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Rouler en électrique coûte de moins en moins cher aux flottes, y compris pour les VUL ?

Dans Flottes auto / Mobilité pro

Lionel Bret

Les véhicules à batteries surclassent désormais les moteurs thermiques sur le coût total de possession. Un point de non-retour semble être franchi. Il reste cependant quelques points de friction notamment pour les VUL.

Rouler en électrique coûte de moins en moins cher aux flottes, y compris pour les VUL ?
Pour les flottes, le prix de revient kilométrique de l’électrique est bien inférieur à celui du thermique ©Belga Maxppp

Pour les entreprises, rouler aux électrons est devenu largement plus rentable que carburer au pétrole.

Sur 48 mois de roulages et 100 000 km, l’avantage compétitif des motorisations électriques s’accentue sur le segment des voitures particulières et pour la première fois sur celui des véhicules utilitaires légers. D’après le TCO Scope 2026 d’Arval Mobility Observatory qui permet de comparer les prix de possession des véhicules en France, l’économie moyenne est de 2 800 € pour un utilitaire électrique et 5 600 € pour un vp.

La flambée des carburants et le bonus fiscal

En un an, le budget énergie des utilitaires thermiques a connu une hausse vertigineuse de 25,4 %. En cause, la hausse du prix des carburants à la pompe, amplifiée par le relèvement au 1er janvier et au 1er juin 2026 de l’enveloppe des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) dont le coût est répercuté par les pétroliers sur le client final. Le poste carburant pèse ainsi pour près du tiers (32,7 %) du coût total de possession d’un utilitaire thermique.

Par ailleurs l’utilitaire électrique a bénéficié d’un coup de pouce au 1er juin dernier, avec des CEE renforcées et bonifiés pour les modèles écoscorés. À cela s’ajoute l’arrivée d’une nouvelle génération de fourgons électriques technologiquement plus sobre, permettant d’abaisse le budget électricité de 21,9 % sur un an.

Si l’électrique gagne du terrain, son avantage demeure encore très dépendant des lois de roulages et de la taille des fourgons. Pour un modèle de taille intermédiaire comme le Citroën ë-Jumpy le gain d’une version électrique n’est que de 6,7 % sur 60 000 km ; Celui-ci atteint 16,6 % sur 120 000 km. Le constat est plus mitigé pour les grands fourgons. Le Renault Master E-tech fait jeu égal avec son homologue diesel sur 100 000 km. Au-delà le gain est de 3,6 %.

Les VP creusent l’écart

Pour les véhicules particuliers, le match tourne depuis plusieurs années à l’avantage des modèles électrifiés. Et l’écart continue de se creuser en faveur des voitures à batteries. Sur les 17 modèles comparés, l’électrique l’emporte 16 fois. Seuls les modèles roulant au GPL ou au Superéthanol E85 parviennent encore à résister.

Malgré des prix catalogues plus élevés, les modèles électriques, notamment ecoscsorés creusement l’écart sur leurs homologues thermiques. Sur le segment B le TCO d’une Peugeot e-2008 est 19,9 % moins cher que son équivalent hybride sur 120 000 km. La Renault Scenic E-Tech se révèle 17 % moins cher à utiliser qu’une Symbioz hybride. Enfin une BMW i4 revient en moyenne 44 % oins cher qu’une Série 3 hybride rechargeable, l’écart était de 38 % en 2025.

Le coût de détention moyen, après impôt sur les sociétés, est de 39 289 € pour une berline ou un SUV électrique contre 44 938 € pour son homologue thermique. Soit un écart de 5 649 €. Au quotidien le prix de revient kilométrique de l’électrique est de 0,393 € TTC contre 0,449 € TTC pour le thermique.

Fin de la course au premium

L’étude note également une nette « rationalisation des parcs ». Fini la course au modèle « premium » suréquipés. Pour électrifier leurs parcs, les gestionnaires descendent en gamme et vers des constructeurs plus généralistes.

Reste que le « poste » financement (l’amortissement du prix d’achat moins la valeur de revente) représente 63,4 % du coût d’un véhicule électrique, contre seulement 41,4 % pour un thermique. Les prix catalogues des modèles à batteries restent encore très élevés pour les véhicules permettant de circuler dans toutes les conditions. L’Arval MObility Observatory note que l’avantage de l’électrique pourrait être bien supérieur si les constructeurs consentent sur les versions électriques les mêmes niveaux de remises commerciales que ceux appliqués aux thermiques.

Sur un marché des flottes en légère contraction au premier semestre 2026, les parts des immatriculations 100 % électriques frôlent les 30 % (VUL + VP). Et cela devrait s’amplifier de manière irrémédiable.

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