Les automobilistes français consomment moins de carburant et ça gêne le gouvernement
Les Français ont consommé moins de carburant et cela se ressent dans les finances de l’État. De quoi relancer le débat sur une baisse des taxes sur le carburant pour faire repartir cette consommation à la hausse ?

C’est Sébastien Lecornu, Premier ministre, qui le dit : la consommation de carburant des Français a baissé de 30 % sur les 10 premiers jours du mois de mai. Dans un contexte de hausse continue des prix à cause de la guerre en Iran commencée au mois de février, ces prix élevés auraient donc enfin un effet sur les habitudes des automobilistes et des professionnels.
Et cela influe directement sur les finances de l’État, qui perçoit toujours 60 % de taxes sur le prix du carburant commercialisé en France : les recettes liées au carburant ont baissé de 300 millions d’euros par rapport à la même période de l’année dernière.
105 millions de moins par rapport à 2025
Au mois de mars et d’avril, pourtant, ces recettes fiscales attribuées aux taxes des carburants avaient augmenté de 190 millions d’euros alors que la consommation en carburant ne baissait pas et que les prix montaient.
Mais au cumul entre mars, avril et mai, le gouvernement signale un déficit de 105 millions d’euros par rapport à l’année dernière : même en percevant mécaniquement plus de taxes par quantité de carburant vendue, l’État perçoit moins d’argent quand cette consommation baisse trop.
Faut-il « stimuler » la consommation ?
Le gouvernement se défendait ces dernières semaines de vouloir baisser les taxes sur le carburant pour tous, comme il l’avait déjà fait en 2022 au plus fort de la crise ukrainienne qui avait également entraîné une hausse des prix, par souci de limiter la dépense publique en ces temps où il faut justement faire des efforts. Seul un modeste chèque carburant de 50€ a été mis en place pour les gros rouleurs les plus touchés dans leur activité professionnelle par cette hausse du prix des carburants.
Mais il se pose sans doute une question comptable importante pour le gouvernement : vaut-il mieux stimuler la consommation en baissant artificiellement le prix du carburant pour maximiser les recettes fiscales ?
En fonction de l’évolution de cette consommation et des rentrées d’argent liées à la perception des taxes, la stratégie du gouvernement en la matière pourrait sans doute évoluer.




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