"La survie de l’industrie automobile européenne est en jeu."
Alors que le Mondial de l’auto s’apprête à ouvrir ses portes, Luc Chatel, le président de la Plateforme automobile, alerte sur l’avenir de cette industrie et interpelle les candidats à l’Élysée.

C’est ce qu’a confié Luc Chatel à nos confrères du Parisien ce jeudi. Son état des lieux est sans appel, l’industrie française pourrait perdre 75 000 emplois d’ici à 2035, chiffre qui s'ajouterait aux 50 000 postes évanouis au cours des 5 dernières années. Le président de la PFA pointe deux causes : la réglementation trop lourde et les voitures chinoises.
Pour Luc Chatel, « Les Chinois aujourd’hui, c’est 10 % du marché, ce sera 20 % dans trois ou cinq ans. » Le marché passerait alors de 16 millions de voitures avant le Covid à 13 millions, voire 9 millions d’ici à 2035, « c’est à peu près trente usines en moins en Europe ».
Les réglementations imposées par l’Europe, notamment l’interdiction des moteurs thermiques en 2035, ne passent pas : « Elles sont ravageuses. Le prix des voitures a augmenté, ont sorti les classes moyennes du marché du neuf et, au bout du compte, les gens gardent plus longtemps leur voiture. […] Donc les émissions de CO2 augmentent. »
Tout en pointant la "naïveté" vis-à-vis de la Chine - "il y a 25 ans nous leur avons appris à fabriquer des voitures, aujourd'hui ils savent presque mieux les fabriquer que nous" - l'homme dit craindre également une perte des savoir-faire et de la souveraineté européenne : « On nous demande d’aller vers une technologie unique, l’électrique, sur laquelle l’Europe n’est pas souveraine. 80 % des batteries sont fabriquées en Chine, 90 % des terres rares, nécessaires aux batteries, sont raffinées en Chine. Résultat, on introduit une nouvelle dépendance. »
Il profite alors du Mondial de l'auto pour alerter les acteurs politiques : « S’il n’y a pas de décision prise dans l’année qui vient, je ne suis pas certain qu’il y ait encore une industrie automobile européenne dans dix ans. Très clairement, la survie est en jeu ».
Des candidats à l’écoute ?
La filière a sorti un « livre blanc » dans lequel la PFA pose un diagnostic sur la réglementation trop présente, notamment sur celle prévue en 2030 qui devrait imposer cent nouvelles normes, « c’est un quart des ingénieurs de Renault et de Stellantis qui travaillent là-dessus. C’est délirant ».
À six mois de l’élection présidentielle, Luc Chatel compte bien interpeller les candidats. Si M. Macron a prévu de venir lundi prochain Porte de Versailles, combien de prétendants à l’Élysée feront le déplacement et écouteront les inquiétudes de toute la filière ?




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