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La Luce est une très jolie voiture… quand il ne s’agit pas d’une Ferrari !

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Stéphane Schlesinger

La Mazda Luce a des faux-airs de voiture italienne, et pour cause : elle a été dessinée par Giugiaro, au début des années 60. Fine et élégante, elle comptait parmi les premières japonaises à disposer de sérieux atouts pour attaquer le marché européen.

La Luce est une très jolie voiture… quand il ne s’agit pas d’une Ferrari !

A l’image des Chinois à l’heure actuelle, les Japonais partent à l’attaque du marché automobile mondial, ce qui inclut l’Europe au creux des années 60. L’export est crucial pour l’économie de l’archipel, et les constructeurs se donnent les moyens de leurs ambitions. A l’époque, le vieux continent est en forte expansion, et les maisons de design italiennes (Bertone, Frua, Ghia, Michelotti, Pininfarina, Touring ou encore Zagato) sont très inspirantes, voire demandées.

Commercialisée en 1966, la Mazda Luce surprend par la très grande modernité des lignes, tendues, fines et formellement simples.
Commercialisée en 1966, la Mazda Luce surprend par la très grande modernité des lignes, tendues, fines et formellement simples.

Mazda, qui a créé son premier modèle de tourisme en 1960 (la minuscule Carol) lance cette année-là la conception de son futur vaisseau-amiral, une berline à moteur avant et roues arrière motrices de la taille d’une  Peugeot 404. Si celle-ci a été dessinée par Pininfarina, Mazda fait appel pour le dessin de celle qui se nommera Luce (lumière en italien) à son grand rival de l’époque, Bertone.

On pourrait trouver à la Mazda Luce des airs de BMW avec sa sorte de pli Hofmeister. Sauf que ce dernier n'est qu'un nom posé sur un détail déja largement connu.
On pourrait trouver à la Mazda Luce des airs de BMW avec sa sorte de pli Hofmeister. Sauf que ce dernier n'est qu'un nom posé sur un détail déja largement connu.

Ce grand carrossier emploie à l’époque un designer surdoué, Giorgetto Giugiaro, qui trace des lignes tendues, élégantes et très modernes pour la japonaise qui arrive sur le marché en 1966. Face à elle, les 404, Simca 1500, et autre Fiat 1500 prennent un sacré coup de vieux ! Classique par ses trains roulants (essieu rigide à l’arrière, suspendu par des lames), elle se signale tout de même par un 4-cylindres 1,5 l à arbre à cames en tête (78 ch SAE), une solution plutôt avancée pour l’époque. Capable de 150 km/h, la Luce se décline rapidement break et en version rapide SS (86 ch SAE).

Dès 1967, la Mazda Luce a droit à une version rapide dite SS (160 km/h). Elle sera importée en France.
Dès 1967, la Mazda Luce a droit à une version rapide dite SS (160 km/h). Elle sera importée en France.

Cela dit, elle prendra un peu trop de temps pour s’exporter, étrangement, arrivant par exemple en France en 1968. On ne peut pas dire qu’elle y rencontre le succès, malgré sa beauté. Pas spécialement bon marché (de 11 980 F à 13 750 F, soit de 17 300 € à 19 850 € actuels selon l'Insee), elle se heurte à une auto autrement plus évoluée, tant par son concept que ses liaisons au sol : la Renault 16. Celle-ci est aussi moins chère (de 10 760 F à 13 100 F dans performante version TS).

En 1967, la Mazda Luce se décline en un break tout aussi fin et séduisant que la berline.
En 1967, la Mazda Luce se décline en un break tout aussi fin et séduisant que la berline.

La très appréciée Simca 1501 GL est, elle aussi, plus abordable que la Mazda (10 795 F), pour ceux qui aiment les berlines classiques. Par ailleurs affublée d’une tenue de route moyenne, d’une suspension dure et d’une direction floue, à en juger par les essais d’époque, la Luce ne rencontrera aucun succès chez nous, malgré sa finition, son silence de fonctionnement et sa consommation raisonnable.

Ligne très élancée et élégante pour la Mazda Luce Coupé, à moteur rotatif, ici en 1969.
Ligne très élancée et élégante pour la Mazda Luce Coupé, à moteur rotatif, ici en 1969.

Au Japon, ce n’est pas la joie non plus, et le coupé à moteur rotatif qui en est dérivé, malgré sa beauté, fait un flop. Trop cher ! La Luce de cette génération est retirée en 1973, elle se voit remplacée. Nous n’en saurons rien en France car ses successeures adopteront une dénomination numérique : 929. Peu à peu, Mazda, à l’instar des autres nippons, fera son trou en France, obligeant même les autorités, soutenues par des marques françaises inquiètes, à poser un quota en 1977 (3 % du marché) aux constructeurs japonais.

Même vu de l'arrière, le coupé Mazda Luxe Rotary surprend par sa finesse. Le toit en vinyle est typique des années 60- 70.
Même vu de l'arrière, le coupé Mazda Luxe Rotary surprend par sa finesse. Le toit en vinyle est typique des années 60- 70.

On prenait alors bien moins de précautions qu’avec les Chinois à l’heure actuelle, et ce, alors que ces derniers sont encore plus dangereux. Allez comprendre… L’appellation Luce sera abandonnée en 1991, puis reprise en 2026 par Ferrari, avec l’accueil que l’on sait.

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