La BMW M2 F87, le concentré de M parfait ?
Plus petite BMW de la gamme M, la M2 F87 n’en profite pas moins d’une vraie préparation châssis et d’un moteur monstrueusement puissant. Cette authentique voiture de sport constitue également un bon placement, vu le prix monstrueux de sa descendante… Dès 30 000 €.

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !
Les temps ont changé si vite qu'une voiture motorisée comme la Bmw M2 F87 est désormais interdite au commun des mortels. Un 6-en-ligne sans hybridation, donc sans surpoids, cela coûte désormais près de 200 000 € à cause de l'Ecotaxe ! Ce qui rend la M2 très attractive, d'autant plus qu'il s'agit d'une excellente voiture de sport, doté des ingrédients qui vont bien : propulsion, différentiel autobloquant, boîte manuelle. Plus maniable et moins chère qu'une M4, la M2 ne lui concède pas grand-chose côté performances, et prodigue un agrément intense. Enfin, sa cote ne baisse pas, voire augmente, ce qui en fait un achat pertinent, et une pièce à collectionner car des comme ça, à ce prix, il n'y en aura plus.

Après un coup d’essai réussi, la 1M de 2011, BMW relance un concentré de M, la M2 en 2016. Celle-ci n’est autre qu’un développement de la M235i F22, elle-même une variante coupé de la Série 1 F20, évolution profonde de l’E87 sur laquelle a été développée… la 1M ! De celle-ci, la M2 récupère le 6-cylindres en ligne 3,0 l suralimenté, dans une évolution codée N55 et non plus N54. Doté d’un embiellage renforcé, le N55 de la M2 se code M30BT0, ce n’est donc pas le S55 des M3/M4, dont il se différencie par son turbo unique et sa puissance limitée (si l’on peut dire) à 370 ch…

Il s’associe au choix à une boîte manuelle à six rapports ou une unité à double embrayage M-DKG à sept vitesses, mais la puissance échoit toujours au train arrière. Quoi qu’il en soit, ça marche fort, avec un 0 à 100 km/h exécuté en 4,3 s (DKG) ou 4,5 s manuelle, la vitesse maxi se bridant à 250 km/h (ou 280 km/h avec le pack Experience M). Les performances n’humilient, cela dit, pas celles de la M235i, mais la M2 fait la différence par ses trains roulants.
Voies élargies, amortissement et suspension adaptés, grosses jantes de 19 (chaussées en 265 à l’arrière), gros freins, différentiel à glissement limité, les améliorations sont nombreuses ! Sans compter la carrosserie body-buildée pour loger tout ça, mais tout de même soignée du point de vue de l'appui aérodynamique. Digne descendante de la 1M !

La M2 dispose par ailleurs d’un équipement riche : projecteurs au xénon, sellerie cuir à réglages électriques, GPS, clim auto trizone, sono, radars de stationnement, banquette rabattable… Tant mieux vu le prix de 61 750 € (soit 74 600 € actuels selon l'Insee), plus un malus maximal de 6 500 € vu les 199 g/km de CO2. On se plaignait, mais on ne connaissait pas sa chance, vu la folie fiscale actuelle, qui vaudrait un surcroît de 80 000 € à cette M2…

En 2018, la M2 devient Competition. Plus travaillée qu’elle n’y paraît, celle-ci accueille le bloc S55 des M3/M4, développant ici 410 ch pour 550 Nm de couple. Si la vitesse maxi n’évolue pas, le 0 à 100 km/h perd deux dixièmes et la consommation et donc les émissions augmentent : le malus passe à 10 500 €, et le prix à 66 950 €. Le châssis bénéficie d’une barre anti-rapprochement avant, et des freins agrandis sont proposés en sus, tandis que le bouclier avant est revu. Dans l’habitacle, le tableau reçoit l’instrumentation digitale Black Pannel montée depuis quelques semaines sur les M2 standard (elles sont alors dites LCI), et de nouveaux sièges baquets éclairés sont proposés en sus. En avril 2019, une série spéciale Heritage est proposée par BMW France (40 unités avec une décoration rappelant la 2002 Turbo).

Puis, en novembre, une M2 CS (pour Club Sport) apparaît, dotée d’éléments de carrosserie en fibre de carbone, d’un moteur boosté à 450 ch (et doté d’une 2e pompe à huile), de jantes forgées de 19 montées en pneus Cup, de freins M Sport agrandis (400 mm et étriers à 6 pistons à l’avant) et d’un amortissement piloté. Le 0 à 100 km/h chute à 4,0 s (boîte M-DKG) ou 4,2 s (boîte manuelle), mais le prix bondit à 99 800 €… C’est le chant du cygne de la M2 F87, qui disparaît en 2021.

Combien ça coûte ?
Avec un gros kilométrage (200 000 km environ), la M2 370 ch débute à 30 000 €, grimpe à 34 000 € à 150 000 km, puis à 38 000 € à un peu moins de 100 000 km et 44 000 € aux alentours de 50 000 km. Les Competition réclament 8 000 € supplémentaires, et les CS, très rares, débutent plutôt vers les 68 000 €. Des prix qui varieront en fonction de l’état, et de configuration de la voiture. Attention, les modèles importés sont souvent moins équipés que les français d’origine, et les plus récents peuvent réclamer un malus CO2…

Quelle version choisir ?
D’abord, les exemplaires dûment suivis et respectés, sans préparation hasardeuse. Ensuite, si on ne roule pas sur circuit, une 370 ch présente le meilleur rapport prix/prestations.

Les versions collector
Toutes, si elles sont en bel état d’origine. Evidemment, les CS et Heritage seront plus prisées des collectionneurs.

Que surveiller ?
Problématique sur d’autres BMW, le N55 semble très costaud sur la M2, épargnée par les soucis de coussinets de bielles. Toutefois, il est affecté par quelques fuites sur le couvre-culasse, et des défaillances de durit de suralimentation (ou « charge pipe »). Sur le S55, attention au desserrage de la douille de vilebrequin, qui peut causer de gros soucis de distribution, comme sur les M3/M4. Des intervalles de vidange réduits face à ce qu’annonce l’ordinateur de bord évitent bien des déconvenues ! On a vu aussi quelques avaries de pompe haute pression, voire de pompe à eau, surtout sur les autos utilisées durement.
Pas de soucis particulier côté boîte manuelle, la M-DKG demandant parfois une reprogrammation, et dans tous les cas, une vidange avant 60 000 km. Le circuit électrique étant complexe, une batterie faiblarde peut causer des dysfonctionnements électroniques. Enfin, vu l’usage qui est souvent fait des M2, examinez bien l’état des jantes, freins, bras de suspension et pneus. Les refaire requiert un bon budget !

Sur la route
Si la M2 370 ch n’est pas aussi spectaculaire que la 1M, elle paraît tout de même bien plus musclée qu’une M235i ! A l’intérieur, en revanche, les modifications sont beaucoup plus ténues, donc on trouve une excellente position de conduite.

Surprise, moins insonorisé, le moteur chante autrement mieux, et bien sûr, pousse encore plus fort, tout le temps. Quelle merveille, ce 6-en-ligne souple, doux, rageur et mélodieux ! La boîte manuelle, maniable mais pas si rapide, lui va bien si on aime une conduite analogique (d’autant qu’elle donne un coup de gaz au rétrogradage), mais les amateurs de performance maximale préféreront la M-DKG, plus vive. Affaire de choix ! Face à une M235i, le châssis est d’un autre niveau. Volant plus direct et ferme, voies élargies permettant un meilleur grip latéral, ensemble plus précis et communicatif : on a tout le temps envie d’attaquer.

Sur circuit, on passe en mode Sport+, on désactive l’ESC, on arrive en virage sur les freins pour délester l’arrière, et on peut drifter assez aisément en étant raisonnable sur l’accélérateur. Enfin, la M2 freine fort et longtemps, pas si courant chez BMW ! Sur route, elle préserve un confort acceptable, même si elle sera plus ferme qu’une M235i et plus sonore. Cela dit, en roulant tranquillement, on peut rester sous les 9 l/100 km. Mais c’est se faire violence !
L’alternative youngtimer
BMW 325 iS (1988 – 1991)

Si on aime se faire plaisir avec une propulsion youngtimer, rien de tel qu’une BMW 325 iS. En réalité, il s’agit d’une variante de la 325i concoctée en 1988 par l’importateur français, qui a coché les bonnes options : pont autobloquant, boîte courte, suspension abaissée M Tech, sièges et volant Sport, voire jantes BBS de 15 pouces. Certes, le 6-cylindres 2,5 l reste à 171 ch, mais la voiture est légère et on peut en extraire le moindre des canassons dans une mélodie incomparable. Un pur agrément. 342 unités de cette 325i E30 pas comme les autres seront officiellement vendues en France en 2 portes (plus quelques 4 portes) jusqu’à l’arrivée de la Série 3 E36. A partir de 30 000 €.
BMW M2 (2016), la fiche technique
- Moteur : 6 cylindres en ligne, 2 979 cm3, turbo
- Alimentation : injection directe
- Suspension : jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis (AV) ; essieu multibras, ressorts hélicoïdaux barre antiroulis (AR)
- Transmission : boîte 6 manuelle ou M-DKG à 7 rapports, propulsion
- Puissance : 370 ch à 6 500 tr/min
- Couple : 465 Nm à 1 400 tr/min
- Poids : 1 570 kg
- Vitesse maxi : 250 km/h (limitée, ou 280 km/h en option)
- 0 à 100 km/h : 4,5 s BVM, 4,3 s BV M-DKG (données constructeur)
> Pour trouver des annonces de BMW M2, rendez-vous sur le site de La Centrale.














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