au moment des faits.
« C’était une épave », révélait-il même, s'appuyant sur différents témoignages. La Classe S millésime 1994 utilisée cette nuit-là aurait en fait été lourdement endommagée quelques années plus tôt (confirmé par l’enquête) suite à une sortie de route et plusieurs tonneaux. Elle aurait été confiée ensuite à une casse, avant d'être finalement réparée, remise en circulation puis revendue en 1996 par un distributeur Mercedes-Benz à la société de location avec laquelle travaillait le Ritz.
Aujourd’hui, près de 30 ans après le drame, et à défaut de nouveaux éléments probants susceptibles de faire rouvrir l’enquête, la mort brutale de Lady Diana continue de susciter a minima une passion populaire, au Royaume-Uni bien sûr, mais aussi à Paris, où des touristes du monde entier viennent quotidiennement se recueillir sur « la Place Diana », au pied de La flamme de la Liberté et du Pont de l’Alma.
* Trevor Rees-Jones a été le seul survivant. Resté à l’époque dix jours dans le coma et victime d'amnésie, il dira n’avoir aucun souvenir des circonstances de l’accident.

















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