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Location longue durée : Les opportunistes acteurs de la transition énergétique des flottes

Dans Flottes auto / Mobilité pro

Lionel Bret

Alors que le marché professionnel doit répondre à des exigences environnementales inédites, la location longue durée s’affirme comme le moteur de la transition énergétique. L'externalisation grandissante des flottes, comme bouclier « anti-crise » des entreprises, rebat les cartes des parcs professionnels. Une situation qui profite aux leasers.

Location longue durée : Les opportunistes acteurs de la transition énergétique des flottes
Les loueurs longues durée acteurs principaux de la transition énergétique des parcs ©La Provence/Maxppp

Financer la transition énergétique de son parc automobile en fonds propres ? Pour de nombreuses entreprises, l’idée relève aujourd’hui du pari à haut risque. Pour maintenir et verdir leurs flottes sans exposer leur bilan, les décideurs préfèrent externaliser la propriété de leurs véhicules vers les spécialistes de la location.

En France, le secteur dominé par les grands leasers (Ayvens, Arval, Alphabet…) représente plus de 60 % des immatriculations B2B (VS 30 % du marché national global). Soit plus de 2 millions de véhicules dans l’Hexagone. 

Comment les loueurs tirent leur épingle du jeu

Dans un contexte de mutation rapide, le canal des loueurs (hors courte durée) s’impose comme le principal vecteur de la transition énergétique des parcs professionnels.

Tandis que les immatriculations de vp en direct par les entreprises (hors auto) accusaient une baisse de -5,5 % le mois dernier, celles portées par la LLD s’envolaient de +21 %.

Ce bond spectaculaire, les propulse au rang de premiers acheteurs de voitures professionnelles au cœur de l’été. De quoi devenir des acteurs incontournables de la croissance des immatriculations B2B sur le segment des voitures particulières.

Même sur le front plus rude des véhicules utilitaires légers (VUN) — où le marché global décroche de -14,25 % —, ces mêmes loueurs  font preuve d’une robustesse rare, limitant leur repli à un symbolique -1,22 %.

Un bouclier face aux tempêtes du marché

Plus simple qu’un mode de financement, la location s’affirme comme le bouclier des sociétés face aux incertitudes du marché automobile. En absorbant le risque d’obsolescence, les contrats LLD permettent aux entreprises de respecter leurs contraintes légales sans avoir à immobiliser trop de cash d’un coup.

Par ailleurs en déléguant l’achat aux loueurs les structures publiques et privées s’évitent le casse-tête de la gestion des valeurs résiduelles, particulièrement volatiles sur les VE. Tout en profitant d’une gestion « full service ». Le contrat LLD tend à dépasser le cadre de la voiture pour devenir la brique centrale de service de mobilités intégrés.

Entretiens, réparations, éco-conduite, télématique, suivi des émissions carbone, assurance, véhicule de remplacement… Tout est à la charge du loueur. Cela permet également aux entreprises de réduire la taille de leur flotte en propre. 

Quand la fiscalité force la main aux gestionnaires

L’autre grand accélérateur de cette mutation relève de la contrainte budgétaire et réglementaire. Depuis le 1er janvier 2026, l’étau s’est considérablement resserré sur les flottes professionnelles. Les grands comptes, désormais soumis à la Taxe Annuelle Incitative (TAI) doivent posséder 18 % de véhicules propres en parc sous peine de pénalités (jusqu’à 4 000 € par véhicule manquant). Alors que dans le même temps le durcissement des malus CO2 et au poids, rend la détention de véhicules thermiques de plus en plus punitive.

Par ailleurs, contrairement au crédit classique ou à l’achat direct, les véhicules gérés en LLD n’apparaissent pas à l’actif du bilan. Les loyers sont comptabilisés en charge d’exploitation, préservant ainsi la trésorerie et la capacité d’endettement de l’entreprise pour son cœur de métier.

Perspectives et risques

Déléguer la totalité de la gestion risque d’appauvrir les compétences internes en gestion de parc, rendant l’entreprise vulnérable aux répercussions tarifaires directes des loueurs. En cas de changement d’activité ou d’usages, modifier un contrat en cours coût une blinde.

Si la LLD fonctionne comme un accélérateur de la transition énergétique, elle engage l’entreprise dans la durée (4,6, ou 8 ans). Sur le papier tout paraît carré, il convient de faire attention aux frais de restitution parfois élevés. La moindre rayure, le moindre kilomètre supplémentaire, la moindre entorse au contrat se paye cash. Gaffe également à la gestion des cartes de recharges. Comme le confie trivialement un gestionnaire de parc « déléguer pour ne pas être emmerdé, c’est une bonne idée ». La tranquilité à un prix, parfois plus élevé que prévu.

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