Du son, de la beauté et de l’économie, et si c’était la meilleure Alfa 156 ?
Dotée du 5 cylindres, l’Alfa 156 associe sa beauté à une mécanique tonique, mélodieuse et frugale. Ces qualités essentielles sont accessibles à un prix dérisoire, associées de surcroît à un charme youngtimer qui ne gâche rien…

La 156, c’est la quintessence de l’esprit Alfa avec une technologie… Fiat. En effet, la milanaise repose sur une plate-forme modifiée de Tipo. Mais le géant italien, propriétaire du Biscione, a eu l’intelligence de lui accorder un certain raffinement technologique.
Par exemple, la 156 a droit à un train avant à double triangulation et un essieu arrière multibras, même si son intérêt majeur n’est pas là. Certains penseront qu’il s’agit de sa ligne magnifiquement dessinée par Walter de’Silva, mais il y a plus important encore. En effet, l’Alfa inaugure une technologie qui sera reprise par l’intégralité des constructeurs de diesels : le common-rail, ou rampe commune, permettant une injection de carburant à une pression record : 1 350 bars ici.

Couplé à une pompe pilotée, la rampe commune autorise une gestion plus fine que jamais du gasoil, d’où plus un rendement amélioré et un bruit réduit. Développée par Fiat, industrialisée par Bosch qui en a racheté le brevet, elle était initialement destinée d’abord à la Lancia Lybra, apparemment. Seulement, le développement de celle-ci a été retardé et c’est la 156 qui en a eu la primeur, lui permettant de frapper un grand coup à son lancement fin 1997. L’Alfa avait tout pour elle, beauté, technologie, agrément, performances, ce qui lui a valu d’être élue Voiture de l’année 1998.

En diesel, elle dispose de deux blocs, un 4-cylindres 1,9 l et surtout un 5-cylindres 2,4 l. Développant 136 ch (pour 304 Nm) et doté d’un turbo à géométrie variable, ce dernier emmène l’italienne à plus de 200 km/h, ce qui est alors encore relativement rare pour un diesel, et lui fait franchir les 100 km/h en 9,4 s. Le tout se facture 167 000 F (39 700 € actuels selon l’Insee), ce qui comprend un équipement plutôt fourni : 4 vitres et rétros électriques, clim auto, airbag passager, trappe à ski, volant et levier de vitesses en bois…

La 156 connaît un joli succès commercial et voit sa gamme se développer rapidement : en 2000, elle se décline en un break SW, très stylé mais peu spacieux, qui a toutefois le mérite d’apporter un hayon et une banquette rabattable, puis en 2001, en passant à la norme Euro III, le 2,4 l grimpe à 140 ch. En 2002, la 156 bénéficie d’un très léger restylage, touchant à la console centrale, cependant que le GPS, le régulateur de vitesse et l’ESP deviennent disponibles. Le moteur passe à 150 ch.

Fin 2003, la 156 est plus extensivement retouchée par un Giugiaro qui lisse la face avant. Sous le capot, le 2,4 l gagne une culasse à 20 soupapes, qui booste la puissance à 175 ch. Désormais, la 156 2.4 JTDm (avec un m comme Multijet) pointe à 225 km/h : sportive ! Mais c’est le début de la fin pour l’Alfa, qui est remplacée en 2005 par la 159, tout aussi belle mais moins vive et plus chère…

Combien ça coûte ?
En train de nettement se raréfier, l’Alfa 156 voit ses cours grimper, y compris en 2,4 l. Actuellement, pour un bel exemplaire en 10 soupapes se négocie entre 4 000 € et 6 000 €, suivant qu’il se situe au-delà des 200 000 km ou plus près des 100 000 km. En 20 soupapes, ajoutez 1 000 €.

Quelle version choisir ?
D’abord, celle qui se présente dans le meilleur état et bénéficie du suivi le plus complet. Ensuite, la 175 ch, par ses performances, est considérée par la plus désirable, mais certains préfèrent l’avant non restylé. Autant alors opter pour une 150 ch, un peu plus agréable à conduire.

Les versions collector
Ce sont surtout les exemplaires en parfait état d’origine et totalisant moins de 50 000 km. Il doit en rester moins que de Ferrari 250 GT SWB…

Que surveiller ?
Même si elle a été une pionnière technologique, l’Alfa 156 2.4 JTD est très fiable mécaniquement, y compris du côté de son système d’alimentation révolutionnaire. Celui-ci a certes connu des avaries en tout début de carrière mais le réseau les a corrigées efficacement, de sorte que tout est résolu depuis plus de 25 ans. De la même manière, le turbo du moteur 136 ch a connu des casses qui ont été vite corrigées.
Il n’y a pas de filtre à particules sur ce 2,4 l, soit une source d’ennuis en moins. En revanche, la vanne EGR peut se colmater, et divers capteurs dysfonctionner. Cela dit, la principale source de dépenses sera le changement de courroie de distribution (avant 100 000 km), une opération complexifiée par le manque d’accès et la présence d’un arbre d’équilibrage. Vers les 80 000 km, les silentblocs de train avant sont généralement à refaire.
Dans l’habitacle, le témoin d’airbag est souvent allumé, et la trappe dudit airbag côté passager a tendance à rebriquer. Les petits dysfonctionnements électriques sont assez communs mais toujours bénins, mais la rigueur de l’assemblage peut nettement varier d’un exemplaire à l’autre. Enfin, avec l’âge, la corrosion attaque parfois le châssis.

Sur la route
La finesse et la compacité de l’Alfa 156 sont réjouissantes à l’heure actuelle. Dans l’habitacle, on apprécie le tableau élégant et original, sans écran pour détourner votre regard de la route. De plus, la position de conduite, irréprochable, s’accompagne d’un bon siège. Au démarrage, certes on ressent de menues vibrations, mais la sonorité du 5-cylindres 175 ch surprend agréablement.

Sa souplesse aussi : vigoureux dès 1 600 tr/min, il passe sans rechigner les 4 000 tr/min dans une bande-son rauque qui donne envie de le solliciter plus que de raison. D’autant qu’il autorise des reprises excellentes sur tous les rapports. Onctueux et discret, ce bloc diesel dispense un plaisir inattendu, bien secondé par une boîte 6 très plaisante à manier.

La direction, précise, rapide et informative, renforce l’agrément de conduite, tout comme le comportement routier très rigoureux, voire agile. On peut tout à fait mener sportivement cette berline au mazout ! On regrettera juste des percussions de suspension sur mauvaise route. Enfin, en roulant sans excès, la 156 2.4 se contente de 6,5 l/100 km.
L’alternative youngtimer
Alfa Romeo 75 2.4 TD (1988 – 1992)

Cas rare mais pas gravé dans le marbre, la 75 doit son nom au fait que sortie en 1985, elle marque le 75e anniversaire d’Alfa Romeo. Sa carrosserie bien de son époque, toute en angles, cache une plate-forme et une mécanique d’Alfetta (donc remontant à 1972), mais les amateurs apprécient ses roues arrière motrices et son schéma Transaxle, où la boîte s’installe dans la poupe.
Sous le capot, le diesel arrive dès le début, il s’agit d’un 2,0 l turbo VM Motori à 4 culasses séparées et distribution par arbre à cames latéral et cascade de pignons développant 95 ch. Plus intéressant est le 2,4 l de 110 ch installé dès 1988, car il autorise de belles performances pour l’époque : maxi de 185 km/h, pour un 0 à 100 km/h en 11,7 s. On peut donc associer punch mécanique, plaisirs de propulsion et consommation raisonnable sous le badge Alfa ! La 75 disparaît en 1992, remplacée par la 155. Dès 5 000 €.
Alfa Romeo 156 2.4 JTDm (2004), la fiche technique
- Moteur : 5 cylindres en ligne, 2 387 cm3
- Alimentation : injection à rampe commune, turbo
- Suspension : jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux, double triangulation barre antiroulis (AV) ; essieu multibras, ressorts hélicoïdaux barre antiroulis (AR)
- Transmission : boîte 6 manuelle, traction
- Puissance : 175 ch à 4 000 tr/min
- Couple : 385 Nm à 2 000 tr/min
- Poids : 1 385 kg
- Vitesse maxi : 225 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 100 km/h : 8,3 s (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces d'Alfa Romeo 156 JTD, rendez-vous sur le site de La Centrale.











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