GPS au volant : ce réflexe quotidien qu'on a tous et qui serait redoutable pour notre mémoire
Le GPS, Waze et tout autre moyen de guidage numérique sont très efficaces pour nous amener d’un point A vers un point B. Mais saviez-vous que se faire sa propre carte mentale est bon pour le cerveau ?

Tout comme les GPS, notre cerveau est capable de créer sa propre carte de l’environnement pour nous aider à nous orienter dans des endroits que nous avons visités. Plus on fait attention à notre environnement lors de voyages, plus la carte devient précise. En clair, plus on se détache du GPS, plus notre cerveau crée de bonnes cartes. En effet, lorsqu’on utilise un moyen de guidage, on le suit sans trop réfléchir. Il nous dit de tourner à droite, on tourne à droite. Alors que sans GPS, nous sommes davantage amenés à réfléchir au trajet.
Selon une étude réalisée en 2024 et publiée dans la revue médicale britannique The BMJ, cette activité pourrait être bénéfique pour le cerveau et la santé en général sur le long terme, et pourrait réduire la probabilité de décès dus à la maladie d’Alzheimer. Tout se passe au niveau d’une zone du cerveau impliquée dans l’apprentissage et la mémoire, appelée « l’hippocampe ».
Moins de GPS, plus de mémoire
Selon le média indépendant australien The Conversation, la recherche a été inspirée par une étude portant sur les changements hippocampiques chez les chauffeurs de taxi londoniens. En effet, les taxis noirs londoniens doivent réussir un test appelé « Knowledge », au cours duquel ils mémorisent plus de 25 000 rues et 20 000 points d’intérêt dans un rayon de six miles autour de Charing Cross, le centre de Londres où se rejoignent six des principales routes de la ville.
Les chercheurs ont alors effectué différents tests et scans et ont remarqué qu’ils présentaient « plus de matière grise dans l’hippocampe postérieur ». Ces derniers ont aussi remarqué que plus les chauffeurs suivaient ces itinéraires longtemps, plus leur région de l’hippocampe était grande. Une région qui est aussi particulièrement touchée par la maladie d’Alzheimer lorsqu’elle devient atrophiée.
Afin de pousser la recherche, d’après Jalopnik, les chercheurs ont examiné les certificats de décès de personnes décédées entre janvier 2020 et décembre 2022. Sur 9 millions de personnes, 443 groupes de métiers ont été créés, dont les chauffeurs de taxi et les ambulanciers, connus pour leur utilisation de l’espace et de la navigation.
Sur ces 9 millions de certificats, 3,88 % de ces individus, soit 348 328 personnes, sont décédés de la maladie d’Alzheimer. Parmi les près de 9 millions de personnes étudiées, 16 658 étaient chauffeurs de taxi. Seulement 171 d’entre eux, soit environ 1 %, sont morts de la maladie d’Alzheimer. Pour les ambulanciers, qui représentaient 1 348 personnes, le taux de mortalité lié à Alzheimer était inférieur à 1 %.
Le point commun entre ces deux professions est qu’il pourrait y avoir un bénéfice significatif lié à l’exercice régulier des capacités de navigation et de la région hippocampique.
Se perdre est une bonne chose
Bien que mémoriser son environnement puisse s’avérer efficace face à la maladie d’Alzheimer, l’étude ne suggère pas de supprimer tout système de guidage numérique et de passer à une carte papier.
Elle recommande plutôt de mémoriser l’environnement des endroits que nous fréquentons et visitons régulièrement, quitte à nous perdre pour découvrir des itinéraires différents. Rien qu’en faisant cela, notre hippocampe pourrait être davantage sollicité, ce qui pourrait contribuer à préserver notre cerveau face au risque de maladie d’Alzheimer.




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