Le succès des bornes de recharge parisiennes va-t-il siffler la fin des voitures ventouses ?
À Paris, le réseau Bélib connaît une fréquentation en hausse de 60 % sur un an. C’est qu’au-delà du succès des VE en Ile de France, les bornes permettent de se recharger tout en payant son stationnement bien moins cher qu’au parcmètre classique. Résultat, les voitures électriques « ventousent » les emplacements toute la journée ou la nuit. Face à ce succès qui coince, l’opérateur Tevgo (TotalÉnergies) et la mairie de Paris préparent la riposte pour fluidifier la rotation des véhicules.

La fréquentation s’emballe et n’est pas près de se calmer, bien au contraire. Les bornes de recharges parisiennes Bélib', opérées par Tevgo, une filiale de TotalÉnergies, a vu les branchements à ses 2 000 bornes réparties dans la capitale augmenter de 60 % entre 2024 et 2025, alors que la hausse moyenne ne dépasse pas 28 % dans l’ensemble de l’hexagone.
L’opérateur songe donc fort logiquement à accroître son emprise parisienne et prévoit d’installer 230 bornes supplémentaires cette année. Bien vu, mais pas sûr que ces nouvelles installations suffisent. Pour de multiples raisons.
Plus de VE et moins de prises à domicile
Le boom des ventes de voitures électriques de ces dernières semaines est encore plus flagrant en région parisienne qu’à la campagne. Parce que les distances parcourues sont moins importantes qu’en zone rurale, ce qui rassure des acheteurs toujours titillés (souvent à tort) par les problèmes d’autonomie, et parce que les déplacements en Ile de France se font souvent sous le signe des bouchons ce qui, à l’inverse du thermique, favorise la basse consommation de l’électrique.
En revanche, à la campagne, les usagers se chargent chez eux, ce qui n’est pas toujours possible dans le bassin parisien. Résultat : les bornes Bélib' font le plein, et sur de longues périodes car les Parisiens accrochent leur auto à une prise durant toute leur journée de travail près du bureau, ou durant toute la nuit, près de chez eux.
C’est pour cette raison d’ailleurs que 85 % des points de charge de la capitale ne dépassent pas 7 kW, une puissance suffisante sur une longue durée et un tarif moins élevé alors que Bélib essuie déjà les critiques pour ses tarifs jugés trop chers. Sauf que le prix de la recharge coûte beaucoup moins que le prix du stationnement puisqu’un non-résident paiera entre 4 et 6 euros en journée au parcmètre, alors qu’une électrique réglera 2,28 euros pour se garer et se recharger.
Du coup, il peut s’avérer compliqué de trouver une borne, et une place, disponible. D’où la nécessité pour Tevgo d’augmenter le nombre de prises. Sauf que les emplacements de stationnement sont déjà ultra-réduites à Paris et que la multiplication des bornes ne pourrait se faire qu’au détriment de la surface réservée au thermique. Ce que Gratien Party, le patron de l’opérateur n’envisage pas, du moins n’est-il pas décisionnaire en la matière. Interrogé par Le Parisien, il préfère agir sur la « rotation des véhicules ».
Des bornes en lieu et place du stationnement des thermiques ?
Aujourd’hui, la seule restriction pécuniaire pour éviter l’effet ventouse, consiste à faire payer 10 euros de forfait supplémentaire aux abonnés au-delà de 14 heures de stationnement. Une restriction qui pourrait donc augmenter et/ou être appliquée pour un nombre d’heures plus restreint afin de faire fuir ceux qui abusent.
Quoi qu’il en soit, la Marie de paris devrait divulguer dans les jours qui viennent son nouveau plan d’électrification, en parallèle de celui que l’État souhaite mettre en place. Et à l’Hôtel de Ville, il se murmure que de nouvelles bornes pourraient être installées dans les arrondissements de l’Est parisien, puisqu’elles sont aujourd’hui plus nombreuses dans l’Ouest. De nouvelles bornes électriques installées en lieu et place de places de stationnement thermiques classiques ?





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