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Le jour où une vague a ruiné le premier grand prix de Formule 1 de Monaco

Dans Sport Auto / Formule 1

Cédric Pinatel

Il y a 76 ans, le départ du premier Grand Prix de Formule 1 de Monaco s’est transformé en véritable cauchemar en raison d’un événement absolument unique dans la longue histoire du championnat. Il y a peu de risques que ce phénomène ne se reproduise demain, heureusement.

Le jour où une vague a ruiné le premier grand prix de Formule 1 de Monaco
Le circuit de Monaco, en 2026. Photo MaxPPP.

Alors qu’on a bien cru qu’une Ferrari pouvait décrocher la pole position ce week-end au Grand Prix de Monaco (finalement obtenue par le jeune Kimi Antonelli sur sa Mercedes), retournons dans le passé cette épreuve pour reparler d’un événement exceptionnel qui a totalement décapité la toute première course organisée dans les rues de la principauté dans le cadre du championnat du monde de Formule 1.

Ce Grand Prix de Monaco existe depuis 1929, mais il a bien fallu attendre l’année 1950 pour qu’il rentre dans le cadre du championnat du monde de Formule 1 crée au tout début de cette décennie par la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile). Et c’était la course d’une autre première ô combien importante : celle de la Scuderia Ferrari, qui signait là sa première participation au championnat après avoir boudé la première épreuve de la saison 1950, organisée au Royaume-Uni à Silverstone quelques semaines plus tôt.

Quand soudain…

Lors du début de cette toute première saison du championnat du monde de Formule 1, ce sont les Alfa Romeo qui dominaient. Celle de Juan Manuel Fangio, surtout, qui s’est qualifié en pole position du Grand Prix de Monaco 1950 devant son coéquipier Giuseppe Farina. En raison d’une réglementation différente à l’époque et de leur non-participation aux essais du jeudi, les nouvelles Ferrari 125 se sont qualifiées en 6èmes, 7èmes et 9èmes positions avec dans l’ordre Luigi Villoresi, Alberto Ascari et le Français Raymond Sommer. Avec de très bons chronos, les deux premiers cités auraient pu viser une place sur la première ligne de la grille s’ils avaient pu rouler le jeudi (dont les chronos comptaient alors pour déterminer les pilotes partant en tête de la course).

Au départ, Juan Manuel Fangio a réussi à conserver l’avantage de sa pole position devant un Luigi Villoresi blotti dans ses échappements. Mais au virage du Bureau de Tabac, à la sortie du tunnel toujours présent sur le circuit actuel, une grosse gerbe d’eau portée par le vent venait d’asperger la piste. Fangio et Villoresi parviennent à passer, mais pas la suite du plateau avec un gros carambolage qui prend plusieurs Alfa Romeo favorites. Le tour suivant et alors qu’ils ignorent tout de l’accident qui vient de se produire, Fangio et Villoresi sont toujours en bataille. En revenant au Bureau de Tabac, Fangio remarque que les spectateurs ont la tête tournée vers quelque chose plutôt que de suivre son passage. D’instinct, il se montre prudent et ralentit, parvenant ainsi à passer sans encombre malgré la présence de carburant et d’eau sur la piste… Au contraire de Villoresi qui perdra beaucoup de temps.

Une domination de Fangio et le premier podium de Ferrari

Son plus proche poursuivant retardé, Juan-Manuel Fangio filera vers une victoire dominatrice avec un tour d’avance devant la Ferrari d’Alberto Ascari, signant le premier podium de l’écurie au cheval cabré en Formule 1.

Depuis, il s’est passé beaucoup de choses extraordinaires au Grand Prix de Monaco paradoxalement connu pour ses processions modernes de monoplaces, mais jamais plus une telle inondation de la piste à la faveur d’une vague scélérate. Et on espère que la course de demain sera riche en rebondissements, évidemment.

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