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Indemnité carburant : entre les promesses du gouvernement et la dure réalité des caisses vides

Dans Economie / Politique / Marché

Baptiste FREBOURG

Le guichet de demande de l’indemnité carburant pourrait ne pas fermer ses portes à l’issue de ce dernier jour du mois d’août 2026. À la suite des frappes américaines et iraniennes de ce dimanche 30 et de ce lundi 31 août, qui ont entraîné une hausse du prix du baril de pétrole, le guichet pourrait continuer à recueillir des demandes pour cette aide au carburant. Mais, pour le moment, les modalités de cette éventuelle prolongation restent très floues.

Indemnité carburant : entre les promesses du gouvernement et la dure réalité des caisses vides
Carburants à 2 euros : la poursuite des aides, envisagée par Maud Bregeon, s’annonce difficile. (Crédit : Maxppp)

Depuis le mois de mai 2026, le gouvernement a mis en place une indemnité carburant de 50 puis 100 euros pour les "grands rouleurs". Accessible à près de 3 millions de Français, cette aide n’a pourtant été réclamée que par moins de la moitié des personnes éligibles, soit environ 1,4 million de Français. Alors que le guichet de demande a déjà été prolongé d’un mois, avec une échéance fixée à la fin de la journée du 31 août 2026, il pourrait continuer à être ouvert.

En effet, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, a assuré vouloir poursuivre l’ouverture de ce guichet pour « les entreprises les plus touchées » par la hausse du prix du baril et des carburants à la pompe.

« Nous ne les laisserons pas tomber »

Cette fin du mois d’août 2026 se conclut par une nouvelle hausse du prix du baril et, par conséquent, du prix des carburants à la pompe. Après les frappes américaines et iraniennes de ces deux derniers jours, le cours du baril de Brent a progressé jusqu’à 2,37 %, atteignant 90,19 dollars le baril, selon les données de data.roole.fr. À la suite de cette hausse, le prix des carburants à la pompe a lui aussi augmenté, atteignant ce matin la barre des 2 euros pour le diesel et le sans plomb 95 et 98.

Pour tenter de limiter les conséquences de cette hausse, Maud Bregeon a affirmé vouloir poursuivre les aides carburant de 100 euros pour "les entreprises les plus touchées", notamment les pêcheurs, les agriculteurs, les transporteurs.

Invitée ce matin au micro de la journaliste Apolline Malherbe, dans son émission diffusée sur BFMTV/RMC, la ministre déléguée à l’Énergie a déclaré : "Nous souhaitons poursuivre ces aides" et "nous n’allons pas fermer les portails et les guichets". Cette dernière souhaite ainsi "respecter l’engagement pris en mars dernier, qui était de ne pas lâcher les entreprises les plus en difficulté", a-t-elle ajouté.

Les détails concernant l’ampleur et l’échéance de cette éventuelle prolongation devraient être précisés dans les semaines à venir, si les discussions aboutissent à la poursuite de ces aides.

Un projet difficile à mettre en place

Vouloir envisager des mesures, c’est bien, mais pouvoir les mettre en place, c’est encore mieux. Pour le moment, la situation concernant la prolongation des indemnités carburant s’annonce particulièrement incertaine.

En effet, pour pouvoir mettre en place des aides, il faut disposer de moyens financiers, et le gouvernement ne semble pas en avoir les marges suffisantes. Maud Bregeon l’a d’ailleurs reconnu elle-même : "L’impact budgétaire existe." Cet impact est notamment l’une des raisons pour lesquelles ces aides sont ciblées et non universelles.

Invité d’Apolline Malherbe dans l’émission "9 à 10", diffusée sur BFMTV, Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine et rapporteur général du budget, a réagi aux propos de la ministre de l’Énergie et estime très clairement que ce projet serait difficile, voire impossible, à poursuivre.

Le député LR a déclaré que la France "n’a pas les moyens" de prolonger cette aide, en rappelant le programme d’aides massif mis en place entre 2021 et 2023, durant la grande crise énergétique, au cours de laquelle le gouvernement avait consacré 70 milliards d’euros aux différentes mesures de soutien. Selon lui, le maximum que le gouvernement pourrait mettre sur la table pour prolonger ces aides serait de 2 milliards d’euros. Il a notamment ajouté que "toute aide sera de la dette en plus".

Malgré les ambitions affichées par Maud Bregeon de vouloir prolonger les aides destinées aux entreprises les plus touchées, leur poursuite s’annonce donc difficile, notamment sur le plan financier.

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