La Luce est une très jolie voiture… quand il ne s’agit pas d’une Ferrari !
La Mazda Luce a des faux-airs de voiture italienne, et pour cause : elle a été dessinée par Giugiaro, au début des années 60. Fine et élégante, elle comptait parmi les premières japonaises à disposer de sérieux atouts pour attaquer le marché européen.

A l’image des Chinois à l’heure actuelle, les Japonais partent à l’attaque du marché automobile mondial, ce qui inclut l’Europe au creux des années 60. L’export est crucial pour l’économie de l’archipel, et les constructeurs se donnent les moyens de leurs ambitions. A l’époque, le vieux continent est en forte expansion, et les maisons de design italiennes (Bertone, Frua, Ghia, Michelotti, Pininfarina, Touring ou encore Zagato) sont très inspirantes, voire demandées.

Mazda, qui a créé son premier modèle de tourisme en 1960 (la minuscule Carol) lance cette année-là la conception de son futur vaisseau-amiral, une berline à moteur avant et roues arrière motrices de la taille d’une Peugeot 404. Si celle-ci a été dessinée par Pininfarina, Mazda fait appel pour le dessin de celle qui se nommera Luce (lumière en italien) à son grand rival de l’époque, Bertone.

Ce grand carrossier emploie à l’époque un designer surdoué, Giorgetto Giugiaro, qui trace des lignes tendues, élégantes et très modernes pour la japonaise qui arrive sur le marché en 1966. Face à elle, les 404, Simca 1500, et autre Fiat 1500 prennent un sacré coup de vieux ! Classique par ses trains roulants (essieu rigide à l’arrière, suspendu par des lames), elle se signale tout de même par un 4-cylindres 1,5 l à arbre à cames en tête (78 ch SAE), une solution plutôt avancée pour l’époque. Capable de 150 km/h, la Luce se décline rapidement break et en version rapide SS (86 ch SAE).

Cela dit, elle prendra un peu trop de temps pour s’exporter, étrangement, arrivant par exemple en France en 1968. On ne peut pas dire qu’elle y rencontre le succès, malgré sa beauté. Pas spécialement bon marché (de 11 980 F à 13 750 F, soit de 17 300 € à 19 850 € actuels selon l'Insee), elle se heurte à une auto autrement plus évoluée, tant par son concept que ses liaisons au sol : la Renault 16. Celle-ci est aussi moins chère (de 10 760 F à 13 100 F dans performante version TS).

La très appréciée Simca 1501 GL est, elle aussi, plus abordable que la Mazda (10 795 F), pour ceux qui aiment les berlines classiques. Par ailleurs affublée d’une tenue de route moyenne, d’une suspension dure et d’une direction floue, à en juger par les essais d’époque, la Luce ne rencontrera aucun succès chez nous, malgré sa finition, son silence de fonctionnement et sa consommation raisonnable.

Au Japon, ce n’est pas la joie non plus, et le coupé à moteur rotatif qui en est dérivé, malgré sa beauté, fait un flop. Trop cher ! La Luce de cette génération est retirée en 1973, elle se voit remplacée. Nous n’en saurons rien en France car ses successeures adopteront une dénomination numérique : 929. Peu à peu, Mazda, à l’instar des autres nippons, fera son trou en France, obligeant même les autorités, soutenues par des marques françaises inquiètes, à poser un quota en 1977 (3 % du marché) aux constructeurs japonais.

On prenait alors bien moins de précautions qu’avec les Chinois à l’heure actuelle, et ce, alors que ces derniers sont encore plus dangereux. Allez comprendre… L’appellation Luce sera abandonnée en 1991, puis reprise en 2026 par Ferrari, avec l’accueil que l’on sait.





Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération