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Les vélos sont-ils en train de se faire virer des centres-villes ?

Retirer les vélos des centres-villes, en voilà une idée qui… Intrigue. C’est pourtant la voie qui semble se dessiner ces derniers temps.

Les vélos sont-ils en train de se faire virer des centres-villes ?
Retirer les vélos des centres-villes, en voilà une idée qui… intrigue (crédit photo Jérémy Fdida)

Depuis le lundi 12 octobre 2026, on ne peut plus circuler dans une zone piétonne du centre de Clermont à vélo, à trottinette, en monoroue ou sur un skate. Les usagers doivent mettre pied à terre et marcher avec leur engin à la main, et ce, à partir de 8 ans. Faute de quoi, c’est l’amende, de 35 à 150 euros. Ce sont 58 rues piétonnes qui sont concernées. Et ce n’est pas la première fois que ça arrive en France, comme ailleurs d’ailleurs.

Ce fut le cas de Nice en 2023. En juin, la ville a réactivé un arrêté interdisant vélos électriques, trottinettes et hoverboards dans la vieille ville pendant l’été. L’interdiction couvrait aussi la zone piétonne de la Promenade des Anglais.

En octobre 2023, Lille devient le cas le plus médiatisé : pied à terre obligatoire dans les zones piétonnes du centre-ville de 11 heures à 22 heures, avec une amende de 35 à 135 €. Le juge des référés a refusé de suspendre l’arrêté, faute d’urgence.

Depuis le 1er décembre 2025, à La Rochelle, le nouveau maire Thibaut Guiraud impose le pied à terre dans plusieurs secteurs de l’hypercentre, selon des plages horaires. Le symbole est fort : la ville est pionnière du vélo depuis 1976 et a inspiré le Vélib.

À Colombes, en mai 2026, l’arrêté n° 2026-2297 interdit vélos et trottinettes dans tout l’Espace Saint-Denis Village, y compris dans les zones de rencontre. Les opposants affirment qu’aucun accident impliquant un cycliste ou une trottinette n’a été relevé rue Saint-Denis depuis 2017.

Nous avions même vu, dans un article précédent, cette interdiction dans le centre-ville de la ville de Côme en Italie.

Coup de chaud à Clermont

Enfin, il y a donc Clermont-Ferrand. Le tribunal administratif a déjà rejeté une première demande de suspension, et la mairie présente cette décision comme une validation. Le maire de Clermont, Julien Bony, défend une mesure de « bon sens » pour protéger les piétons. Il ajoute que des millions ont été investis dans les pistes cyclables : les vélos doivent donc rouler dessus. Par conséquent, les piétons doivent marcher dans les zones piétonnes et les voitures circuler sur la chaussée. Il vise surtout les engins de plus en plus rapides, en particulier les vélos et trottinettes débridés, plutôt que le cycliste qui roule au pas. Il en profite pour rappeler que la voie de tram n’est pas une piste cyclable.

Forcément, les cyclistes se rebiffent à Clermont. Et pour cause : d’une part, les itinéraires alternatifs sont insuffisants, ce qui colle moyen avec les enfants, également concernés par l’interdiction. D’autre part, selon eux, le vélo n’est pas une source de danger reconnue par les statistiques. Ce sont les engins non homologués, donc interdits sur la voie publique qui motivent principalement cette mesure.

Une pétition a donc été lancée par l’association Vélo-Cité 63. Elle a dépassé les 5 000 signatures en quelques jours, et l’association a aussi déposé un recours en justice. Une vélorution était organisée le 30 octobre place de Jaude. L’association reproche au maire d’avoir décidé sans consulter ni les cyclistes ni les acteurs du centre-ville, alors qu’il avait promis concertation et écoute.

Avec l’adoption de plus en plus importante des mobilités alternatives, la segmentation des usages en infrastructures dédiées semble désormais inévitable. Mais admettons qu’elle se généralise : les usagers vont-ils la respecter ?

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