Leasing social : un démarrage en trombe, poussé par la flambée du prix du pétrole
Relancée mi-juillet, la troisième vague du leasing social connaît un démarrage en trombe. Un succès poussé par la hausse des prix à la pompe. Mais attention, en 2025, après un démarrage tonitruant, le dispositif avait traîné en longueur.

C’est ce qu’on appelle un démarrage sur les chapeaux de roues. « En deux semaines, on a près de 20 000 commandes. Pour être précis 19 500 commandes de véhicules électriques qui vont venir renforcer le par, renforcer la résilience », s’est réjoui le Ministre de l’économie Roland Lescure, ce jeudi 30 juillet sur France Inter. Et de prédire « arriver très vite au plafond » des 50 000 dossiers.
Au total, l’exécutif cible la barre des 100 000 contrats cette année en réservant la moitié des offres aux professionnels itinérants et aides à domicile. Le dispositif permet aux foyers dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 16 880 € et qui utilise sa voiture personnelle pour rejoindre votre lieu de travail à plus de 10 km de chez vous de bénéficier d’une voiture à loyer modéré (entre 94 €/mois et 200 €/mois), sans apport.
« Des années qu’on aide le véhicule électrique en France »
Face à la volatilité des cours du pétrole qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat, l’État fait du leasing social un axe central de sa politique d’indépendance énergétique sur la mobilité. « Au fond, cette crise (pétrolière NDLR), elle doit être un réveil collectif sur l’électrification des usages, et notamment des véhicules », explique le Ministre de l’économie. Un déclic pour basculer vers un parc automobile national et électrique qui séduit de plus en plus de particuliers face au yo-yo du prix du brut.
Pour l’exécutif, le dispositif associe justice sociale et souveraineté industrielle. « Cela fait des mois, des années qu’on aide les véhicules électriques en France. En plus cela tombe bien, ils sont produits en France, produits en Europe », a souligné Roland Lescure, insistant sur le fait qu’il s’en vend « plus que jamais auparavant ».
Attention à l’effet d’optique et d’optimisme
La première édition du leasing social en 2024 avait dû être stoppée en urgence pour dérapage budgétaire. Alors que le gouvernement tablait sur 30 000 dossiers, il y a eu 50 000 commandes en seulement six semaines. Avec au passage une légère distorsion de l’objectif initial. La mesure ayant surtout bénéficié aux revenus intermédiaires voire supérieurs en quête d’une seconde voiture au foyer.
En 2025, les subventions avaient été resserrées sur l’assemblage européen (jusqu’à 9 500 €/véhicule) des modèles. Si 40 000 dossiers avaient été validés en un mois, le dispositif avait accusé ensuite un coup de mou, passant de 500 voitures écoulées par jour à 300.
Avec près de 1 400 véhicules écoulés chaque jour, le cru 2026 du leasing social part sur des bases très élevées. À ce rythme tous les dossiers devraient être bouclés en 36 jours, à condition que cette cadence tienne sur la durée.
Ce qui n’empêche pas le ministre de fixer un cap ambitieux. « En Norvège, c’est 90 % de véhicules électriques, il faut qu’on aille vers çà », indique Roland Lescure. Si la direction semble bien balisée, rien n’est dit sur la vitesse à laquelle sera atteint l’objectif. Sur l’ensemble du premier semestre les modèles à batteries représentent 28,2 % des immatriculations de véhicules neufs en France. Par ailleurs un peu plus de 30 % du parc automobile norvégien est totalement électrique contre seulement 3 % en France


















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