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Stellantis : Le miracle américain masque une inquiétante panne de rentabilité sur le Vieux Continent

Porté par la spectaculaire performance de ses ventes Outre-atlantique, le géant de l’automobile renoue avec les bénéfices au deuxième trimestre 2026. Mais sur le Vieux Continent, seule région du monde où le groupe perd de l’argent, la cure d’austérité se profile à grands pas.

Stellantis : Le miracle américain masque une inquiétante panne de rentabilité sur le Vieux Continent
Stellantis renoue avec les bénéfice au deuxième trimestre 2026 grâce à son activité nord-américaine ©Md Mamun Miah/Newscom/MaxPPP

L’Amérique d’abord. À la lecture des résultats financiers de Stellantis pour le deuxième trimestre 2026, publiés ce jeudi 30 juillet, il est clair que le groupe franco-italo-américain vit au rythme des consommateurs du Nouveau Monde.

Le constructeur retrouve le chemin des profits (293 millions d’euros de bénéfice net entre avril et juin 2026) pour un chiffre d'affaire de 43,5 milliards d'euros (13 % par rapport au deuxième trimestre 2025). Un timide retour dans le vert, dû quasi exclusivement à l’insolente santé de sa branche nord-américaine, alors que l’activité européenne s’embourbe dans des difficultés opérationnelles majeures, atténuées par la bonne performance de Leapmotor. Cette fracture opérationnelle n’a pas échappé aux investisseurs. Le titre Stellantis clôturait sur une hausse 4,34 % le 29 juillet à New York, mais chutait de 6 % à l’ouverture de la Bourse de Paris ce 30 juillet.

L’ Amérique du Nord, la planche de salut

Depuis son entrée en fonction, en mai 2025, le directeur général du groupe, Antonio Filosa, a fait du redressement des États-Unis le pilier de sa stratégie. Un pari aujourd’hui gagnant. « Le deuxième trimestre a été marqué par des progrès continus, portés par L’ Amérique du Nord », reconnaît Antonio Filosa. Le chiffre d’affaires du groupe automobile s’y est envolé de 32 % entre avril et juin, soutenu par une hausse de 6 % des volumes de ventes. Une prouesse portée par le succès du Jeep Grand Wagonner (+ 43 % des ventes) et des pickups Ram (+ 11 %), dans un marché pourtant morose (-0,3 %). Avec au passage une amélioration des indicateurs clés. La part de marché du constructeur aux États-Unis s’établit désormais à 7,4 % confortée par un plan d’investissement de 60 milliards (FaSTLAne 2030) très axé sur les besoins transatlantiques. Autre point positif, après avoir accumulé les pertes l’année dernière, le groupe dégage en ce deuxième trimestre 2026, 1 milliard d’euros nets de free cash flow (ce qui reste dans les caisses après salaires, factures et investissements).

En Europe, la panne de rentabilité malgré la perf Leapmotor

En Europe élargie (UE30) Stellantis essuie une déconvenue opérationnelle. C’est la seule région du monde où la marque opérationnelle courante (pourcentage de bénéfice qu’une entreprise réalise sur son activité) tombe dans le rouge (-0,6 %).

Malgré des ventes en hausse (+ 3 % et même + 7 % avec Leapmotor), le groupe perd de l’argent sur chaque voiture vendue sur le continent. Sa part de marché s’y effrite à 16 % (-0,8 % sur un an). Heureusement la performance de Leapmotor permet d’amortir le choc. En comptabilisant l’activité du constructeur chinoise (ventes multipliées par 6 en un an) distribué par Stellantis la part de marché du géant automobile remonte à 16,8 %, en baisse du coup de seulement 0,1 %.

Face à cette  érosion des marges (guerre des prix, coûts de production, transition électrique poussive) Stellantis prépare une riposte amère. Le plan stratégique FaSTLAne 2030 prévoit de tailler dans les capacités de production des usines européennes afin de réduire les coûts fixes ou d’en déléguer quelques unités à des partenaires asiatiques (comme à Rennes ou en Espagne) pour y produire des véhicules électrifiés.

Par ailleurs le groupe entend s’appuyer sur sa plateforme « Smart Car » (inaugurée sur le Fiat Grande Panda) conçu pour produire des modèles abordables et la distribution de modèles Leapmotor pour occuper le terrain sans avoir à supporter le coût de R&D.

Un horizon 2026 sous pression

Bien que pour l’heure Stellantis maintienne ses objectifs pour l’ensemble de l’année 2026 et vise un retour à une marge positive à l’échelle globale, la convalescence sera longue.

L’entreprise doit composer avec un impact net des droits de douane estimé à plus d’un milliard d’euros cette année tout en continuant à payer les erreurs du passé. Le groupe prévoit de sortir encore 2 milliards de cash pour éponger les charges exceptionnelles de 2025. Antonio Filosa va devoir prouver que le groupe peut redresser la barre en Europe, sous peine de voir les œufs de la croissance tous mis dans le même panier.

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