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John De Lorean sur Netflix : grandeur, cocaïne et décadence d’un flambeur

Dans Loisirs / TV

Michel Holtz

Visionnaire de l’automobile, roi du business et figure des années fric, John De Lorean a brûlé la vie par les deux bouts. De l’ascension chez General Motors au piège de la cocaïne, en passant par le fiasco de la mythique DMC-12, retour sur le destin hors-norme au travers des documentaires qui lui ont été consacrés.

John De Lorean sur Netflix : grandeur, cocaïne et décadence d’un flambeur
Photo : Netflix

Il le répétait à qui voulait l’entendre, « j’ai gagné des millions, perdu des millions et le plus passionnant, c’est de les regagner à nouveau ». C’est ainsi que John De Lorean (il a voulu séparer les deux parties de son nom pour se donner des airs de noblesse) a vécu : en flambeur dans ces années 80 du fric roi.

L’ascension et la chute

C’est son parcours, plutôt rocambolesque, que retrace ce documentaire toujours disponible sur Netflix. Évidemment, comme la plateforme aime le grand spectacle, on n’échappera pas aux scènes, parfois inutiles, de pure fiction ou De Lorean est interprété, avec qualité et une certaine ressemblance, par Alec Baldwin.

Spectaculaire cette série l’est évidemment, beaucoup plus qu’un précédent doc, plus proche de la réalité, que D.A Pennebaker avait réalisé sur le businessman en 1981. Un doc, disponible gratuitement ou l’on voit le créateur de la DMC12 raconter sa vie et son œuvre au cinéaste fasciné, qui avait tourné auparavant Don’t look back avec Bob Dylan et surtout, le fameux Woodstock, cette trace hallucinante et filmée de l’énorme festival.

Si De Lorean fascine tant les cinéastes (à quand un grand biopic), c’est par sa vie de flambeur, d’inventeur des muscle cars lorsqu’il dirigeait Pontiac, de son ascension jusqu’à la vice-présidence de General Motos, la plus grande entreprise du monde dans ces années 70, avant d’en claquer la porte en 1975 pour fonder DMC (DeLorean Motor Company en 1975).

Évidemment, sa DMC 12 était bourrée de défauts, avec son V6 PRV de 130 ch, malgré sa ligne magnifique, son châssis aux petits oignons et son mélange d’acier, de fibre de verre et d’inox. Son PDG comptait en produire 12 000 par an, mais il n’en vendra que 8 500 en tout, jusqu’à la faillite en 1982.

DMC12 : seule réalisation de la maison De Lorean.
DMC12 : seule réalisation de la maison De Lorean.

Mais au-delà du flop industriel, la série se penche sur le fantasque entrepreneur, parvenant à lever des millions, à convaincre des investisseurs privés, mais aussi le gouvernement britannique qui a intégralement financé son usine flambant neuve en Irlande du Nord.

John De Lorean avait une tchatche imparable, comme on ne disait pas encore. Celle qui abat les murs de l’argent, mais pas des clients qui boudent son auto à 25 000 dollars, pas toujours fiable, avec de gros retards de livraison.

Faillite et cocaïne

Surtout, il dépense toute la fortune qu’il avait récoltée et en 1982, se voit embringué dans un drôle de deal, une opération de transaction de 25 kg de cocaïne avec un indic du FBI. L’occasion pour lui de se refaire une santé financière

L’affaire tourne mal et, deux ans plus tard, il est traduit devant un tribunal américain pour trafic de drogue. Mais les magistrats ne sont pas dupes et le relaxent, persuadés d’une manœuvre des agents du FBI qui refusent de porter le chapeau.

De ce jour, John de Lorean quitte les projecteurs du business alors que son auto devient une icone mondiale grâce à la trilogie Retour vers le futur. Il meurt en 2005, un peu oublié de ses anciens amis, et de ses créanciers.

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