Carburant, stress, usure : Les conséquences cachées des embouteillages pour les conducteurs et les entreprises
Entre nerfs à vif pour les conducteurs et gouffre financier pour les entreprises, la congestion routière n’est plus seulement une nuisance routière quotidienne, c’est devenu un fléau dont la facture morale et économique ne cesse d’augmenter.

C’est un calvaire quotidien qu’endurent des millions d’automobilistes. La congestion routière, ne paralyse pas seulement les axes routiers.
Sur l’échiquier des tracas professionnels, le pare-chocs contre pare-chocs représente la première source de frustration pour les conducteurs professionnels.
Un impact important sur le comportement
Les embouteillages importants incitent 28 % des conducteurs professionnels à effectuer des manœuvres brusques ou à conduire de manière agressive, tandis que 19 % craignent d’être en retard et 11 % s’impatientent.
Malgré cette exaspération l’attachement à l’automobile demeure. 60 % des pros avalent plus de kilomètres que l’année précédente et 53 % d’entre eux privilégient encore la voiture plutôt que le train ou les transports en commun pour se rendre à une réunion client.
Une facture estimée à 22 milliards d’euros en France
Selon le palmarès établi par Tom-tom Trafic index, Lyon s’arroge le triste titre de capitale des bouchons en France (121 heures perdues par an et 47,2 % de congestion), talonnées par Bordeaux et Montpellier. Soit l’équivalent de trois semaines de temps de travail passées à l’arrêt sur le bitume.
Le coût total cumulé ces embouteillages atteindra 350 milliards d’euros pour les économies occidentales d’ici à 2030. Rien que pour l’Hexagone la facture s’établira à 22 milliards d’euros2.
Si la France s’en tire aujourd’hui avec un taux moyen de congestion d’un peu plus de 20 % (24e rang européen), la réalité du terrain dessine des fractures territoriales. Et celles-ci risquent de s’aggraver. Si, grâce aux politiques de mobilité et de circulation les centres-villes respirent mieux, les zones périphériques elles s’engorgent.
Quel horizon pour les flottes françaises ?
Pour les entreprises, les bouchons doivent être traités comme des dysfonctionnements opérationnels durables. Le déploiement massif des technologies d’optimisation des itinéraires et l’utilisation rigoureuse des données de trafic en temps réel apparaissent nécessaires pour éviter la thrombose.
Le temps consumé dans les bouchons est aujourd’hui comptabilisé comme un indicateur de performance (PKI), au même titre que la sinistralité ou l’empreinte carbone. L’immobilisation des véhicules devrait faire grimper les émissions de CO2 de 13 % en France2. Cela doit également s’accompagner de nouvelles mesures connexes, comme le basculement en télétravail ou des réunions en visioconférence lorsque cela est possible.
Et si les prix des carburants permettent ponctuellement une circulation moins chargée, Matt Simmons, Directeur Europe d’INRIX, souligne que l’effort privé ne suffira pas à tout résorber. Sans investissement massif des pouvoirs publics dans les technologies de transport multimodal et une gestion intelligente de l’espace urbain, la France de la route risque de se retrouver encore bien souvent à l’arrêt.
1-étude Venson Automotive Solutions/2-INRIX et du Cebr (Centre for Economics and Business Research)




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