Aides à l’achat d’un utilitaire électrique : ce qui change au 1er juin 2026 pour les flottes
L'arrêté du 18 mai modifie le barème des Certificats d’économies d’énergie (CEE) appliqué pour l’achat d’un véhicule utilitaire léger (VUL) électrique. Une réforme qui avantage les véhicules assemblés en Europe.

Jusqu’à présent, peu importait l’origine du véhicule : une entreprise touchait la même aide, que sa camionnette sorte d’une usine française, chinoise ou turque.
Le nouveau système introduit un « éco-score » géré par l’Ademe. Si l’assemblage du véhicule n’a pas lieu dans l’Espace économique européen (EEE), le modèle perd ses coefficients multiplicateurs (bonus appliqué selon le poids du véhicule cf tableau ci-après).
L’éco-score comme arbitre
Pour toucher les aides maximales, le véhicule utilitaire devra obligatoirement être assemblé en Europe (dans l’Espace Économique Européen).
Mais pour cela, il ne suffit pas de visser les roues ou d’installer les sièges en Europe. La règle impose que le « squelette » en métal de la camionnette (ce que l’industrie appelle la caisse en blanc) soit entièrement soudé et assemblé dans une usine européenne.
Si un constructeur fabrique un même modèle à la fois en Europe et hors d’Europe, l’État a déjà prévenu que le véhicule sera considéré comme « hors Europe » et privé de bonus. Une manière forte de pousser les constructeurs à relocaliser toutes leurs usines sur le Vieux Continent.
Des nouvelles primes réévaluées
Le poids du véhicule entre également en ligne pour le montant de l’aide. Plus le véhicule est lourd, plus la batterie est grosse, et plus l’aide est importante pour compenser le prix d’achat. Par rapport au précédent arrêté, le coefficient concernant la catégorie des utilitaires compris entre 1,55 t et 2 t est passé de 5 à 6. Le coefficient multiplicateur des autres catégories restant inchangé.
Les petits utilitaires (moins de 1,55 tonne) peuvent prétendre à une aide maximale d’environ 3 000 €. Les utilitaires compris entre 1,55 et 2 tonnes peuvent bénéficier de 6 000 € à 6 400 € d’aide. Enfin pour un modèle supérieur à 2 tonnes, le montant de la subvention atteindra les 10 000 €.
| poids | coefficient multiplicateur | Prime CEE estimée |
| < 1,55 T | 3 | 3 000 € |
| 1,55 T < 2 T | 6 | 6 000 € à 6 400 € |
| > 2 T | 7 | 10 000 € |
Les gagnants et les perdants
Les constructeurs qui produisent sur le Vieux Continent, au premier rang desquels Renault (Trafic, Master) et Stellantis (Peugeot Expert, Citroën Jumpy, Fiat Scudo), qui récupèrent un avantage concurrentiel massif sur le marché des artisans et des livreurs.
En revanche plusieurs modèles comme le Ford Transit Custom et Volkswagen Transporter électriques (produits en Turquie), le Kia PV5 (produit en Corée du Sud) ou encore Maxus (produite en Chine) ne seront pas subventionnés.
Cette réforme calquée sur le bonus automobile des particuliers acte la volonté de Paris de relocaliser la production automobile et de réserver l’argent de la transition écologique aux usines européennes.


















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