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Acheter, louer, ou renoncer à la voiture, le nouveau casse-tête des flottes d'entreprises

Dans Flottes auto / Mobilité pro

Lionel Bret

Prises en étau entre la transition écologique, l’incertitude technologique et l’explosion des coûts, les entreprises françaises tournent massivement le dos à l’achat direct de leurs véhicules au profit de la location, voire à tout bonnement renoncer à la voiture.

Acheter, louer, ou renoncer à la voiture, le nouveau casse-tête des flottes d'entreprises
65,2 % des entreprises françaises ont partiellement ou totalement basculé vers la location de leurs véhicules ©Broker /Hans Blossey/Newscom/MaxPPP

Le concept de la propriété semble dépassé. 65,2 % des entreprises françaises dotées d’une flotte structurée (plus de 10 véhicules) ont partiellement ou totalement basculé vers la location, d’après la dernière radiographie du marché des flottes publiée par Corporame.

L’automobile cesse d’être un actif pour devenir un simple service. Assiste-t-on aux derniers jours de la propriété automobile en entreprise ?

Le piège de la valeur résiduelle et l’angoisse technologique

Après 10 années de progression ininterrompue, le marché B2B connaît un net coup de frein depuis 2025. L’âge moyen des parcs professionnels vieillit (7,4 ans) et la durée de détention s’est allongée de + 27,7 % depuis 2020 d’après l’Arval Mobility Observatory.

Si acheter un modèle thermique apparaît comme la plus mauvaise des solutions (économiquement et fiscalement inintéressant), investir dans un modèle 100 % électrique n’est pas non plus sans risque. Les batteries évoluent à un rythme tel qu’un véhicule acquit aujourd’hui risque d’être techniquement dépassé -donc lourdement décoté à la fin de son cycle d’amortissement.

Ayant du mal (ou ne voulant pas) à évaluer la valeur résiduelle du véhicule les entreprises préfèrent ne pas l’acheter, mais la louer. Faisant ainsi porter le risque de la décote sur le leaser.

Si le coût total moyen d’une  voiture électrique (39 289 €) est désormais inférieur à celui d’une thermique comparable (44 938 €), le financement pèse quant à lui beaucoup plus lourds (63,4 % du TCO pour le véhicule à batteries  vs 41,4 % pour le thermique). A l’inverse l’énergie ne représente plus que 8,5 % du TCO contre 17,2 % pour le carburant, d’après le dernier TCO Scope d’Arval Mobility Observatory. 

La résistance de quelques irréductibles

Pour autant « le coût d’acquisition devient central dans l’équation économique », analyse Margy Demazy, directrice commerciale d’Arval France. Plutôt qu’immobiliser plusieurs milliers d’euros, voire millions selon la taille de la flotte, l’entreprise préfère loueur. Quitte à payer au final plus cher le financement, mais en laissant l’entièreté du risque au loueur. La même bascule s’opère pour le VUL.

Les TPE et PME, les artisans et les acteurs du BTP, ces derniers représentant à eux seuls 17,3 % des flottes pros en France, préfèrent encore posséder des véhicules en propre. De quoi leur offrir une totale liberté opérationnelle. Cela évite surtout de redoutables pénalités de restitutions, un argument de poids quand on connaît les conditions d’utilisations de ces véhicules.

Vers une financiarisation des mobilités

Au-delà de la disparition progressive des cartes grises aux noms des entreprises, c’est toute la culture de la gestion de flottes qui se transforment. Pour contenir les budgets, 32 % des entreprises ont déjà revu leur car policy pour privilégier des modèles plus petits et 56 % prévoient de le faire. Mais surtout la voiture n’est plus le centre de la mobilité. 93 % des sociétés intègrent désormais des solutions complémentaires comme le covoiturage, l’autopartage, ou les forfaits mobilité.

Si 12 % des entreprises entendent réduire leur nombre de véhicules, la grande majorité (86 %) anticipe une flotte stable ou en croissance pour les trois ans à venir. En pleine propriété ou en location ?

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