Leasing social : l'onde de choc qui secoue les flottes d’entreprises
Alors que la saison 3 du leasing social va débuter la semaine prochaine, les gestionnaires de flottes et les leasers redoutent que le dispositif déstabilise le marché de la voiture électrique d’occasion et complique le verdissement des parcs automobiles professionnels.

Bien qu’exclus du dispositif d’aide du leasing social, les parcs professionnels craignent de subir de plein fouet les ricochets d’un marché du véhicule électriques en forte croissance.
En injectant de manière massive et saccadée des volumes de véhicules neufs électriques (50 000 unités attendues) sur les routes, l’État créé un flux d’approvisionnement difficile à anticiper pour les professionnels. De quoi les inquiéter alors que le marché du VE subit une décote accélérée, alimentée par l'obselescence rapide des technologies, et les baisses des prix à répétitionon des constructeurs ?
Le spectre du krach de l’occasion
Les géants de la location longue durée (LLD) se demandent comment écouler, d’ici deux à trois ans, des volumes croissants de VE d’occasion de retour de flottes sans perdre d’argent.
Interrogé sur la dynamique de la seconde main, Mhamed Laraki, Directeur pricing & Asset Valuation chez Arval (Filiale LLD de BNP Paribas) confirme la fragilité des valeurs sur le marché de l’occasion. "L’instabilité sur le marché du véhicule neuf (baisse des prix catalogue, augmentation des remises, changement de règles d’attribution des bonus) a tiré les prix des véhicules d’occasion électriques à la baisse" conclue-t-il.
Cette incertitude exerce une pression inédite sur les valeurs résiduelles. Le prix de vente d’une voiture électrique en fin de leasing chute fortement. Or l’équilibre financier des loueurs et des propriétaires de flottes repose entièrement sur cette valeur de sortie. Si l’occasion s’effondre, c’est tout le modèle économique du leasing qui tangue.
Les hausses de loyers et le re-leasing
Face au coût du neuf et à la faible valeur résiduelle des VE, les loueurs n’ont d’autre choix, pour amortir le risque de krach de la seconde main, que d’augmenter les coûts des loyers de VE proposés aux entreprises. Le secteur tente également de conserver la main sur les voitures en proposant du leasing de seconde main pour continuer à faire rouler ces voitures sans les vendre et en trouvant des marges dans les services associés.
Alors que l’exemple français est scruté par Bruxelles, en, vue d’une éventuelle déclinaison paneuropéenne du dispositif via le Fonds social pour le climat, les professionnels tirent la sonnette d’alarme et alertent sur le risque de saturation du marché de la voiture électrique d'occasion. .




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