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La plus élégante des pompes à feu allemandes devient presque abordable !

Une des rares berlines allemandes du 20e siècle à arborer une certaine finesse, l’Audi RS7 recèle une arme fatale sous son capot : un V8 biturbo développant quelque 560 ch. Cela en fait une auto très particulière, ultra-performante, élégante et familiale à la fois.

La plus élégante des pompes à feu allemandes devient presque abordable !

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !

 

Quand l'élégance s'allie à l'ultra-performance, cela donne l'Audi Rs7. Coupé à quatre portes dessiné tout en finesse, cette allemande bénéficie d'une mécanique à la puissance plus que suffisante sous le capot : un V8 biturbo de 560 ch, sans la moindre trace d'électrification. Spacieuse, confortable et plus performante que bien des berlinettes de sport, cette Audi concilie les contraires extrêmes avec un talent étonnant. Rare, la RS7 n'a pas d'équivalent dans la production actuelle, témoignant d'un monde déjà disparu. Et si elle a bien eu une descendante, celle-ci n'apporte pas grand-chose. Autant collectionner la plus authentique !

 

L'Audi RS7, aussi spectaculaire d'une TDI dotée de grandes jantes, ne laisse pas deviner que ses performances sont supérieures à celle de la supercar R8... V10 !
L'Audi RS7, aussi spectaculaire d'une TDI dotée de grandes jantes, ne laisse pas deviner que ses performances sont supérieures à celle de la supercar R8... V10 !

Si elle n’a pas inventé le genre des coupés à quatre portes, la Mercedes CLS l’a magnifiquement remis à la mode. Au point d’inspirer la concurrence, notamment la BMW Série 6 Gran Coupé et l’Audi A7. Cette dernière, révélée en 2010, étonne par son élégance, due à Wolfgang Egger, également auteur de l’Alfa Romeo 147.

Basse, longue, élancée et ciselée, l’A7 n’oublie pas pour autant de se montrer pratique avec son hayon, sa banquette rabattable et son grand coffre. Ce serait donc en réalité un coupé à 5 portes ! Sorte d’Audi 100 C2 Avant du 21e siècle, l’A7, qui annonce techniquement l’A6 C7 avec sa plate-forme MLB allongée, impose une silhouette bicorps dans le segment du luxe, ce qui la différencie de ses rivales, dotées d’un corps supplémentaire et d’un coffre séparé.

A l'arrière, l'Audi RS7, ici en 2013, escamote son béquet, là encore pour plus de discrétion.
A l'arrière, l'Audi RS7, ici en 2013, escamote son béquet, là encore pour plus de discrétion.

2011 voit l’arrivée de la première variante sportive motorisée par un V8 suralimenté, la S7 (420 ch), puis suit en 2013 la RS7, dont le 4,0 l biturbo produit pas moins de 560 ch. Ligne légère mais cavalerie lourde !

Ce bloc à injection directe anime les quatre roues via une vraie transmission quattro à différentiel central autobloquant ainsi qu’une boîte auto ZF à 8 rapports et commande Tiptronic. En option, un différentiel arrière à vectorisation de couple est disponible, pour qui souhaite s’amuser un peu en dehors des autobahns.

Les grandes jantes de la RS7 cachent des disques immenses, à la ventilation intérieure très travaillée. Des éléments en carbone-céramique sont également proposés. Il faut bien ça pour stopper 2 tonnes lancées à 300 km/h !
Les grandes jantes de la RS7 cachent des disques immenses, à la ventilation intérieure très travaillée. Des éléments en carbone-céramique sont également proposés. Il faut bien ça pour stopper 2 tonnes lancées à 300 km/h !

On peut aussi sélectionner des disques en carbone-céramique pour stopper avec endurance les 1 920 kg de l’engin. Un poids élevé, certes, mais vu la cavalerie, les performances ne s’en ressentent pas vraiment : le 0 à 100 km/h est pulvérisé en 3,9 s, alors que le maxi s’établit à 250, 280 ou 305 km/h selon les options.

De série, la RS7 s’équipe de la suspension DRC, qui relie en croix les amortisseurs via un circuit hydraulique (deux modes sont possibles, Sport ou Comfort), alors qu’elle conserve des ressorts métalliques. Sur demande (gratuite), on peut préférer le système pneumatique et néanmoins piloté.

On peut aussi trouver des Audi RS7 au look plus classique que sportif, comportant des encadrement de vitre chromés, notamment. Ici en 2013.
On peut aussi trouver des Audi RS7 au look plus classique que sportif, comportant des encadrement de vitre chromés, notamment. Ici en 2013.

Le prix ? Il n’est pas exactement démocratique, mais demeure tout de même moins élevé que celui des Porsche Panamera Turbo, Mercedes CLS AMG et BMW M6 Gran Coupé : 128 000 €, soit 155 700 € actuels selon l’Insee. Ce à quoi on ajoute 6 000 € d’Ecotaxe (7 300 € actuels selon l’Insee, tant qu’on y est), vu les 221 g/km de CO2 émis par la belle allemande.

Heureusement, en France, celle-ci est richement équipée : clim auto quadrizone, toit ouvrant, alarme, sièges sport et volant à réglages électriques, GPS, hifi Bose, Bluetooth, régulateur de vitesse actif, xénons, hayon motorisé…

Tout est dans les détails, avec l'Audi RS7, comme cette petite prise d'air gris argent sous le bouclier avant, ici en 2013.
Tout est dans les détails, avec l'Audi RS7, comme cette petite prise d'air gris argent sous le bouclier avant, ici en 2013.

Contre 12 670 €, on obtient le pack Dynamique + incluant les freins carbone-céramique et la V max portée à 305 km/h. De quoi déposer une Porsche 911 Carrera S, mais en famille ! La RS7 reste cela dit anecdotique sur le marché français, mais on salue sa folie raisonnable.

Fin 2014, l’Audi bénéficie d’une légère mise à jour (projecteurs matriciels à LED, connectivité 4G), alors qu’en 2015, elle se décline en Performance, avec 605 ch sous le capot ! Cette furie de 5,01 m de long est retirée en 2018.

En 2014, l'Audi RS7 est légèrement restylée (projecteurs, calandre), mais la mécanique ne change pour ainsi dire pas.
En 2014, l'Audi RS7 est légèrement restylée (projecteurs, calandre), mais la mécanique ne change pour ainsi dire pas.

Combien ça coûte ?

A 35 000 €, on peut se dénicher une RS7 en très bon état qui totalise certes près de 200 000 km. Pas inquiétant si l’auto a été bien entretenue. A 40 000 €, on en trouve à moins de 150 000 km, et à 45 000 €, on peut s’offrir un bel exemplaire sous les 80 000 km. Les Performance sont hors de prix, rarement à moins de 55 000 € même si elles dépassent les 150 000 km.

Comme sur bien des allemandes, ces montants varient énormément selon la configuration, les options pouvant atteindre des dizaines de milliers d’euros… Notez aussi que les RS7 vendues neuves en Allemagne étaient moins équipées que les françaises.

A l'arrière, l'Audi RS7 n'évolue pas sensiblement non plus, seuls ses feux étant modifiés en 2014.
A l'arrière, l'Audi RS7 n'évolue pas sensiblement non plus, seuls ses feux étant modifiés en 2014.

Quelle version choisir ?

Entre phases 1 et 2, c’est du pareil au même. Privilégiez donc une auto dans le meilleur état possible, dotée de tout son historique. Cela rassurera l’acheteur, donc préservera la valeur en cas de revente.

Fin 2015, l'Audi RS7 gagne en puissance (605 ch) dans sa rare variante Performance. On la repère à ses jantes et ses prises d'air latérales spécifiques sur le bouclier avant;
Fin 2015, l'Audi RS7 gagne en puissance (605 ch) dans sa rare variante Performance. On la repère à ses jantes et ses prises d'air latérales spécifiques sur le bouclier avant;

Les versions collector

Toutes, si elles sont en parfait état d’origine, mais surtout les Performance, plus rares. Notamment si elles ont été personnalisées par Audi Exclusive. 

Le V8 biturbo de l'Audi RS7 est très costaud, si le filtre de l'huile des turbos a été remplacé dans le cadre d'un rappel.
Le V8 biturbo de l'Audi RS7 est très costaud, si le filtre de l'huile des turbos a été remplacé dans le cadre d'un rappel.

Que surveiller ?

Les Audi du début des années 2010 bénéficient d’une qualité de fabrication exceptionnelle, et la RS7 n’y déroge pas. Cela ne signifie pas une fiabilité totale. Par exemple, quelques soucis de déphaseurs d’arbre à cames sont à relever, sans gravité, et les sondes à oxygène gagnent à être changées régulièrement. Surtout, comme sur la S7, le tamis filtrant l’huile des turbos gêne son flux, avec à la clé, un risque de casse. Un rappel a eu lieu en 2023. Lors du changement de ce filtre, très chronophage, on renouvelle aussi le reniflard, ou PCV.

Des vidanges plus rapprochées que ce que suggère l’ordinateur de bord évite bien des ennuis, et tant qu’à évoquer des purges de lubrifiant, on procèdera à celle de la boîte et du pont avant 80 000 km. Voire celle du DRC, même si Audi ne le préconise pas. Vu le poids de la voiture, une inspection des éléments de suspension, des freins et des pneus s’impose. Ces éléments sont chers, surtout les disques carbone-céramique, pas du tout inusables. Le reste de la voiture, carrosserie et habitacle, vieillit remarquablement bien. Idéal pour réduire artificiellement un kilométrage, ni vu ni connu...

Quelle puissance de feu sous le capot de l'Audi RS7 ! Cela dit, la suspension DRC est très ferme sur route dégradée.
Quelle puissance de feu sous le capot de l'Audi RS7 ! Cela dit, la suspension DRC est très ferme sur route dégradée.

Sur la route

Posée sur des jantes de 21 pouces, l’Audi RS7 a l’air menaçant sans trop en faire. Elle préserve son élégance ! Pour sa part, l’habitacle subjugue par sa finition parfaite, le tableau de bord étant d’un dessin magnifique, adjectif qui vaut pour le confort des sièges. Le moteur ronronne gentiment en ville, mais bien vite, la suspension DRC surprend par sa fermeté, même en mode Comfort.

Ce paquebot n'est pas que beau : le cockpit de l'Audi RS7 se signale par une finition exceptionnelle, et un équipement très fourni.
Ce paquebot n'est pas que beau : le cockpit de l'Audi RS7 se signale par une finition exceptionnelle, et un équipement très fourni.

Sur route sinueuse, la RS7 est rivée au sol et ne prend pas de roulis : en découle une belle efficacité. Seulement, même réglée au plus ferme, la direction ne renvoie aucune information, ce qui est déroutant. Mais dès que l’asphalte se redresse, on met les gaz, et bam, une détonation retentit à l’échappement avant qu’on ne soit littéralement catapulté. Mais quel moteur de fou ! Rageusement puissant, il donne toute sa mesure sur autobahn, où on se retrouve étonnamment vite… à 300 km/h !

L'Audi RS7 accueille plus que de dignement des passagers arrière, grâce à une banquette très confortable et un bel espace disponible.
L'Audi RS7 accueille plus que de dignement des passagers arrière, grâce à une banquette très confortable et un bel espace disponible.

A cette allure, on peut planter les freins sans crainte, la voiture donnant alors l’impression de s’enfoncer dans le sol : rassurant. Cela dit, pour rouler à 130 km/h, la suspension pneumatique suffit et présente des avantages côté confort voire direction, celle-ci étant alors plus informative. Par ailleurs, les freins acier demeurent très efficaces. Reste un gag : Audi annonce 9,8 l/100 km en moyenne. En réalité, il sera très difficile de tomber sous les 12 l/100 km.

 

L’alternative youngtimer

Audi 200 Turbo 20V (1989 – 1991)

220 ch, cinq places, quatre roues motrices : en 1989, l'Audi 200 20V Quattro n'a guère d'équivalent en matière de rapport performance/sécurité/confort familial.
220 ch, cinq places, quatre roues motrices : en 1989, l'Audi 200 20V Quattro n'a guère d'équivalent en matière de rapport performance/sécurité/confort familial.

La 200 Turbo de génération C3 est celle qui a crédibilisé Audi sur le segment des grandes routières rapides, particulièrement dans sa variante 20V Quattro révélée en 1988. Celle-ci reçoit un 5-cylindres 2,2 l turbo à vingt soupapes développant 220 ch et qui lui permet d’accrocher les 240 km/h. Cette berline très rapide bénéficie aussi d’une transmission intégrale et de liaisons au sol peaufinées, pour une plus grande sécurité active. 

Sur ce point, la 200 est alors en pointe, surtout lorsque la météo se dégrade. Pas très amusante, un peu froide, mais diablement efficace ! Formidable vaisseau autoroutier, la 200 20V Quattro, très chère en son temps, est fort rare, et ne se déniche pas à moins de 20 000 € en bon état.

 

Audi RS7 Sportback (2013), la fiche technique

  • Moteur : 8 cylindres en V, 3 993 cm3
  • Alimentation : injection directe, deux turbos
  • Suspension : jambes McPherson, ressorts pneumatiques ou hélicoïdaux, doubles triangles, amortisseurs, barre antiroulis (AV); essieu multibras, ressorts pneumatiques ou hélicoïdaux, amortisseurs, barre antiroulis (AR)
  • Transmission : boîte 8 automatique, quatre roues motrices
  • Puissance : 560 ch à 5 700 tr/min
  • Couple : 700 Nm à 1 750 tr/min
  • Poids : 1 920 kg
  • Vitesse maxi : 250, 280 ou 305 km/h selon options (limitée)
  • 0 à 100 km/h : 4,7 s (donnée constructeur)

> Pour trouver des annonces d'Audi RS7, rendez-vous sur le site de La Centrale.

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