Le crossover Striker arrive : encore un futur best-seller pour Dacia ?
Chaque nouveauté Dacia est toujours très attendue. Et cette année, pour enrichir son offre sur le segment C, celui des modèles compacts, la marque franco-roumaine lance le Striker, un crossover au look très différent de ce dont on a l’habitude. Et ce que nous avons découvert nous laisse penser qu’il va, comme d’autres modèles, devenir un best-seller dans sa catégorie. Tour du propriétaire.

EN BREF
Crossover compact (4,62 m de long)
Moteurs micro-hybride et hybride
4x2 et 4x4 au choix
À partir de 25 000 €
Quasiment tous les modèles de Dacia sont devenus, dès leur sortie, des best-sellers. Et la marque ambitionne que ce soit le cas pour sa dernière nouveauté, aujourd’hui présentée à la presse auto du monde entier. Le Striker, puisque c’est son nom (percuteur ou buteur, en anglais), risque fort, justement, de faire un « strike » dans la catégorie des crossovers compacts dans laquelle il s’inscrit.
Mais pourquoi crossover ? Tout simplement car il s’inspire d’horizons divers, et mélange plusieurs catégories. Ni vraiment berline, ni vraiment SUV, ni vraiment break, le Striker picore dans chaque catégorie des ingrédients et des caractéristiques, à la manière du dernier Toyota bZ4X Touring, qui mélange SUV et break, ou des BMW X4 ou Mercedes GLC coupé, qui sont à la fois des SUV et des coupés.
Ce qui est sûr c’est que c’est un modèle de segment C, celui des modèles compacts, et qu’il vient en renfort de son frère le Bigster (un vrai SUV) avec en ligne de mire, augmenter la présence globale de Dacia sur ce segment, et passer de 20 à 33 % des ventes de la marque sur ce marché, en cumulant Striker et Bigster.

La nouveauté du jour se présente donc comme un modèle à la croisée des chemins. Il devient aussi le plus grand modèle de la marque, avec une longueur de 4,62 m (largeur 1,82 m et hauteur 1,53 m), soit 5 cm de plus que le Bigster, et 8 cm de plus que le Jogger. Des mensurations qu’il met à profit pour proposer une habitabilité et un volume de coffre confortables, on le verra.
Un style qui s’éloigne de celui des autres modèles de la gamme

Mas commençons par l’esthétique. Ce qui frappe de prime abord, c’est que le Striker s’éloigne quelque peu du style Dacia actuel. Bien sûr, on reconnaît d’office un modèle de la marque, mais les proportions, et le dessin sont tout de même globalement inédits, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. En particulier, il arbore une signature lumineuse complètement nouvelle, en forme de T, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière. Les futurs modèles la reprendront-ils ? On le saura très vite.
Le côté berline se retrouve surtout en partie supérieure, avec des vitrages réduits en hauteur, des lignes profilées au niveau du toit, un pare-brise et une lunette arrière très inclinés. Le coefficient de pénétration dans l’air n’est pas mauvais pour un crossover d’ailleurs, avec 0,29.

Le côté SUV est lui sensible plutôt en partie basse, avec des tours d’ailes et bas de portières recouverts de protections de carrosserie en plastique brut, beaucoup de surface de tôle, un insert plastique dans les portières avant (qui mentionne les coordonnées GPS de la mythique route Transfagarasan en Roumanie) et des faces avant comme arrière très verticales évoquant une certaine robustesse.
Enfin le côté break se retrouve dans une hauteur contenue (et malgré une garde au sol conséquente de 19 ou 20 cm) à 1,53 m et surtout, dans les volumes intérieurs et aspects pratiques. On nous promet aussi un comportement dynamique plus proche de celui d’une berline ou d’un break que de celui d’un SUV, ce qui nous ne manquerons pas de vérifier lors des essais prévus mi-novembre 2026.

En tout cas la face avant présente une calandre noir laqué, des optiques relativement fines, un capot creusé, et donc une signature lumineuse reconnaissable. Sur le profil, on note des jantes assez énormes pour un modèle Dacia (de 17 ou 18 pouces en série à 19 pouces en option) et un dessin de montant arrière dans lequel on retrouve un peu de bigster.
À l’arrière, un bandeau noir relie des feux à la signature lumineuse toujours en forme de T, la lunette est très inclinée et le bouclier est en plastique brut, comme à l’avant.

Un habitacle spécifique, basique mais bien équipé
Et si l’esthétique extérieure change par rapport aux autres modèles, c’est aussi le cas à l’intérieur, où la planche de bord n’est reprise d’aucun autre modèle, que ce soit la Sandero ou le couple Duster/Bigster, qui d’ailleurs partage son intérieur.

Le conducteur trouvera en face de soi une instrumentation numérique de 7 pouces, qui a en cela d’inédit qu’elle est projetée sur une lame en plastique, depuis un écran caché sous la casquette, exactement comme le i-cockpit 3D chez Peugeot. On n’avait encore jamais vu cela chez une marque low cost. Elle est accompagnée d’un écran multimédia central de 10,1 pouces, en série sur toutes les finitions, et qui inclut une navigation connectée avec 8 ans de mise à jour gratuites sur les versions hautes (Media Nav). Les commandes climatisation sont séparées, ce qui reste toujours plus ergonomique. Et l’écran en lui-même nous a semblé raisonnablement réactif et facile à utiliser, même si le système utilisé n’est pas celui de Google.

Le reste du dessin est assez horizontal, avec en face du passager une pièce en matière douce au toucher, seule concession aux plastiques durs omniprésents. On reste donc sur une qualité de finition basique, typiquement Dacia pour le coup. Mais les assemblages semblent tout à fait corrects. On regrettera tout de même une ambiance bien trop grise et noire, triste, que seul un trait de surpiqûre couleur bronze en face du passager, et des aérateurs eux aussi avec des touches de bronze, tentent d’égayer (en finition Extrême uniquement).
La sellerie est également inédite, et Dacia a entendu les critiques sur le manque de maintien de ses sièges. Ils sont ici beaucoup plus creusés et maintiennent mieux, tout en restant confortables. C’est aussi vrai à l’arrière, où les deux places latérales sont creusées, laissant une place centrale plus étroite et moins accueillante certes, mais on voyagera mieux à deux.
Les volumes sont généreux, pour les passagers et les bagages
L’espace aux jambes est généreux, tout comme la garde au toit, spécialement quand ce dernier est panoramique et vitré (en option ou en série sur finition Extreme). Mais le gros point fort du Striker, c’est son coffre et les aspects pratiques qui vont avec.

En finition haute Extreme ou Journey, on peut en effet disposer d’un hayon électrique, qui s’ouvre sur un volume généreux de 600 litres banquette en place (le chiffre banquette rabattue n’a pas été communiqué, car pas encore homologué). On trouve des tirettes de chaque côté du coffre pour rabattre la banquette, mais aussi un double plancher de coffre scindé en trois parties, qui permettent de compartimenter l’espace. Placé en position haute, le plancher est (presque) plat. Et le cache bagage est en deux parties, qui peuvent prendre place sous le plancher si nécessaire. Bref, c’est astucieux, tout comme la raclette à givre cachée sur le côté gauche de la planche de bord, et qui devient accessible en ouvrant la portière. Une petite astuce inspirée de ce que fait Skoda, à n’en pas douter. Et bien sûr, on trouve toujours les fameux « Youclip » qui permet de clipser de petits accessoires un peu partout dans l’habitacle (lampe, vide-poche, crochet à sac, etc.

Pour le confort des passagers, on nous a assuré qu’un gros travail d’insonorisation avait été effectué. Les portes sont triplement jointées, le vitrage est feuilleté à l’avant et à l’arrière, et plus épais à l’avant. De l’insonorisant a aussi été placé sous le capot et entre la baie moteur et l’habitacle. Le Striker doit ainsi se révéler le plus silencieux des modèles Dacia. Plus encore que le Bigster, sur lequel nous avions déjà constaté d’énormes progrès par rapport au Duster ou à la Sandero. Nous vérifierons cela aussi lors des essais.
Un équipement qui n’a plus rien de low cost
Au chapitre équipement, la nouveauté fait aussi carton plein, et propose une liste qui commence à ressembler à ce que peut proposer un modèle généraliste. Chez Dacia, finies les entrées de gamme dépouillées. Le Striker Essential propose par exemple déjà toutes les aides à la conduite obligatoires, dont l’aide au freinage d’urgence avec détection des piétons, cyclistes et motos, l’alerte anti-somnolence, le régulateur de vitesse adaptatif ou l’aide au maintien dans la voie. Mais il ajoute la climatisation manuelle, les 4 vitres électriques et les radars de stationnement doublés d’une caméra de recul. Les deux écrans 7 et 10,1 pouces sont également de série tout comme les barres de toit.

Ensuite, selon les niveaux de finition (Expression, Extreme, et Journey), on peut disposer de jantes alliage de 17 ou 18 pouces, de la climatisation automatique bi-zone, des aérateurs aux places arrière, du frein de parking électrique, de la carte main-libre, de la navigation connectée avec mises à jour gratuites pendant 8 ans, des sièges chauffants et siège conducteur électrique, du hayon motorisé ou encore du toit panoramique. Une dotation qui ferait rougir un modèle généraliste d’il y a 10 ans ! Mais le prix risque de tutoyer les 32 000 ou 33 000 € en haut de gamme.
Des motorisations micro-hybrides et hybrides, et même une version 4x4
Enfin terminons par la technique. Le Striker sera disponible avec trois motorisations, dont on ne connaît malheureusement pas encore tous les détails en matière de consommation et de performances.
En entrée de gamme, on aura droit à un trois cylindres 1.2 micro-hybride 48 volts « Mild hybrid-G » de 140 ch, disponible en boîte mécanique ou automatique 6 rapports. Son gros avantage, fonctionner en bicarburation Essence/GPL, ce qui permet d’abaisser le coût au kilomètre avec un carburant autour d’un euro le litre.

Au-dessus, on trouve un bloc full hybride, déjà vu sur le Bigster par exemple, ou les Clio et Symbioz chez Renault. Il se compose d’un 4 cylindres 1.8 essence de 109 ch et de deux moteurs électriques (un de 49 ch et un deuxième servant de démarreur/générateur) pour une puissance cumulée de 155 ch. Il est annoncé pour des rejets de CO2 inférieurs à 100 g par km et un fonctionnement en ville à 80 % du temps en mode électrique.
Enfin, le Striker sera disponible en version 4x4. Elle reprend le 3 cylindres 1.2 micro-hybride 48v, mais ajoute un moteur de 31 ch sur l’essieu arrière, pour une puissance cumulée de 150 ch. La boîte est automatique à 6 rapports et le conducteur disposera de 5 modes de conduite dont un mode off-road. Ce bloc est, contrairement à la version 4x2, capable d’évoluer en mode 100 % électrique, en utilisant le moteur arrière.
Bilan : un modèle qui risque fort de cartonner
Le Striker risque fort, comme ses camarades de la gamme, de faire un malheur sur le marché. Il faut dire qu’il coche beaucoup de bonnes cases : look sympa (même si ça se discute évidemment) ou du moins qui change un peu, habitabilité, volume de coffre, possibilités d’équipement, efforts d’insonorisation (à vérifier bien sûr), aspects pratiques.
Le tout pour des tarifs qui s’annoncent encore une fois compétitifs. Si on ne les connaît pas encore en totalité, Dacia a dévoilé celui de l’entrée de gamme Essentiel à moteur 1.2 Mild hybrid-G. Ce sera « moins de 25 000 € », donc 24 990 € probablement. Soit exactement le prix d’un Bigster d’entrée de gamme doté de la même motorisation. Et il se pourrait bien qu’il aille lui piquer quelques clients d’ailleurs. Ceux, et ils existent encore, qui ne sont pas friands des purs SUV, mais pour qui un petit look aventurier passe bien.
Les commandes du Striker seront ouvertes mi-octobre, et le modèle sera une des stars du stand Dacia au Mondial de Paris.

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